Agriculture : la CPME-NC veut rapprocher le terrain du pouvoir

À La Foa, la CPME-NC rencontre les agriculteurs pour réduire le fossé entre terrain et décisions institutionnelles.
Une rencontre stratégique à La Foa pour reconnecter le terrain
La Confédération des PME de Nouvelle-Calédonie (CPME-NC) organise ce jeudi 26 février à 9h00, à La Foa, une rencontre avec les exploitants agricoles du territoire. Objectif affiché : rétablir un lien direct entre les réalités du terrain et les décisions institutionnelles .
Dans un contexte économique tendu et marqué par des incertitudes institutionnelles persistantes, l’organisation patronale souhaite élargir sa représentativité en intégrant pleinement le secteur agricole, notamment les exploitations familiales et indépendantes .
Pour Christophe Dauthieux, président de la CPME-NC, le constat est sans détour :
Trop souvent, il existe un fossé entre le terrain et les feuilles de papier des projets institutionnels. Nous voulons construire un pont entre ces deux mondes. Les décisions doivent partir des réalités vécues par les agriculteurs. C’est en partant du concret que l’on bâtit un pays solide.
L’agriculture, pilier économique et humain du territoire
Au-delà des chiffres, la CPME-NC insiste sur la dimension humaine du secteur. L’agriculture représente plusieurs milliers d’emplois directs et indirects, joue un rôle central dans la souveraineté alimentaire et contribue fortement à l’équilibre économique des communes rurales.
Les exploitations familiales structurent la vie locale, maintiennent l’activité dans les zones rurales et participent à l’identité même de la Nouvelle-Calédonie.
La CPME-NC rappelle que derrière les débats institutionnels se trouvent des femmes et des hommes confrontés aux contraintes climatiques, aux charges, aux réalités de production et aux incertitudes économiques.
Ce décalage entre les textes élaborés dans les instances et le quotidien des exploitants n’est pas qu’une impression, souligne l’organisation : lorsqu’il s’installe durablement, il fragilise la confiance et complique l’adhésion aux réformes.
Réduire le fossé institutionnel sans opposer les acteurs
La démarche ne vise pas à contester les institutions, précise la CPME-NC, mais à faire converger les attentes du terrain et les objectifs stratégiques du territoire .
La rencontre de La Foa doit permettre de recueillir les remontées concrètes des exploitants, d’identifier les problématiques prioritaires et d’élaborer des propositions pragmatiques à porter notamment auprès de la Mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie (MINC) .
Christophe Dauthieux insiste sur l’enjeu collectif :
Ce pays ne se construira pas sans celles et ceux qui le nourrissent et le font vivre au quotidien. Nous voulons porter des projets concrets, applicables et utiles, qui répondent aux réalités des exploitants tout en s’inscrivant dans la stratégie globale du territoire. C’est ensemble que nous pourrons bâtir une agriculture solide et un pays durable
Une volonté d’ancrage territorial affirmée
En choisissant La Foa pour cette rencontre, la CPME-NC envoie un signal clair : replacer les zones rurales au cœur des échanges économiques et institutionnels.
L’événement se tiendra chez Marie-Claire Paillandi, à Popidéry, et se veut ouvert aux exploitants souhaitant faire remonter leurs préoccupations directement.
Dans un territoire où les équilibres économiques et sociaux restent fragiles, la question agricole dépasse le seul cadre sectoriel. Elle touche à la souveraineté alimentaire, à la cohésion territoriale et à la capacité des acteurs locaux à se projeter avec confiance.

