Aller au contenu
0%
L'actualité locale

La CPME-NC compte les points

27 août 2026 à 16:00
4 min de lecture
La CPME-NC compte les points

Résumé IA

La CPME-NC a réagi à la feuille de route du président du gouvernement calédonien, qui fixe un cap de six mois pour des réformes sur les dépenses publiques, les retraites et la fiscalité. L'organisation patronale salue un diagnostic pragmatique et une méthode directe, mais exige des actes concrets et applicables, notamment pour préserver l'emploi privé.

Aa

Six mois. Pas un de plus. Le président du gouvernement calédonien a posé son calendrier, et le patronat des petites entreprises a répondu dans la foulée.
Entre le soulagement de voir enfin un diagnostic assumé et l'exigence de résultats concrets, la CPME-NC ne cache ni son attente ni son impatience.

Un diagnostic sans fard, pour une fois

Ce lundi 24 août, Milakulo Tukumuli a présenté devant les élus une feuille de route délibérément resserrée : six mois, pas davantage. Une méthode qui tranche avec les habitudes locales.

Face à une urgence à la fois économique, sociale et financière, le président du gouvernement a fait un choix simple : dire les choses, limiter le nombre de priorités, agir vite. Le mardi 25 août, la CPME-NC a réagi publiquement à cette déclaration de politique générale. Son appréciation tient en un mot : pragmatisme.

Reconnaître l'ampleur des défis, préserver les entreprises et les emplois privés, garantir la pérennité des régimes sociaux, reprendre la main sur les dépenses publiques constitue, pour l'organisation patronale, une étape indispensable avant toute solution durable. Le constat paraît évident. Il ne l'était plus depuis longtemps.

Car derrière les mots, il y a des chiffres. Et ces chiffres ne pardonnent pas.

Malgré quelques signaux d'amélioration, la véritable reprise n'est toujours pas engagée. Le secteur privé calédonien a perdu un salarié sur six en deux ans. L'investissement continue de reculer. Et plus d'un tiers des chefs d'entreprise craignent encore, aujourd'hui, de ne pas passer l'année.

Un tiers. Ce n'est pas une statistique abstraite : ce sont des ateliers, des commerces, des cabinets, des familles.

Retraites, RUAMM, dépenses publiques : le mur des comptes

Le gouvernement annonce une revue générale de ses dépenses, étendue aux établissements publics, avec un objectif clairement énoncé : identifier les économies possibles et « faire mieux avec moins ».

La formule fera grincer quelques dents. Elle a pourtant le mérite d'exister. Pendant que le secteur privé licenciait, personne n'avait sérieusement ouvert le dossier de la dépense publique.

Vient ensuite le plus lourd. Les réserves du régime de retraite sont presque épuisées. Fin 2025, le RUAMM cumulait près de 43 milliards de francs de dette. Deux réformes s'imposent donc, et elles ne relèvent plus du débat théorique : elles devront être concertées avec les partenaires sociaux, puis votées par le Congrès avant le 31 décembre 2026.

L'échéance est courte. Elle est surtout inévitable.

Sur le volet fiscal, le président du gouvernement a tenu un discours que les entrepreneurs attendaient : le redressement des comptes ne devra pas faire peser l'essentiel de l'effort sur celles et ceux qui produisent, qui investissent et qui créent de l'emploi. Une réflexion doit être engagée pour bâtir une fiscalité plus attractive, plus lisible et plus juste.

Reste que rien n'a été chiffré. Aucune mesure précise n'a été annoncée à ce stade. La CPME-NC le note sans détour : l'intention est saluée, l'application reste à démontrer.

Au-delà du nickel, dont le soutien demeure un axe assumé, l'exécutif veut ouvrir d'autres fronts. Le tourisme. L'agriculture. Le numérique. L'économie bleue. Une filière de maintenance navale. À cela s'ajoute un chantier moins spectaculaire mais tout aussi décisif : l'alternance, la formation professionnelle et l'insertion des jeunes, à renforcer avec les entreprises et non contre elles.

Ceux qui produisent attendent désormais des actes

TPE, PME, commerçants, artisans, professions libérales, travailleurs indépendants. Ce sont eux qui tiennent l'économie réelle du territoire à bout de bras depuis deux ans. Et ce sont eux qui se disent prêts à contribuer aux réformes nécessaires.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Après avoir encaissé la crise de plein fouet, après avoir vu partir un salarié sur six, le tissu des petites entreprises ne demande ni compensation ni traitement de faveur. Il demande de la cohérence.

La CPME-NC annonce donc qu'elle prendra toute sa part. L'organisation entend apporter l'expertise du secteur privé, relayer les réalités vécues sur le terrain, évaluer méthodiquement les conséquences des mesures sur l'emploi, l'investissement et la trésorerie des entreprises, et défendre des solutions pragmatiques et réellement applicables.

Ce dernier point mérite d'être souligné. « Réellement applicables » : la précision n'est pas anodine dans un territoire où les annonces ont trop souvent survécu aux décisions.

La volonté d'action affichée par l'exécutif ouvre, selon le patronat, une opportunité de co-construction. La CPME-NC promet d'y participer de manière constructive, vigilante et déterminée. Trois adjectifs, trois avertissements polis.

Le message final est le plus clair de tous : il faut désormais passer du diagnostic aux actes, et recréer les conditions de la confiance, de l'investissement et de l'emploi.

Le diagnostic est posé. Les chiffres sont connus. Le calendrier est fixé au 31 décembre 2026.

Il ne manque plus que les décisions.

(Crédit photo : CPME-NC)