Pacifique : les renouvelables pourraient faire économiser 700 millions de dollars par an

Résumé IA
Selon un rapport de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, le remplacement du diesel par des renouvelables pourrait économiser environ 700 millions de dollars par an dans le Pacifique. Le choc pétrolier de 2026 a fait bondir les prix, fragilisant les économies insulaires. La transition énergétique sera discutée au prochain Forum des îles du Pacifique aux Palaos.
Alors que la hausse des prix du carburant fragilise les économies insulaires, un rapport de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud estime que le Pacifique pourrait économiser des centaines de millions de dollars chaque année en réduisant sa dépendance au diesel. Le solaire, les batteries et la modernisation des réseaux électriques pourraient notamment permettre de diviser fortement le coût de production de l’électricité.
Jusqu’à 25 % du PIB consacré aux importations de combustibles
La dépendance énergétique du Pacifique pèse lourd dans les comptes publics. Selon le rapport Counting the cost of fossil fuels in the Pacific, publié par l’Institute for Climate Risk & Response de l’UNSW, les États insulaires consacreraient entre 10 et 25 % de leur produit intérieur brut aux importations de combustibles fossiles.
À titre de comparaison, les dépenses régionales moyennes représenteraient environ 8 % du PIB pour l’éducation et 6 % pour la santé.
Cette vulnérabilité s’explique notamment par la structure énergétique de la région : environ 80 % de l’approvisionnement énergétique du Pacifique repose encore sur des produits pétroliers importés.
Une dépendance qui expose directement les économies insulaires aux crises internationales et aux fluctuations du marché mondial.
Un milliard de dollars de diesel chaque année
Le seul diesel utilisé pour produire de l’électricité représenterait actuellement environ un milliard de dollars américains d’importations par an dans le Pacifique.
Selon Wesley Morgan, chercheur à l’UNSW et auteur du rapport, son remplacement progressif par des installations solaires, des batteries et des réseaux électriques modernisés pourrait permettre d’économiser environ 700 millions de dollars américains chaque année.
Des ressources financières importantes pour des États dont les budgets restent souvent contraints.
Ces économies pourraient, selon le chercheur, être redirigées vers les hôpitaux, les écoles ou les infrastructures publiques.
L’argument avancé n’est donc plus uniquement environnemental. Pour les auteurs du rapport, la transition énergétique constitue également un enjeu de souveraineté énergétique et de stabilité économique.
Le choc pétrolier frappe directement les économies du Pacifique
La situation est devenue encore plus sensible en 2026 avec les tensions au Moyen-Orient. Selon l’étude, le choc pétrolier provoqué cette année aurait entraîné une hausse d’environ 35 % du prix du diesel dans le Pacifique.
Les conséquences peuvent rapidement se diffuser dans toute l’économie : hausse du prix de l’électricité, du transport maritime ou routier, mais également des produits alimentaires dont une partie importante dépend des importations.
Aux Fidji, le maintien de prix élevés pourrait ainsi provoquer une augmentation d’environ 375 millions de dollars américains par an de la facture des carburants raffinés importés, soit davantage que le budget annuel consacré à la santé selon les calculs présentés dans le rapport.
Au Vanuatu, le surcoût pourrait dépasser 68 millions de dollars, soit environ 5 % du PIB.
Les Îles Marshall et Tuvalu ont par ailleurs déjà adopté cette année des mesures d’urgence liées à leurs approvisionnements en carburant.
Une électricité parmi les plus chères au monde
Pour les consommateurs, cette dépendance se traduit également par des factures particulièrement élevées.
Le prix moyen de l’électricité dans les États du Pacifique étudiés atteindrait environ 0,47 dollar américain par kilowattheure, soit près de trois fois la moyenne mondiale.
L’UNSW estime que le développement massif des énergies renouvelables pourrait réduire considérablement ce coût.
Pour remplacer la production électrique fonctionnant actuellement au diesel, la région aurait besoin d’environ 2,2 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables, accompagnées de 8 800 mégawattheures de stockage par batteries.
Le potentiel solaire est particulièrement important dans de nombreux États insulaires, mais la question du stockage reste essentielle pour assurer la stabilité des réseaux.
Le principal obstacle reste le financement
Sur le papier, les technologies existent déjà. Leur financement reste en revanche beaucoup plus complexe.
Les petits marchés, l’éloignement géographique, le coût du transport des équipements et de la construction ainsi que le niveau de risque perçu par les investisseurs rendent les projets énergétiques du Pacifique moins attractifs que de grandes infrastructures développées ailleurs dans le monde.
Le rapport estime qu'il faudrait mobiliser environ 650 millions de dollars américains de financements internationaux chaque année pour atteindre les objectifs régionaux.
Or, en 2024, seulement 216 millions de dollars auraient été mobilisés, soit environ un tiers des besoins estimés.
Le sujet au cœur du prochain Forum des îles du Pacifique
La question énergétique devrait occuper une place importante lors du 55e Forum des îles du Pacifique, organisé aux Palaos du 30 août au 4 septembre 2026.
Les dirigeants d’Australie, de Nouvelle-Zélande et des États insulaires doivent notamment discuter des investissements nécessaires pour accélérer la transition énergétique régionale.
Le Pacifique affiche une ambition particulièrement forte : devenir la première région du monde alimentée entièrement par des énergies renouvelables.
L’Australie devrait également jouer un rôle central dans les discussions financières. Canberra présidera les négociations de la COP31, tandis que plusieurs rencontres préparatoires doivent être organisées dans le Pacifique avant le sommet climatique.
Pour les États insulaires, l’enjeu dépasse désormais largement la réduction des émissions de CO₂ : réduire la consommation de diesel importé signifie également diminuer leur exposition aux crises internationales, sécuriser leur approvisionnement énergétique et conserver davantage de capitaux dans leurs économies nationales.

