Trump aurait parlé de vendre des armes à Xi Jinping… avant de contester cette version

Résumé IA
L’ambassadeur américain en Chine, David Perdue, affirme sur Fox News que Donald Trump a demandé à Xi Jinping s’il souhaitait acheter des armes américaines, sans préciser ni la date ni la réponse. Le président américain conteste cette version, tandis que le département d’État rappelle l’interdiction légale de ces ventes.
Donald Trump aurait demandé à Xi Jinping s’il souhaitait acheter des armes américaines, selon l’ambassadeur des États-Unis en Chine. Une déclaration spectaculaire, rapidement tempérée par Washington et ensuite contestée par le président américain lui-même, alors que la question de Taïwan reste au cœur du face-à-face stratégique entre les deux puissances.
Trump aurait proposé des armes américaines à Xi Jinping
La déclaration a de quoi surprendre au regard de la rivalité militaire entre Washington et Pékin. Invité dimanche sur Fox News, l’ambassadeur américain en Chine, David Perdue, a affirmé que Donald Trump avait demandé à Xi Jinping s’il souhaitait acheter des armes fabriquées aux États-Unis.
L'ambassadeur n'a toutefois pas précisé quand cet échange aurait eu lieu, ni indiqué quelle avait été la réponse du dirigeant chinois. Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés à plusieurs reprises en 2026, notamment à Pékin en mai puis à Washington en septembre.
Lundi, Donald Trump a lui-même contesté cette version. Interrogé par des journalistes, le président américain a semblé suggérer que David Perdue avait pu confondre la Chine et Taïwan, avant d'ajouter que vendre des armes à Pékin pourrait malgré tout être « une bonne idée ».
Washington rappelle que la loi interdit ces ventes
Au-delà de la déclaration, une éventuelle vente d'armes américaines à Pékin se heurterait surtout à un obstacle majeur : la législation américaine. Le département d'État a rappelé que la loi américaine interdit actuellement les ventes d'armes à la Chine et assuré qu'il n'existait aucune offre ni aucun projet de ce type.
La portée exacte des propos rapportés par David Perdue reste donc difficile à déterminer : proposition sérieuse, remarque informelle ou simple formule lancée au cours d'une discussion.
Pékin n'a pas directement répondu sur le fond. Le ministère chinois des Affaires étrangères a simplement réaffirmé que la Chine développait ses capacités de défense en fonction de ses propres besoins.
Taïwan au centre des discussions entre Trump et Xi
Cette séquence intervient surtout dans un contexte particulièrement sensible autour de Taïwan.
Washington demeure le principal fournisseur étranger d'armements de Taipei. Les États-Unis n'entretiennent pas de relations diplomatiques officielles avec Taïwan, mais le Taiwan Relations Act encadre leur relation avec l'île et prévoit la fourniture de moyens permettant à celle-ci de maintenir une capacité suffisante d'autodéfense.
Un nouveau paquet d'armements américains destiné à Taïwan, estimé à environ 14 milliards de dollars, reste cependant en suspens. Donald Trump avait lui-même qualifié ce dossier de levier de négociation dans ses discussions avec Pékin.
Un précédent ensemble d'environ 11 milliards de dollars avait déjà été annoncé par Washington.
Une rivalité militaire qui dépasse largement Taïwan
L'affaire intervient alors que les tensions stratégiques entre les deux premières puissances mondiales dépassent largement le détroit de Taïwan.
La Chine poursuit depuis plusieurs années la modernisation rapide de l'Armée populaire de libération, notamment dans les domaines naval, balistique et nucléaire. Pékin renforce également sa présence militaire en mer de Chine méridionale et orientale, où ses revendications territoriales se heurtent notamment à celles des Philippines et du Japon.
Pour Washington, l'enjeu consiste à maintenir ses alliances et sa présence militaire dans l'Indo-Pacifique tout en évitant qu'une confrontation avec Pékin ne dégénère.
Quelques jours avant la rencontre Trump-Xi à Washington, le ministère chinois de la Défense avait d'ailleurs demandé aux États-Unis de faire preuve d'une « extrême prudence » concernant leurs ventes d'armes à Taïwan.
Les alliés américains observent Washington
Les déclarations de David Perdue risquent donc d'être scrutées avec attention au Japon, aux Philippines et surtout à Taïwan. Taipei cherche notamment à obtenir rapidement l'approbation du paquet d'armements actuellement en attente. De son côté, l'administration américaine assure que sa politique officielle envers Taïwan n'a pas changé.
Donald Trump a indiqué après sa rencontre avec Xi Jinping que les deux dirigeants avaient abordé la question taïwanaise, sans toutefois y consacrer une part importante de leurs discussions.
La séquence illustre surtout la place prise par les ventes d'armes américaines dans la relation entre Washington, Pékin et Taipei. Entre compétition militaire, négociations diplomatiques et intérêts commerciaux, le dossier taïwanais demeure l'un des principaux points de tension dans l'Indo-Pacifique.



