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L'actualité locale

La Calédonie qui produit ouvre ses portes

25 août 2026 à 11:00
4 min de lecture
La Calédonie qui produit ouvre ses portes

Résumé IA

Du 7 au 19 septembre, la Nouvelle-Calédonie accueille la 13e édition de la Semaine de l'industrie, organisée par la FEINC. Des visites d'entreprises sont proposées aux scolaires puis au grand public, sur inscription gratuite, dans des secteurs comme l'agroalimentaire, l'optique ou l'énergie.

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Le compte à rebours est lancé. Du 7 au 19 septembre, la Nouvelle-Calédonie accueille la 13e édition de la Semaine de l'industrie, organisée par la Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie (FEINC).

Deux semaines pour regarder en face ce que le territoire fabrique encore.

Treize éditions, et toujours le même pari

Le principe n'a pas bougé depuis 2011, date de création de ce rendez-vous national piloté par la Direction générale des entreprises. Faire entrer le public là où l'on produit. Montrer les machines, les gestes, les métiers. Et surtout les femmes et les hommes derrière.

La déclinaison calédonienne suit son propre calendrier, l'édition nationale, elle, se tiendra du 16 au 22 novembre. Ici, septembre. Deux semaines découpées avec méthode : les scolaires et les étudiants du 7 au 11 septembre, puis le grand public du 14 au 18.

Ce séquençage n'est pas un détail administratif. Il dit exactement à qui l'événement s'adresse en priorité : des jeunes à qui l'on répète depuis trop longtemps que l'avenir se joue ailleurs, dans un bureau climatisé ou sur un billet d'avion pour la métropole.

L'industrie locale, hors métallurgie, ce sont plus de 3 000 entreprises, essentiellement de petites structures. Un tissu discret, rarement médiatisé, jamais plaintif. Il tient. Après deux années où l'on aurait pu lui pardonner de lâcher, il tient encore.

Voilà peut-être la vraie leçon de ces portes ouvertes.

Du cacao à la tôle ondulée

Le programme grand public balaie large, et c'est tout l'intérêt.

L'agroalimentaire fournit le gros du contingent. GBNC ouvre son site du 5e km à Nouméa cinq jours d'affilée pour montrer brasserie et boissons gazeuses. Socalait propose trois créneaux sur les produits laitiers frais et les chocolats. Le café tient une place à part, avec La Brûlerie – Malongo à Ducos, spécialisée dans la torréfaction de café vert et l'emballage sous vide, et Café Royal Pacifique sur trois matinées. Les Cacaos du Pacifique complètent le tableau côté chocolaterie, Newrest côté restauration collective.

Mais réduire la production calédonienne à ce qui se mange serait une erreur de perspective.

Optic'Prod fabrique des verres optiques à Nouméa et ouvre trois après-midi. Vega montre ses produits d'hygiène, d'entretien et ses emballages. Kelias, à Numbo, fait découvrir la fabrication, l'installation et la réparation de la signalisation routière, ces panneaux que personne ne regarde et que quelqu'un, ici, produit. Toujours à Numbo, BlueScope acier ouvre son atelier de tôles ondulées, profilés métalliques de charpente et accessoires de toiture.

Et puis il y a l'énergie. Total Energies Renouvelables Pacific reçoit à Boulouparis le 16 septembre, sur son site de production d'énergie renouvelable.

Cette visite mérite une mention particulière : sur vingt places offertes, il n'en restait que trois à l'heure où ces lignes sont écrites. Dix-sept déjà réservées. Le signal est clair.

Côté scolaire, la mobilisation est encore plus nette. Newrest est complet. Socalait affiche complet les 8 et 9 septembre. Vega est complet le 9. AMC Sud, chaudronnerie, usinage, découpe jet d'eau, métrologie est complet également. Chez Les Cacaos du Pacifique, il ne restait que trois places sur trente pour le 8 septembre. Switi, à Païta, ouvre ses lignes de crèmes glacées et de sorbets le 11.

Des enseignants ont donc anticipé. Des classes entières vont voir, sentir, toucher. C'est infiniment plus formateur qu'un module d'orientation.

Gratuit ne veut pas dire garanti

Répétons-le, parce que c'est la principale cause de déception chaque année : les visites d'usines sont gratuites, mais uniquement sur inscription, et les places sont limitées.

Sept places chez Optic'Prod. Huit chez Kelias. Dix, douze le plus souvent ailleurs. On ne fait pas entrer une foule dans un atelier en activité, c'est une contrainte de sécurité, pas un caprice d'organisateur. Qui n'a pas réservé n'entrera pas.

L'événement ne s'arrête pas aux grilles des usines. Une boutique éphémère de produits locaux s'installe en centre-ville : occasion très concrète de traduire la curiosité en acte d'achat, ce qui reste le soutien le plus utile qu'un consommateur puisse offrir à un producteur du territoire. Une conférence et un « Café éco » viendront par ailleurs traiter diverses thématiques économiques.

Le format est modeste, presque artisanal. Il vaut mieux que bien des grands raouts institutionnels.

Car derrière l'opération de communication, il y a une question de fond que la Calédonie ne pourra pas éluder longtemps : de quoi vivra ce pays ? De transferts, de rentes et de doléances, ou de ce qu'il fabrique lui-même ?

Pendant deux semaines, la réponse sera visible à Ducos, à Numbo, au 5e km, à Païta, à Boulouparis. Elle porte des chaussures de sécurité et se lève tôt.

Il suffit de s'inscrire.

(Crédit photo : FEINC)