PME du Sud : l’opportunité à ne pas manquer

L’économie calédonienne n’a pas dit son dernier mot.
Face aux vents contraires, la province Sud choisit l’action plutôt que la résignation.
Un outil concret pour soutenir la relance économique
Ce lundi 23 février, la province Sud et Bpifrance ont officiellement lancé Sud Relance, un dispositif présenté comme un levier structurant pour les entreprises locales.
Devant les acteurs économiques du territoire, Charlène Gautier, directrice adjointe de la direction du développement économique et du tourisme, a rappelé l’ambition : proposer « un outil concret, co-construit et pensé avec Bpifrance pour accompagner les TPE et PME dans leurs projets et leur développement ».
À ses côtés, Frédéric Langlade, délégué territorial, et Ludovic Pouget, directeur régional Océan Indien et Pacifique de Bpifrance, ont salué un partenariat renforcé avec la collectivité.
Le message est clair : le territoire ne doit pas subir, il doit investir.
Dans un contexte économique exigeant, marqué par des tensions de trésorerie et des besoins de restructuration, la province Sud choisit de renforcer l’arsenal financier à destination des entreprises productives.
Sud Relance accompagne la reprise et le développement des TPE et PME de la province Sud.
L’objectif est double : consolider les entreprises existantes et soutenir les projets porteurs de croissance.
Il ne s’agit pas d’assistanat, mais d’un outil de responsabilité économique.
Le dispositif vient compléter les réponses déjà mises en place par la collectivité et ses partenaires.
Un prêt participatif sans garantie : un levier puissant
Concrètement, Sud Relance repose sur un prêt participatif créé en partenariat avec Bpifrance.
Sa vocation est de renforcer durablement la trésorerie des entreprises.
Premier atout majeur : aucune garantie n’est exigée, ni sur les actifs de l’entreprise ni sur le patrimoine du dirigeant.
Dans un environnement bancaire souvent contraint, cette disposition change la donne pour de nombreuses PME.
Le dispositif prévoit également un différé d’amortissement en capital.
Deux options sont proposées :
– 5 ans, dont 1 an de différé d’amortissement en capital
– 7 ans, dont 2 ans de différé d’amortissement en capital
Les montants s’échelonnent de 5,966 millions de F CFP à 35,79 millions de F CFP.
Un volume significatif pour financer des projets structurants.
Que peut financer ce prêt ?
L’augmentation du besoin en fonds de roulement liée à un programme de développement.
Les investissements immatériels : mise aux normes environnementales ou de sécurité, recrutement, prospection commerciale.
Autrement dit, ce qui permet réellement à une entreprise de franchir un cap.
Les conditions financières sont présentées comme attractives. Mais ce prêt n’est pas isolé : il s’inscrit dans un mécanisme de cofinancement obligatoire à hauteur de 1 pour 1.
Chaque franc engagé via Sud Relance doit être accompagné d’un financement équivalent.
Ce cofinancement peut prendre la forme :
– d’un concours bancaire
– d’apports des actionnaires ou de sociétés de capital-risque
– d’apports en quasi-fonds propres, comme des prêts participatifs
Une logique claire : mobiliser l’ensemble des acteurs autour du redressement économique.
Des critères stricts : priorité aux entreprises solides
Sud Relance ne s’adresse pas à toutes les structures. Le dispositif cible les TPE et PME à jour de leurs obligations fiscales et sociales. L’entreprise doit exercer son activité principale en province Sud. Son siège social doit également y être situé.
Elle doit engager un programme d’investissement ou avoir besoin de renforcer sa trésorerie.
Autre condition : l’entreprise doit avoir plus de trois ans d’existence.
Le message est limpide : priorité aux entreprises structurées et engagées dans la durée.
Certaines structures sont explicitement exclues : les SCI ; les associations ou fondations sans activité économique et sans salarié ; les autoentrepreneurs ; les entreprises individuelles.
Des secteurs d’activité sont également exclus : l’intermédiation financière (NAF K64, sauf 64-2) ; la promotion et la location immobilière (NAF L68-1, L68-2, F41-1) ; les activités auxiliaires financières et d’assurance (NAF 66) ; les activités agricoles (NAF A01 et A02) ; le secteur de la pêche et de l’aquaculture (NAF A03, 4638A).
Ce cadrage traduit une volonté assumée : orienter l’argent public vers l’économie productive et créatrice d’emplois.
Dans une période où la tentation du repli peut être forte, la province Sud fait le choix de la compétitivité et de l’investissement.
Sud Relance n’est pas une promesse abstraite. C’est un instrument financier précis, encadré et conditionné.
Il repose sur une logique de partenariat et de responsabilité partagée. Pour les entrepreneurs qui veulent avancer, investir, recruter et conquérir de nouveaux marchés, le message est clair : des outils existent.
Encore faut-il s’en saisir. La relance ne se décrète pas. Elle se construit.
Et avec Sud Relance, la province Sud entend bien remettre l’entreprise au cœur de la dynamique économique calédonienne.

