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Au delà du récif

«Pyromane», «irresponsable»... Bally Bagayoko sous le feu des critiques après son soutien aux bloqueurs d'un lycée

29 septembre 2026 à 13:00
4 min de lecture
«Pyromane», «irresponsable»... Bally Bagayoko sous le feu des critiques après son soutien aux bloqueurs d'un lycée

Résumé IA

Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, soutient ce lundi les lycéens mobilisés devant le lycée Paul-Éluard et rejette toute « instrumentalisation » politique. Il juge « irresponsable » l’attitude du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui dénonce une « surenchère ». Des responsables de droite et du RN, dont Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Matthieu Valet, critiquent vivement sa présence.

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Présent ce lundi devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, Bally Bagayoko a apporté son soutien aux élèves mobilisés et rejeté les accusations d’« instrumentalisation » politique. Des responsables de droite et du RN ont reproché à l'édile de mettre de l'huile sur le feu.

Louise Dugast 28/09/2026

Bally Bagayoko a apporté son soutien aux élèves mobilisés.

Bally Bagayoko a apporté son soutien aux élèves mobilisés. AFP / © Martin Noda

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, affiche son soutien aux lycéens mobilisés. Présent lundi 28 septembre devant le lycée Paul-Éluard, l’un des établissements bloqués, l’édile a interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait dénoncé quelques heures plus tôt une « surenchère irresponsable » de cadres insoumis autour du mouvement. « Leurs revendications sont légitimes. Ils demandent que la République les respecte. Ils veulent vivre et travailler dignement », a déclaré Bally Bagayoko sur BFMTV. Accueilli dans la matinée par les lycéens, avec lesquels il a notamment chanté La Marseillaise, le maire assure que sa présence ne relève pas d’une récupération politique. « Il n’y a aucune instrumentalisation », a-t-il affirmé. « Le Premier ministre a une attitude irresponsable. Qu’il vienne ici ! […] Je suis prêt en tant que maire à l’accueillir », a poursuivi Bally Bagayoko.

Sébastien Lecornu avait estimé plus tôt que « le devoir d’un élu de la République est de protéger les jeunes et d’appeler au calme », jugeant qu’« instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute ». Le Premier ministre a également fustigé les violences survenues autour de certains établissements, tout en reconnaissant que « les difficultés des lycées doivent être entendues et traitées ».

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Bally Bagayoko estime de son côté que les difficultés dénoncées par les élèves dépassent le seul cadre de leur établissement. « La promesse républicaine est aujourd’hui un souvenir dans les quartiers populaires », a-t-il déclaré. « L’État met moins de moyens dans les quartiers populaires que dans les beaux quartiers. C’est factuel ! C’est incontestable ! Sur l’ensemble des prérogatives de l’État, la promesse républicaine n’est pas au rendez-vous », a-t-il poursuivi. L’élu justifie également sa présence devant le lycée par sa volonté d’éviter tout incident. « Ici, ce sont des jeunes parfaitement conscientisés. En revanche, ce sont des jeunes lycéens. Nous sommes là pour dire : attention, ne vous mettez pas en danger, ne prenez pas des risques inconsidérés. Je suis maire d’une ville, mais je suis aussi père de famille et un éducateur », a-t-il expliqué.

RN et LR montent au créneau

Sa présence devant un lycée bloqué a suscité la réaction de responsables politiques de droite. « L’accession au pouvoir de ces factieux sonnerait la fin de la République française », a ainsi tweeté le patron des Républicains et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau, en commentant une vidéo montrant Bally Bagayoko devant une poubelle en flammes et des lycéens.

« Le rôle d’un maire n’est pas de jouer avec le feu, s'est également indigné Laurent Wauquiez. Il est là pour protéger, apaiser et faire respecter l’ordre républicain. » Pour le patron des députés LR, « Bally Bagayoko donne une bien étrange conception de la responsabilité d’un élu ». 

L’eurodéputé RN Matthieu Valet a interpellé le maire de Saint-Denis : « Est-ce votre rôle de participer activement au blocus d’un lycée où des dégradations par incendie ont été commises et où des mortiers ont été tirés sur des policiers de la République ? Je le rappelle : ce sont juste des délits. » « En tant que maire, vous avez la qualité d’officier de police judiciaire, je vous le rappelle au passage… Votre comportement est irresponsable. Votre clientélisme n’a aucune limite », a poursuivi Matthieu Valet. L'élu européen a également reproché au maire de Saint-Denis de ne pas avoir réagi aux violences commises contre des policiers lors de ces blocages : « Et pendant ce temps, toujours pas un mot pour les policiers blessés lors des violences de ce matin dans votre ville, je comprends mieux pourquoi… »

Le député du même parti, Jean-Philippe Tanguy, s'est indigné qu'un « maire souti(enne) des dégradations et un incendie de poubelle qui pourrait dégénérer à tout moment ».

De même, l'essayiste et cofondateur du Printemps républicain Amine El-Khatmi a assimilé Bally Bagayoko aux « pyromanes qui (...) vont saccager l’avenir de gamins qui ont tout à construire ».