Aller au contenu
0%
L'actualité locale

Pacific Valorisation : le compte à rebours

29 septembre 2026 à 09:00
4 min de lecture
Pacific Valorisation : le compte à rebours

Résumé IA

La CPME-NC alerte sur la situation critique de l'entreprise calédonienne Pacific Valorisation, qui recycle, produit et embauche localement. L'organisation patronale souligne que la disparition de cet outil coûterait cher au pays en termes d'enfouissement évité, d'emplois et de recettes fiscales.

Aa

La CPME-NC tire la sonnette d'alarme. Une entreprise calédonienne qui recycle, produit et embauche localement est aujourd'hui menacée.

Des déchets qui coûtent cher à enfouir

La CPME-NC monte au créneau. Ce lundi 28 septembre, l'organisation patronale a publié sur sa page Facebook un message sans détour, consacré à Pacific Valorisation. Sa question tient en une ligne : combien coûterait au pays la disparition de cet outil ?

À deux jours de la fin du mois, la situation de l'entreprise reste critique.

Le paradoxe saute aux yeux. Pacific Valorisation coche toutes les cases que les pouvoirs publics mettent en avant dans leurs discours : réduction des déchets, économie circulaire, production locale, emploi. Et pourtant, c'est elle qui vacille.

Commençons par les chiffres, puisqu'ils sont éloquents. Selon l'entreprise, l'enfouissement des déchets papier-carton coûte 20 700 XPF par tonne. Pour certains circuits, comme au Mont-Dore, le coût global de traitement peut grimper jusqu'à 110 000 XPF la tonne.

Faisons le calcul. Mille tonnes valorisées sur place, ce sont 20,7 millions XPF d'enfouissement évités. Et selon le circuit concerné, jusqu'à 110 millions XPF de coûts de traitement en moins.

Ce n'est pas une abstraction écologique. C'est de l'argent. Celui des collectivités, donc celui des contribuables calédoniens.

Dans un territoire où chaque franc public compte après les épreuves des dernières années, laisser filer un tel levier d'économies interroge. Le bon sens voudrait qu'on le protège.

Produire ici plutôt qu'importer

Le second argument touche au cœur du modèle économique calédonien. À montant équivalent, Pacific Valorisation avance une comparaison frappante : 100 millions XPF de produits importés génèrent entre zéro et deux emplois locaux. Les mêmes 100 millions XPF de chiffre d'affaires réalisés en Nouvelle-Calédonie permettraient environ six emplois et près de deux fois plus de recettes fiscales, directes et indirectes.

Autrement dit, acheter local, c'est financer des salaires ici, des cotisations ici, des impôts ici.

On objectera le prix. L'entreprise répond sur ce terrain aussi. Sur les boîtes à œufs, l'écart avec l'importation tourne autour d'1 XPF par œuf. Un franc. Et cet écart pourrait diminuer à mesure que les volumes augmentent.

Le frein, selon elle, ne peut donc pas être réduit à une simple question de coût.

Il y a aussi l'innovation. Pacific Valorisation fabrique déjà des contenants résistants à l'eau et aux graisses pendant cinq jours. Elle développe des procédés qui associent matières recyclées et essences de bois locales, avec un objectif : atteindre une étanchéité complète.

La perspective est double. Remplacer une partie des emballages plastiques à usage unique, d'abord. Offrir un débouché à la filière bois calédonienne, ensuite. Une entreprise qui valorise nos ressources plutôt que de dépendre de conteneurs venus d'ailleurs : c'est précisément le type de projet qu'une économie qui veut se relever devrait défendre.

Des rendez-vous, mais pas encore de solutions

Alors pourquoi un outil qui réduit les déchets, crée de l'emploi et de la valeur locale reste-t-il sous-utilisé ? La question posée par la CPME-NC mérite une réponse.

L'organisation patronale rappelle ce qui a déjà été fait depuis ses premières alertes. Le dossier a été relayé auprès du Haut-Commissariat de la République et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Une mobilisation a eu lieu dans la province des Îles Loyauté. Un rendez-vous s'est tenu avec la Ville de Nouméa.

Mais la CPME-NC le dit clairement : au-delà des rendez-vous, il faut des solutions.

Pacific Valorisation a formulé trois demandes précises. Qu'on étudie son intégration au Plan de Relance. Qu'un financement de long terme soit envisagé. Et qu'une solution capitalistique impliquant le territoire soit mise sur la table.

Rien d'extravagant. Des pistes concrètes, chiffrées, adressées aux bonnes institutions.

Reste à savoir si les décideurs sauront passer des constats aux actes avant qu'il ne soit trop tard. Car la question finale de la CPME-NC résonne comme un avertissement adressé à tous ceux qui parlent de relance et de souveraineté économique : combien coûterait réellement à la Nouvelle-Calédonie la perte d'un tel outil ?

(Crédit photo : Pacific Valorisation NC)