Corée du Sud : quatre corps retrouvés à Jeju, un policier arrêté après des disparitions mal gérées

Résumé IA
Quatre corps de personnes disparues sont retrouvés sur l'île de Jeju, en Corée du Sud, et un policier est arrêté pour avoir falsifié des informations et clôturé prématurément des dossiers. Les autorités révisent 298 signalements traités par l'agent depuis mars 2025, tandis que le président Lee Jae-myung réclame plus de responsabilité au sein des forces de l'ordre.
La découverte de quatre corps en quelques jours sur l’île touristique de Jeju provoque un scandale en Corée du Sud. Un policier a été arrêté, soupçonné d’avoir falsifié des informations et clôturé prématurément plusieurs dossiers de disparition.
L’affaire secoue désormais jusqu’au sommet de l’État sud-coréen. Sur l’île de Jeju, destination touristique majeure située au sud de la péninsule, quatre personnes portées disparues ont été retrouvées mortes en quelques jours. Au cœur de la polémique : un policier accusé d’avoir classé certains dossiers sans avoir réellement vérifié que les personnes recherchées étaient saines et sauves.
Une femme retrouvée morte 104 jours après sa disparition
Parmi les dossiers les plus emblématiques figure celui de Jang Mi-ran, 37 ans, portée disparue au mois de mai. Son dossier avait été rapidement clôturé après que le policier chargé de l’enquête eut affirmé être entré en contact avec elle.
La réalité était tout autre. Son corps a finalement été découvert 104 jours après sa disparition, selon Reuters.
Un homme d’une soixantaine d’années, lui aussi porté disparu, a également été retrouvé mort. Là encore, l’enquêteur aurait affirmé avoir obtenu des éléments permettant de mettre fin aux recherches.
Les autorités soupçonnent désormais le policier d’avoir falsifié certaines informations afin de clôturer artificiellement des dossiers.
298 dossiers désormais passés au crible
L’ampleur potentielle de l’affaire inquiète particulièrement les autorités sud-coréennes. Depuis mars 2025, le même policier aurait traité 298 signalements de personnes disparues.
La police a donc décidé de procéder à une révision complète de ces dossiers afin de déterminer si d’autres enquêtes ont été irrégulièrement interrompues. Une dizaine de cas feraient déjà l’objet d’une attention particulière.
Le policier, identifié par son nom de famille Bu, a été placé en détention pour notamment manquement à ses obligations et falsification de documents. Il conteste les accusations.
Les autorités n’ont en revanche établi aucun lien criminel entre lui et les décès. La découverte rapprochée des quatre corps a alimenté les inquiétudes sur l’île, mais rien ne permet à ce stade d’évoquer un tueur en série ou de relier les quatre morts entre elles.
Un scandale qui fragilise la police sud-coréenne
L’affaire dépasse désormais largement Jeju. Plusieurs responsables policiers ont été suspendus et la hiérarchie de la police nationale a présenté publiquement ses excuses.
Le président sud-coréen Lee Jae-myung a lui-même réclamé davantage de responsabilité et de contrôle au sein des forces de l’ordre.
Le scandale survient à un moment particulièrement sensible pour le pays. La Corée du Sud réforme actuellement son système judiciaire avec l’objectif de transférer une partie plus importante des pouvoirs d’enquête, jusqu’ici détenus par le parquet, vers la police.
La découverte d’importantes défaillances dans la gestion des disparitions risque donc de raviver les interrogations sur la capacité de la police à assumer ces nouvelles responsabilités.
Les autorités ont déjà annoncé un renforcement des procédures : la clôture des dossiers de disparition devrait notamment être davantage contrôlée par la hiérarchie afin qu’un seul enquêteur ne puisse plus mettre fin à des recherches sans vérifications suffisantes.

