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Le “Muzz” livré… mais fermé : symbole d’un échec budgétaire ?

23 février 2026 à 11:35
4 min de lecture
Le “Muzz” livré… mais fermé : symbole d’un échec budgétaire ?
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Le bâtiment est prêt. Les clés seront réceptionnées. Mais les portes pourraient rester closes. Le lancement du nouveau Musée de la Nouvelle-Calédonie, rebaptisé “Muzz”, vire au casse-tête politique et budgétaire, au point de devenir, pour certains observateurs, le symbole d’une dérive plus profonde de la gestion publique.

Au Congrès, lors de l’examen du budget 2026, la stupeur a été réelle : après six années de travaux, un surcoût massif et des retards accumulés, le musée pourrait ne pas ouvrir faute de financement pour la scénographie et le fonctionnement.

Un chantier qui dérape

À l’origine, le projet de reconstruction devait s’étaler sur deux ans. Il en aura fallu six. Le budget, initialement annoncé autour de deux milliards, a grimpé jusqu’à 3,5 milliards de francs, avec des réclamations supplémentaires estimées à plusieurs centaines de millions. Certains évoquent désormais un coût global flirtant avec les quatre milliards.

Au Congrès, plusieurs élus ont exprimé leur inquiétude. Comment expliquer qu’un équipement de cette ampleur soit livré sans que les crédits nécessaires à son ouverture soient sécurisés ? Comment justifier qu’après un tel investissement, l’institution culturelle reste inaccessible au public ?

Des scénarios ont été évoqués : occupation des locaux sans ouverture, ouverture partielle, ouverture complète. Mais à ce stade, aucune certitude budgétaire n’est arrêtée.

Un ancien acteur du dossier sort du silence

Au-delà des chiffres, c’est l’analyse d’un professionnel ayant participé aux premières phases du projet et contribué à alerter en interne sur ses dérives qui cristallise aujourd’hui le débat. Fin connaisseur des montages publics et des opérations d’aménagement, il a suivi le dossier dès ses débuts et estime que les signaux d’alerte étaient visibles depuis longtemps.

Il rappelle que le projet avait été lancé “en grande pompe” sous la présidence de Thierry Santa, avec un budget initial annoncé autour de 1,4 milliard. “Tout le monde était prêt pour l’inauguration. On n’avait déjà plus de sous.”

Selon lui, le dossier a ensuite été repris, notamment sous l’impulsion de Vai’mua Muliava, avec l’intervention de la SECAL. Le coût final aurait, d’après ses estimations, doublé voire triplé. “On atterrit à 4 milliards au final pour un bâtiment qui, en plus, interroge sur ses choix architecturaux.”

Il pointe notamment la place importante donnée à la structure bois, dans un contexte où les événements du 13 mai ont profondément marqué les esprits et révélé la vulnérabilité de certains équipements publics. À ses yeux, la conception n’a pas suffisamment intégré cette nouvelle réalité sécuritaire.

Plus encore que l’esthétique, c’est la logique financière qui l’indigne. “On aurait mieux fait de mettre les collections au centre Tjibaou. De mutualiser les frais de fonctionnement. Et de mettre un peu de budget pour entretenir ce dernier.”

Il évoque également un allongement spectaculaire des délais, qu’il estime avoir “triplé ou quadruplé” par rapport aux prévisions initiales. Et d’ajouter, dans une comparaison lourde de sens : “Un même chantier géré par le privé aurait tenu son budget et ses délais.”

Le vrai sujet : l’absence de responsabilité ?

Au-delà du seul cas du Muzz, cet ancien acteur du dossier décrit une mécanique plus large : dépassements successifs, retards, absence de sanctions. “Comme d’habitude, personne n’est responsable ni sanctionné.”

Le Congrès a bien débattu du sujet en séance. Des éléments plus précis auraient été évoqués, ainsi que la nécessité de crédits supplémentaires pour permettre l’ouverture. Mais le malaise demeure : comment un projet culturel emblématique peut-il se retrouver livré sans plan d’exploitation opérationnel ?

Des estimations évoquent plusieurs dizaines de millions de francs nécessaires pour permettre une occupation minimale des locaux, et davantage pour une ouverture partielle au public. À cela s’ajoute la question des équipes : du personnel aurait été maintenu pendant la longue phase de chantier, sans que l’établissement puisse fonctionner normalement, selon certaines critiques.

Une question de vision culturelle

Le Muzz devait incarner le renouveau muséal calédonien. Un écrin moderne pour des collections majeures, dans un contexte où la préservation du patrimoine océanien est un enjeu central. Mais aujourd’hui, le débat dépasse la seule dimension culturelle.

Il interroge la capacité des institutions à planifier, à maîtriser les coûts, à anticiper le fonctionnement avant l’inauguration. Il pose aussi une question stratégique : fallait-il reconstruire à ce prix, ou repenser l’existant en mutualisant les moyens avec d’autres structures culturelles du territoire ?

Le gouvernement a annoncé vouloir organiser rapidement une réunion afin de trouver les crédits nécessaires à une ouverture, au moins partielle. Reste que l’image est déjà écornée.

Le Muzz, pensé comme un symbole de modernité, devient pour certains le miroir d’une gestion publique contestée. Et dans un contexte budgétaire tendu, chaque milliard engagé sans visibilité immédiate sur l’usage final nourrit un peu plus la défiance.

Le bâtiment sera livré. Mais le véritable chantier, désormais, est politique.

(Crédit photo : Socometra/Engie)

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