Obésité : la génération sacrifiée ?

Ils sont notre avenir. Pourtant, leur santé vacille déjà. En Nouvelle-Calédonie, l’obésité progresse et personne ne peut détourner le regard.
Journée mondiale de l’obésité : une mobilisation officielle en 2026
Près de 2 jeunes sur 10 âgés de 10 à 18 ans sont en situation d’obésité. À 6 ans déjà, près de 10 % des enfants sont concernés. À 12 ans, près de 4 enfants sur 10 sont en surcharge pondérale, selon les données disponibles.
Chez les adultes de 18 à 64 ans, le baromètre santé 2021-2022 révèle que 66 % sont en excès de poids. Parmi eux, 38 % sont obèses, avec un IMC supérieur à 30.
Les femmes sont davantage touchées : 42 % d’obésité contre 34 % chez les hommes. Chez les 45-64 ans, près d’une personne sur deux est obèse. L’obésité abdominale concerne 49 % de la population, et jusqu’à 66 % des femmes.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité du 4 mars, l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie (ASSNC) déploie une campagne de sensibilisation du 23 février au 22 mars 2026.
Objectif affiché : faire reconnaître l’obésité comme une maladie chronique complexe.
La campagne vise également à encourager une prévention précoce et à promouvoir une prise en charge adaptée.
Elle cible en priorité les adultes en âge d’avoir des enfants et les parents, car la santé ne se construit pas à 15 ans : elle se prépare bien avant.
Les spécialistes rappellent l’importance cruciale des 1 000 premiers jours, de la grossesse aux deux ans de l’enfant.
C’est durant cette période que se jouent des mécanismes biologiques et comportementaux déterminants. En Nouvelle-Calédonie, malgré des chiffres élevés, une majorité des personnes concernées ne se perçoivent pas comme malades.
Ce décalage limite le recours aux dispositifs d’accompagnement existants.
La campagne entend donc déconstruire les idées reçues : l’obésité n’est pas qu’une question de volonté individuelle.
Elle résulte de déterminants multiples : biologiques, environnementaux, sociaux, culturels et économiques. Pour autant, chacun peut agir à son échelle.
L’ASSNC rappelle l’existence de dispositifs gratuits : un centre d’éducation thérapeutique dans le Grand Nouméa proposant des stages multidisciplinaires.
Des consultations mensuelles gratuites de diététique sont également proposées dans les communes de l’intérieur et des îles.
La campagne sera relayée sur les réseaux sociaux, au cinéma, à la télévision et à la radio.
Le site monpoids.nc permettra aux Calédoniens d’évaluer leur niveau de risque et d’accéder à des conseils personnalisés.
Il s’agit d’un outil concret, accessible à tous.
Une priorité de santé publique, sans démagogie
L’obésité chez les adolescents n’est pas une fatalité. C’est un enjeu de santé publique qui exige information, prévention et accompagnement.
Agir tôt est déterminant. Dès la grossesse, l’environnement familial influence la santé future de l’enfant.
Un cadre familial apaisé, un sommeil suffisant et de qualité, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière : ces piliers simples sont connus. Encore faut-il les appliquer avec constance.
Adopter une alimentation variée et équilibrée, c’est manger de tout en quantités adaptées.
Il n’existe ni aliment interdit ni aliment miracle. Tout est question de choix et de proportion.
Limiter les produits trop sucrés, trop gras, trop salés réduit les risques à long terme. Une consommation excessive de sel augmente la tension artérielle. Elle favorise les maladies cardiovasculaires et les AVC.
Le sel peut aussi aggraver l’insuffisance rénale, certains cancers digestifs ou l’ostéoporose. Les recommandations sont claires : 30 minutes d’activité physique quotidienne pour les adultes, une heure pour les enfants.
L’activité physique est bénéfique pour le cœur, pour le corps et pour l’équilibre mental.
La sédentarité, elle, constitue un facteur de risque majeur. Se lever au moins toutes les deux heures, marcher, bouger sont des gestes simples mais essentiels.
L’équilibre énergétique : une règle simple et efficace
Le principe est limpide : pour être en forme, mes apports énergétiques doivent être égaux à mes dépenses énergétiques.
Autrement dit, l’énergie apportée par l’alimentation doit être compensée par l’activité physique. C’est ce que l’on appelle l’équilibre énergétique. Quand cet équilibre est respecté, le poids se stabilise naturellement. Quand il est rompu durablement, le surpoids s’installe.
Changer ses habitudes demande de l’organisation, mais rien n’est hors de portée. Il ne s’agit pas de tout bouleverser du jour au lendemain : il s’agit de progresser pas à pas. Se fixer un objectif précis. Identifier ses difficultés. Établir un plan d’action concret.
Que vais-je faire ? Où ? À partir de quand ? À quelle fréquence ? Avec qui ? Un plan efficace doit être spécifique, réaliste, modeste et motivant.
Personne n’est parfait. Les écarts font partie du processus. L’essentiel est de reprendre le contrôle rapidement et de garder en tête les bénéfices attendus.
Stabiliser son poids. Prévenir le diabète. Être un exemple pour ses enfants. La santé n’est pas une option. Elle est une responsabilité individuelle et collective.
En Nouvelle-Calédonie, face à des chiffres incontestables, l’heure n’est plus à l’indifférence. Changer un peu, chacun à son niveau, c’est protéger durablement la génération qui vient.

