Six ans avant l’extinction ? Le chiffre qui choque

En Nouvelle-Calédonie, le dugong est au bord du gouffre. L’alerte lancée par l’Agence néo-calédonienne de la biodiversité est claire : plus aucun prélèvement n’est soutenable.
En 2025, six cas de braconnage ont été signalés. Un cas a déjà été signalé en 2026.
Malgré une interdiction stricte, la capture et la consommation persistent. Des signalements évoquent notamment des faits lors de fêtes coutumières.
Le constat est factuel. Il est documenté. Il est préoccupant.
Une population divisée par cinq en 25 ans
Les chiffres sont implacables. En 25 ans, la population de dugongs en Nouvelle-Calédonie est passée de 2 000 à 400 individus. Le déclin est massif. Il est continu. Il est mesuré.
Les données issues des échouages recensés entre 1991 et 2022 indiquent une moyenne de 64 dugongs morts par an sur 25 ans.
Les causes sont identifiées. 47 % des mortalités sont d’origine humaine : 41 % sont liées au braconnage et 12 % aux collisions.
Les mortalités naturelles existent : maladies, prédation. Mais elles ne compromettent pas la viabilité de l’espèce à long terme. Ce sont les activités humaines qui font basculer l’équilibre.
À ce rythme, les projections sont brutales : six ans avant une extinction possible si la tendance n’est pas inversée.
Ce constat ne relève ni de l’idéologie ni de l’émotion. Il repose sur des données consolidées. Le dugong, mammifère marin protégé, est aujourd’hui dans une situation critique.
Fin des dérogations coutumières : la règle est claire
Un point juridique est désormais tranché. L’article du Code de l’environnement de la Province Nord qui autorisait, à titre exceptionnel des dérogations coutumières pour la capture et la consommation du dugong a été abrogé en août 2025.
Aucune dérogation n’avait été accordée depuis 2003. Mais le dispositif existait encore dans les textes.
Il n’existe plus. Cette décision fait suite à une consultation publique. Elle a reçu l’avis favorable des conseils coutumiers des aires Hoot ma Waap, Paicî-Camuhi, Ajië-Aro et Xârâcùù.
Les avis sont consultables sur le site officiel de la Province Nord.
Le message est limpide : aucune capture n’est autorisée, sans exception.
Les trois Provinces interdisent toute prise. Il n’y a plus de marge d’interprétation. Le droit s’applique à tous. La protection du dugong relève désormais d’une ligne claire : la survie de l’espèce prime.
Des sanctions lourdes, un enjeu de responsabilité collective
Toute capture intentionnelle constitue un acte de braconnage.
Les sanctions sont prévues par la réglementation :
– 1 780 000 XPF d’amende
– Jusqu’à un an de prison
– Confiscation du matériel
Le braconnage est identifié comme la première cause de mortalité d’origine humaine en Nouvelle-Calédonie. Ce n’est pas un détail. C’est un facteur déterminant.
Chaque prélèvement fragilise une population déjà réduite à 400 individus.
Aujourd’hui, aucun prélèvement, même à des fins coutumières, n’est soutenable.
La question n’est plus symbolique. Elle est biologique.
La disparition du dugong serait irréversible. Elle serait un échec collectif.
Préserver ne signifie pas renier les traditions. Cela signifie les adapter à une réalité scientifique incontestable.
Il appartient aux générations actuelles de faire évoluer les pratiques. De maintenir le lien culturel autrement. Sans passer par la consommation.
La Nouvelle-Calédonie possède l’un des derniers noyaux de dugongs du Pacifique. Cette responsabilité est majeure.
Le combat contre le braconnage n’est pas une posture. C’est une nécessité.
L’Agence néo-calédonienne de la biodiversité alerte. Les Provinces ont clarifié la loi. Les données sont connues.
Il ne reste qu’un choix. Laisser disparaître une espèce emblématique. Ou faire respecter la règle.
Stop au braconnage. Protégeons les dugongs.


