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Au delà du récif

Macron : « Je n'exclus rien »

26 septembre 2026 à 05:08
3 min de lecture
Macron : « Je n'exclus rien »

Résumé IA

Emmanuel Macron déclare au magazine américain Variety qu'il « n'exclut rien » pour la suite, évoquant un éventuel retour après la fin de son mandat en mai prochain. Tout en rappelant la limite constitutionnelle de deux mandats consécutifs, il joue sur la nuance juridique d'un retour après interruption. L'entourage du président refuse tout autre commentaire.

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Un président sortant qui parle déjà de revenir. À quelques mois de la fin de son second quinquennat, Emmanuel Macron refuse de fermer la porte.

Une porte laissée entrouverte

Il ne peut pas se présenter en 2027. La Constitution le lui interdit. Et pourtant, Emmanuel Macron n'exclut « rien » pour la suite.

La confidence n'a pas été faite devant la presse française ni face aux Français. Elle a été livrée au magazine américain Variety, dans un extrait d'entretien relayé par le journal. Un choix de tribune qui en dit long.

Interrogé sur une éventuelle nouvelle candidature à l'Élysée, au-delà du scrutin de 2027, le chef de l'État commence par rappeler la règle.

Soyons clairs: selon notre Constitution, vous avez droit à deux mandats, deux mandats consécutifs. Donc je terminerai mon mandat en mai prochain, et le peuple français élira quelqu'un d'autre, explique-t-il.

Jusque-là, rien à redire. Le propos est institutionnel, presque attendu.

Puis vient la suite. « Mais je n'exclus rien. Il est assez inhabituel de revenir, mais nous verrons. » Et le président d'ajouter, dans une formule qui semble taillée pour un public du cinéma :

La vie est inventive, parfois plus que les films.

Quelques mots seulement. Mais suffisamment pour relancer une question que beaucoup pensaient réglée.

Ce que dit vraiment la Constitution

Le texte est limpide. L'article 6 de la Constitution prévoit que le président de la République « est élu pour cinq ans au suffrage universel direct » et que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ».

Tout est dans ce dernier mot : consécutifs.

La limite, introduite lors de la révision constitutionnelle de 2008, ne ferme pas définitivement la voie à un ancien président. Elle interdit l'enchaînement de plus de deux mandats d'affilée. Pas un retour après une interruption.

C'est précisément sur cette nuance qu'Emmanuel Macron joue lorsqu'il évoque un scénario « assez inhabituel ». Il ne contredit pas la Constitution. Il en exploite la lettre.

Réélu en 2022, il achèvera donc son second quinquennat en mai 2027, sans pouvoir briguer sa propre succession. Aucun président de la Ve République n'a jusqu'ici exercé un mandat, quitté l'Élysée, puis été réélu plus tard.

Un entretien, un silence

Le cadre de cette déclaration a été précisé par l'Élysée à BFMTV. L'entretien a été réalisé le 7 septembre, au Sommet Lumière, à Saint-Paul-de-Vence.

Pour le reste, silence radio. Contacté, l'entourage du président de la République s'est refusé à tout autre commentaire.

Aucune précision, donc, sur la portée réelle de ces propos. Aucune clarification non plus pour les Français, qui découvrent par l'intermédiaire d'un média étranger que leur président envisage, au moins en théorie, de ne pas tourner la page.

Le contraste est saisissant. D'un côté, un chef de l'État qui rappelle solennellement que « le peuple français élira quelqu'un d'autre ». De l'autre, une petite phrase qui laisse flotter l'idée d'un retour.

Nous verrons, dit-il.

Les Français, eux, attendaient sans doute moins de suspense et davantage de clarté sur la fin d'un quinquennat qui, en mai prochain, arrivera à son terme.

(Crédit photo : REUTERS/Benoit Tessier)