Aux urgences pour une ordonnance ? L'hôpital dit stop

Résumé IA
Le centre hospitalier territorial Gaston-Bourret rappelle que les urgences sont réservées aux situations graves, comme les difficultés respiratoires ou les signes d'AVC, et que le médecin traitant doit être consulté en premier pour les autres cas. L'établissement demande d'appeler le 15 en cas de doute et de se présenter avec un dossier complet, incluant pièce d'identité et couverture sociale.
Aux urgences, chaque minute compte. Encore faut-il que le patient soit au bon endroit, au bon moment.
Le centre hospitalier territorial Gaston-Bourret le redit sans détour : trois réflexes suffisent à désengorger une chaîne de soins que tout le monde dit vouloir protéger.
Le médecin traitant d'abord. Ce n'est pas une suggestion, c'est la règle
Il y a des évidences qu'il faut pourtant réécrire noir sur blanc.
Le centre hospitalier territorial Gaston-Bourret rappelle que pour des symptômes sans signe de gravité, c'est le médecin traitant que l'on consulte en premier. Pas le service des urgences. Pas la salle d'attente d'un hôpital dimensionné pour l'accident, l'infarctus, l'hémorragie.
Le principe tient en une phrase : le bon professionnel, au bon moment.
Derrière cette formule un peu administrative se cache une réalité très concrète. Chaque patient qui pousse la porte des urgences pour une consultation qui relevait du cabinet de ville occupe un box, mobilise une infirmière, retarde un brancard. Personne ne le dit méchamment. Mais quelqu'un doit le dire.
Et si le doute subsiste ? Le CHT est là aussi très clair. On appelle le 15 avant de se déplacer. Un médecin régulateur évalue la situation et oriente vers la réponse adaptée.
Un coup de fil. C'est tout ce que l'on demande.
Ce réflexe-là ne coûte rien à celui qui le fait, et il fait gagner un temps considérable à ceux dont le pronostic vital se joue à la minute. Il évite aussi les trajets inutiles, les heures d'attente subies, les familles épuisées dans un couloir.
On a beaucoup entendu, ces dernières années, le discours de la fatalité : l'hôpital serait saturé par nature, les délais inévitables, le système à bout de souffle. Il y a une part de vrai dans le constat. Il y a surtout une part que chacun peut corriger, chez soi, sans réforme et sans budget supplémentaire.
Les urgences, ce sont les urgences. Voici lesquelles
Le CHT ne laisse pas la définition à l'appréciation de chacun. Elle est écrite.
On se rend aux urgences lorsque la situation ne peut pas attendre : difficulté à respirer, douleur thoracique, perte de connaissance, signes d'AVC, saignement important, traumatisme sévère.
Voilà le périmètre.
Ces situations-là ne souffrent aucune hésitation, aucun rendez-vous, aucun report. Dans ces cas précis, il ne faut surtout pas attendre : c'est même l'inverse du message porté par l'établissement. Le retard de prise en charge tue autant que l'encombrement.
Un cas particulier mérite d'être connu de toutes les familles calédoniennes : pour un accouchement ou une urgence liée à la grossesse, c'est aux urgences accouchement qu'il faut se présenter, et non au service des urgences générales. Une orientation directe, plus rapide, mieux adaptée.
Le reste, la fièvre qui dure depuis deux jours, l'ordonnance oubliée, le certificat, la douleur ancienne qui n'a rien de nouveau, relève de la médecine de ville.
Ce n'est pas une question de mérite ni de hiérarchie entre les patients. C'est une question d'organisation.
Une prise en charge mieux adaptée pour chacun, et des urgences réellement disponibles pour ceux qui en ont le plus besoin : l'objectif est écrit en toutes lettres par l'établissement. Il ne dépend pas seulement des soignants. Il dépend de nous.
Se présenter avec un dossier complet : le minimum que l'on doit à ceux qui nous soignent
Le second rappel du CHT est peut-être encore plus élémentaire. Et pourtant.
L'établissement le formule avec une courtoisie que l'on n'est pas obligé d'imiter : vous êtes unique, et nous avons besoin de vous identifier pour mieux vous soigner.
Traduction : sans dossier complet, la prise en charge prend du retard.
Que l'on vienne en consultation ou pour une hospitalisation, trois choses doivent accompagner le patient. Une pièce d'identité en cours de validité, carte d'identité ou passeport. Ensuite, le dossier médical : carnet de santé, imageries, bilans sanguins, courriers des praticiens. Enfin, une couverture sociale à jour, qu'il s'agisse de la carte CAFAT, de l'aide médicale ou des notifications de prise en charge.
Rien d'insurmontable. Une pochette, une fois pour toutes, prête à partir.
Le résultat est immédiat : une consultation plus fluide, une entrée en hospitalisation sans blocage administratif, une prise en charge optimale.
À l'inverse, un dossier incomplet, c'est un examen refait pour rien, un antécédent ignoré, une hospitalisation qui commence par une heure de recherche de justificatifs. Le temps perdu par le secrétariat est du temps volé au patient suivant.
Il faut sans doute redire ce que la culture ambiante répugne à formuler : le service public de santé n'est pas une prestation que l'on consomme, c'est un bien commun que l'on entretient.
Les soignants du CHT font leur part. Ils la font souvent dans des conditions difficiles, en Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, sans que grand monde s'en émeuve entre deux polémiques.
Ce que l'hôpital demande en retour n'a rien d'excessif. Un appel au 15 avant de prendre la voiture. Une visite chez son médecin traitant quand la situation le permet. Une carte d'identité et une carte CAFAT dans la poche.
Ce n'est pas de la contrainte. C'est du civisme.
Et le civisme, en matière de santé, n'a jamais coûté aussi peu pour rapporter autant.
(Crédit photo : Chabaud Gill/ABACA)

