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L'actualité locale

L'export calédonien change de dimension

27 août 2026 à 14:00
5 min de lecture
L'export calédonien change de dimension

Résumé IA

La Nouvelle-Calédonie cherche à diversifier son économie grâce à l'export, et la signature d'une convention entre NCT&I et les CCEF mise sur les réseaux locaux et internationaux pour accompagner les entreprises, avec l'objectif concret d'ouvrir de nouveaux marchés et de réduire la dépendance au nickel.

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Pendant que d'autres commentent le déclin calédonien, quelques-uns signent des papiers qui engagent. Mercredi 26 août, à Nouméa, l'économie du territoire s'est branchée sur cent cinquante pays.

Une signature qui engage, et pas une photo de plus

Il y a les colloques. Il y a les déclarations d'intention. Et puis il y a les documents qui produisent des effets.

Ce mercredi 26 août, New Caledonia Trade & Invest, représenté par son co-président Denis Etournaud, a signé une convention de partenariat avec les Conseillers du Commerce extérieur de la France de Nouvelle-Calédonie, présidés par René Rebatel.

La cérémonie n'était pas confidentielle. Jacques Billant, Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, était présent. Véronique Roger-Lacan, ambassadrice pour le Pacifique, représentante permanente de la France auprès de la Communauté du Pacifique et secrétaire permanente pour le Pacifique, également. Ainsi que Christopher Gygès, vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en charge notamment de l'économie, de la fiscalité, des télécommunications et des questions douanières.

Autrement dit : l'État, la diplomatie française dans le Pacifique et l'exécutif local, réunis autour de la même table pour un sujet qui n'a rien de symbolique.

Le lieu, lui, a été choisi avec intention. Pas un salon feutré. Au plus près des entreprises, de leur production, des flux économiques réels qui permettent aux produits et aux savoir-faire calédoniens de gagner des marchés.

Ce détail en dit long sur la méthode.

Deux réseaux complémentaires, une seule logique : le terrain

Rappelons ce que sont les deux signataires, parce que le sigle ne dit rien à celui qui n'est pas du sérail.

NCT&I est un cluster d'entreprises calédoniennes qui exportent déjà, ou qui veulent s'y mettre. Un réseau de chefs d'entreprise, tout simplement, qui mutualisent ce qui coûte cher quand on le cherche seul : l'information sur les marchés, les bons contacts, les missions à l'export.

Les CCEF, eux, sont d'une autre nature. Des chefs d'entreprise bénévoles, nommés par décret du Premier ministre, présents dans une centaine de pays. Des gens qui ont fait le voyage avant vous, ouvert des filiales, perdu de l'argent sur un mauvais partenaire, et qui savent exactement où sont les chausse-trappes.

Cette expérience-là ne s'achète pas. Elle se transmet.

C'est précisément l'objet de la convention, signée pour deux ans.

Le dispositif prévoit des retours d'expérience pays avant chaque prospection, parce qu'une entreprise qui part à l'aveugle sur un marché asiatique ou océanien brûle sa trésorerie avant d'avoir vendu quoi que ce soit. Il prévoit aussi des mises en relation qualifiées à l'international, le parrainage des entreprises membres, un référent désigné de chaque côté et un point de suivi trimestriel.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Un suivi trimestriel, cela signifie que quelqu'un rendra des comptes. C'est peu banal.

Dans le détail, NCT&I met son réseau d'entreprises, de startups et de partenaires à disposition des CCEF, relaie auprès de ses membres les initiatives et opportunités portées par le CCEF NC, facilite les mises en relation avec les acteurs économiques locaux, partage l'information utile sur l'écosystème économique et l'innovation dans le respect de la confidentialité, et associe le CCEF NC aux événements, ateliers ou actions collectives qu'il organise.

En retour, le CCEF NC ouvre son réseau international et son expertise sectorielle. Il accompagne les membres de NCT&I dans leurs projets de développement à l'étranger, partage informations stratégiques, retours d'expérience et opportunités, facilite les mises en relation avec des partenaires ou relais à l'international, et intervient lors des événements de NCT&I, conférences, retours d'expérience, transmission concrète.

L'objectif affiché tient en quelques lignes : faciliter le partage d'informations économiques, technologiques et commerciales ; permettre à NCT&I de bénéficier du réseau CCEF ; encourager les synergies entre les acteurs de l'innovation, de l'export et de l'investissement ; soutenir le développement international des entreprises calédoniennes ; multiplier les occasions de mise en relation ici comme ailleurs ; et organiser des événements, missions et actions communes.

Ce n'est pas un accord de principe. C'est un dispositif opérationnel.

Il donne aux entreprises du territoire un accès direct à un réseau couvrant 150 pays, au moment précis où elles en ont besoin. Avant de partir. Et une fois sur place.

L'export, seule réponse sérieuse à la dépendance au nickel

On peut continuer à attendre que le cours du nickel remonte. C'est une stratégie. Ce n'est pas une politique économique.

La Nouvelle-Calédonie cherche à diversifier son économie au-delà du minerai, et le développement des exportations constitue un levier stratégique : ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises, renforcer leur activité, et contribuer à diversifier les sources de revenus du territoire.

La co-présidence de NCT&I l'a formulé sans détour lors de la signature. L'export n'est pas un supplément d'âme. C'est de la devise qui rentre. Ce sont des emplois qui tiennent. C'est un carnet de commandes qui ne dépend plus de la seule demande locale laquelle, chacun le sait ici, ne suffit ni à faire vivre un tissu productif ni à retenir les compétences.

Il faut mesurer ce que cela signifie sur un territoire de moins de 300 000 habitants. Le marché intérieur est une contrainte physique. Le franchir n'est pas une ambition de conquérant : c'est une condition de survie pour des dizaines d'entreprises.

Et la France, dans cette affaire, n'est pas un obstacle. Elle est le réseau. Le décret du Premier ministre, l'ambassadrice pour le Pacifique, le corps des conseillers du commerce extérieur déployé sur les cinq continents : voilà des atouts que peu de micro-économies insulaires possèdent. Les utiliser relève du bon sens.

Reste l'essentiel, que la co-présidence de NCT&I a résumé d'une formule.

Les entreprises calédoniennes ont du talent. Et elles l'exportent.

Tout le reste est commentaire.

(Crédit photo : New Caledonia Trade Invest)