Aller au contenu
0%
Au delà du récif

Kiribati : un navire chinois arraisonné pour des ailerons de requin

26 août 2026 à 15:00
3 min de lecture
Kiribati : un navire chinois arraisonné pour des ailerons de requin

Résumé IA

Un navire chinois est arraisonné aux Kiribati après la découverte d’ailerons de requin à son bord, en violation de sa licence de pêche. L’interception, effectuée par la police maritime locale, s’inscrit dans l’opération régionale de lutte contre la pêche illégale menée en août. Le bateau est escorté vers Kiritimati pour enquête.

Aa

Un navire chinois a été arraisonné aux Kiribati après la découverte d’ailerons de requin à son bord, en violation des conditions de sa licence de pêche. L’interception s’inscrit dans une vaste opération de surveillance contre la pêche illégale menée en août dans le Pacifique.

Des ailerons découverts lors d’une inspection

Le bâtiment disposait bien d’une autorisation pour opérer dans les eaux des Kiribati. Mais lors d’un contrôle, des agents de la police maritime locale ont découvert des ailerons de requin conservés à bord, une pratique qui contrevenait aux conditions imposées au navire.

Le commandant Tom Redfern, responsable de la police maritime des Kiribati, a indiqué que le bateau avait ensuite été escorté jusqu’à Kiritimati, également appelée Christmas Island, afin de permettre la poursuite de l’enquête.

À ce stade, les autorités ont donc établi la présence d’ailerons interdits par la licence du navire. L’enquête devra notamment déterminer dans quelles conditions ils ont été prélevés.

Le « finning » interdit dans le Pacifique

La découverte intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le « shark finning », qui consiste à retirer les nageoires des requins puis à rejeter les carcasses à la mer.

Dans le Pacifique occidental et central, la réglementation de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central impose la pleine utilisation des requins conservés à bord et interdit le finning. Pour 2025, 2026 et 2027, les règles prévoient notamment que les requins débarqués conservent leurs nageoires naturellement attachées, sauf dispositifs alternatifs strictement encadrés.

Ces mesures répondent au déclin important de plusieurs populations de requins, alors que le commerce des ailerons reste alimenté par une demande persistante sur certains marchés asiatiques.

Une vaste opération contre la pêche illégale

L’arraisonnement du navire chinois s’inscrit dans Operation Island Chief 2026, coordonnée par l’Agence des pêches du Forum des îles du Pacifique (FFA) du 3 au 14 août.

L’opération a couvert environ 27,5 millions de km² d’océan et permis de surveiller plus de 3 000 navires. Au total, 133 bâtiments ont été contrôlés, 16 navires ont été classés comme présentant un intérêt particulier et quatre ont été appréhendés ou immobilisés.

Des moyens de surveillance et d’analyse ont également été fournis par l’Australie, la France, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, dans le cadre de la coopération régionale contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Dans le cas du navire chinois intercepté aux Kiribati, le contrôle a toutefois été effectué directement par un agent de la police maritime kiribatienne, à bord du patrouilleur du pays.

Les Kiribati au cœur des rivalités d’influence

Avec une zone économique exclusive d’environ 3,5 millions de km², les Kiribati contrôlent un espace maritime considérable au cœur du Pacifique.

L’archipel a considérablement renforcé ses relations avec Pékin depuis sa décision, en 2019, de rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan au profit de la Chine. Des entreprises chinoises se sont depuis intéressées à plusieurs projets dans le pays et la coopération sécuritaire entre Tarawa et Pékin s’est également développée.

Mais les Kiribati diversifient parallèlement leurs partenariats. La France renforce elle aussi sa coopération avec l’archipel : les Forces armées en Polynésie française ont notamment conduit en mars 2026 une mission avec les forces de sécurité kiribatiennes sur Kiritimati. Paris faisait également partie des partenaires ayant apporté un soutien à Operation Island Chief.

L’arraisonnement du navire chinois rappelle ainsi un enjeu devenu central dans le Pacifique : au-delà des rivalités diplomatiques, le contrôle effectif des immenses espaces maritimes et de leurs ressources halieutiques devient une priorité stratégique pour les petits États insulaires.