Je me suis réveillé avec l’impression que ça déborde

Je me suis réveillé.
Et j’ai appris qu’un camion benne s’était encastré dans une salle de boxe à Rivière-Salée.
Je me suis dit « ok, c’est un film ».
Sauf que non.
Le conducteur est mort sur le coup.
Je me suis imaginé les gens dedans.
Parce qu’à l’intérieur, il y avait un cours de Muay Thaï.
Des encadrants. Des enfants.
Une trentaine de personnes.
Je me suis dit « au moins, ils vont bien ».
Et oui. Personne n’est blessé.
Mais tout le monde est choqué.
Je me suis rappelé un truc.
C’est déjà le troisième mort sur les routes depuis le début de l’année.
On est le 19 février.
Je me suis dit qu’on allait souffler.
Et le gouvernement a lancé sa séance « on réforme tout ».
D’abord le nickel.
Exportation temporaire de minerais à très basse teneur.
Tiébaghi. Koniambo. Le Sud.
Encadré. Conditionné. Limité dans le temps.
Objectif : recréer de la valeur et sauver l’activité.
Ensuite les retraites.
Parce que la CAFAT a parlé d’un risque de cessation de paiement autour de mai-juin.
On garde 62 ans.
Mais pour partir sans abattement avant, il faudra cotiser plus longtemps.
De 37 à 39 ans progressivement.
Déplafonnement. Nouvelle tranche. Quinze ans minimum.
Je me suis dit « réforme »,
ça veut dire ajustement.
Et ajustement, ça veut dire effort.
Puis la santé.
Nouveau statut pour les praticiens hospitaliers.
Gestion des carrières par les hôpitaux.
Activité libérale encadrée.
Objectif : recruter plus vite.
Et rendre le secteur attractif.
Et à Paris, le projet de loi constitutionnelle démarre au Sénat.
Commission des lois ce soir.
Séance publique le 24 février.
Avec des doutes sur la majorité à l’Assemblée nationale.
Je me suis rappelé la tribune dans Le Monde.
Des socialistes parlent d’un texte « lourd de menaces ».
Ils ne ferment pas totalement la porte.
Mais ils ne l’ouvrent pas franchement non plus.
Je me suis dit « si ça bloque ».
On reparle d’élections provinciales avant le 28 juin.
Avec un corps électoral gelé.
Je me suis ensuite retrouvé au Mont-Dore.
Le FLNKS présente sa liste.
« Notre ville pour une nation souveraine ».
Sécurité. Jeunesse. Environnement.
Et drapeau identitaire sur les édifices.
Je me suis dit « campagne ouverte ».
Et puis j’ai entendu des parents parler de la rentrée.
Des fournitures qu’on recycle.
D’un bon de 3 000 francs qui aide vraiment.
Je me suis dit que derrière les textes,
les débats, les tribunes,
il y a surtout des gens qui s’adaptent.
Je me suis levé avec cette idée.
Tout est fragile. Mais tout tient encore.
Bref.
