18 février – Journée internationale du syndrome d’Asperger

Chaque 18 février marque la Journée internationale du syndrome d’Asperger, une date choisie en référence à la naissance du pédiatre autrichien Hans Asperger (18 février 1906), qui a décrit dès les années 1940 un profil particulier de troubles du développement aujourd’hui intégré aux troubles du spectre de l’autisme (TSA).
Depuis 2013, avec la publication du DSM-5 par l’American Psychiatric Association, le syndrome d’Asperger n’est plus considéré comme un diagnostic distinct mais comme une forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard significatif du langage. Pour autant, la journée du 18 février demeure un moment clé pour sensibiliser le public à la neurodiversité, à l’inclusion et à la compréhension des profils atypiques.
Comprendre le syndrome d’Asperger aujourd’hui
Le syndrome d’Asperger se caractérise généralement par des difficultés dans les interactions sociales, une communication parfois littérale, des centres d’intérêt restreints mais souvent très approfondis, et une sensibilité sensorielle variable.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 1 enfant sur 100 dans le monde présenterait un trouble du spectre de l’autisme. Les diagnostics ont augmenté ces dernières décennies, en grande partie grâce à une meilleure détection et à une évolution des critères cliniques.
« L’autisme est une variation du développement humain, et non une maladie à guérir », rappellent de nombreuses associations de familles et de professionnels engagés dans la défense des droits des personnes autistes.
La Journée internationale du syndrome d’Asperger vise ainsi à dépasser les stéréotypes. Les personnes concernées peuvent rencontrer des obstacles scolaires, professionnels ou sociaux, mais elles possèdent également des compétences spécifiques, parfois remarquables, notamment dans les domaines techniques, scientifiques ou artistiques.
Inclusion, scolarité et regard social
Le véritable enjeu n’est pas uniquement médical. Il est éducatif et sociétal. L’inclusion scolaire reste un défi majeur dans de nombreux pays. Adapter les méthodes pédagogiques, former les enseignants et accompagner les familles sont des conditions essentielles pour permettre aux enfants concernés de développer pleinement leurs capacités.
« L’inclusion ne consiste pas à faire entrer tout le monde dans le même moule, mais à adapter l’environnement aux différences », soulignent régulièrement les spécialistes des TSA.
La reconnaissance de la neurodiversité invite à changer de regard : il ne s’agit plus de corriger une différence, mais de comprendre et d’accompagner des profils cognitifs variés.
La situation en Nouvelle-Calédonie
En Nouvelle-Calédonie, la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme progresse, mais les familles évoquent encore des délais d’évaluation parfois longs et un besoin accru de professionnels spécialisés. Les dispositifs d’accompagnement existent à travers les structures médico-sociales et l’Éducation nationale, mais l’accessibilité reste un enjeu, notamment hors du Grand Nouméa.
Dans un territoire insulaire où les ressources spécialisées sont limitées, la sensibilisation du grand public joue un rôle central. Mieux comprendre le syndrome d’Asperger, c’est réduire les incompréhensions en milieu scolaire, faciliter l’insertion professionnelle et soutenir les familles qui, souvent, portent seules le poids des démarches administratives et médicales.
La Journée du 18 février offre ainsi l’occasion de rappeler que l’inclusion n’est pas un slogan. Elle suppose des moyens, une formation adaptée et une véritable volonté collective.
La Journée internationale du syndrome d’Asperger invite donc à dépasser les idées reçues et à promouvoir une société plus inclusive. Comprendre les différences, adapter les environnements et valoriser les compétences spécifiques constituent les fondements d’un vivre-ensemble respectueux. En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, l’enjeu est clair : transformer la sensibilisation en actions concrètes.

