Népal : au moins 160 morts et des centaines de disparus après des inondations dévastatrices

Résumé IA
Une crue éclair dévaste plusieurs vallées du nord du Népal, à la frontière avec le Tibet, faisant au moins 160 morts et des centaines de disparus, dont de nombreux touristes étrangers. Les secours recherchent les victimes dans les districts de Rasuwa, Nuwakot et Dhading, tandis qu'une avalanche de glace est privilégiée comme cause probable.
Une crue éclair d’une violence exceptionnelle a dévasté plusieurs vallées du nord du Népal, à la frontière avec le Tibet. Au moins 160 personnes ont péri des deux côtés de la frontière et des centaines restent portées disparues, parmi lesquelles de nombreux touristes étrangers.
Le Népal fait face à l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de ces dernières années. Mercredi 26 août, une gigantesque masse d’eau, de boue et de débris a déferlé dans le district montagneux de Rasuwa, avant d’atteindre notamment les districts voisins de Nuwakot et Dhading.
Selon le dernier bilan communiqué par la police népalaise, 157 corps ont été retrouvés au Népal. Trois autres décès ont été annoncés au Tibet, portant le bilan provisoire à au moins 160 morts. Les recherches se poursuivent et ce chiffre pourrait encore évoluer.
Des centaines de touristes toujours portés disparus
L’ampleur du désastre reste difficile à établir. Le Nepal Tourism Board a indiqué que 403 voyageurs avaient été signalés sans nouvelles dans les premières heures suivant la catastrophe, dont 341 ressortissants étrangers.
Parmi eux figurent notamment des citoyens indiens, américains, australiens, britanniques, canadiens, malaisiens, sud-coréens ou encore européens.
Concernant la France, 80 ressortissants français présents au Népal se sont enregistrés sur le dispositif Fil d’Ariane du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ce chiffre ne correspond donc pas à 80 Français portés disparus. À ce stade, aucune victime française n’a été officiellement annoncée.
Les autorités népalaises doivent également composer avec les centaines de personnes portées disparues du côté chinois. Dans le comté de Gyirong, au Tibet, Pékin faisait état de trois morts et de 265 disparus.
Villages détruits, routes coupées et centrales endommagées
Les images provenant de la région témoignent de la puissance de la crue. Des torrents chargés de rochers et de boue ont traversé les vallées, emportant des bâtiments, des routes, des ponts et des véhicules.
Plusieurs infrastructures énergétiques ont également été durement touchées. Dans le district de Rasuwa, cinq centrales hydroélectriques représentant 236 MW de production ont été mises à l’arrêt, tandis que plusieurs projets en construction ont subi d’importants dégâts.
L’accès aux zones sinistrées reste particulièrement difficile en raison de la destruction des routes et des ponts.
Plus de 3 300 policiers ont été mobilisés dans les opérations de recherche et de secours, tandis que l’armée népalaise et les forces de police armées participent également au dispositif. Des hélicoptères ont été engagés pour atteindre les secteurs isolés et évacuer les blessés.
Une avalanche de glace pourrait être à l’origine de la catastrophe
Les circonstances exactes de la catastrophe restent encore à déterminer.
Dans les premières heures, l’hypothèse d’un séisme à la frontière sino-népalaise avait été évoquée. Les analyses scientifiques ont toutefois progressivement orienté les recherches vers un autre scénario.
Plusieurs spécialistes népalais estiment qu’une avalanche massive de glace et de roches aurait pu s’effondrer dans la rivière Lhende, au Tibet. Elle aurait alors formé un barrage naturel, provoquant une accumulation d’eau avant sa rupture brutale et la formation de la gigantesque crue en aval.
L’hypothèse de la rupture d’un lac glaciaire reste également étudiée. Les scientifiques insistent cependant sur le caractère encore préliminaire de leurs conclusions.
Le « séisme » détecté pourrait en réalité avoir été le glissement de terrain
Un signal initialement interprété comme un tremblement de terre de magnitude 4,4 avait renforcé l’hypothèse sismique.
Mais les analyses ultérieures ont indiqué que le signal enregistré pourrait en réalité avoir été provoqué par l’effondrement massif de roches et de glace lui-même, et non par un véritable séisme ayant déclenché la catastrophe.
La distinction est importante : à ce stade, les spécialistes privilégient donc davantage un phénomène glaciaire et un gigantesque mouvement de terrain qu’un tremblement de terre comme élément déclencheur.
L’aide internationale commence à s’organiser
Face à l’ampleur des dégâts, plusieurs pays ont proposé leur assistance au Népal.
L’Inde a notamment acheminé du matériel humanitaire, tandis que les autorités népalaises coordonnent également les opérations avec la Chine dans la région frontalière.
Les recherches devraient se poursuivre pendant plusieurs jours. Dans cette région montagneuse difficile d’accès, les autorités craignent que le bilan humain continue de s’alourdir à mesure que les secours atteignent les villages et infrastructures coupés du reste du pays.

