Le viaduc revient au Congrès

Résumé IA
Reçue par Virginie Ruffenach au Congrès, l'Association Citoyen Mondorien relance le dossier du viaduc pour désenclaver le Sud du Mont-Dore. La résolution sur le financement, déposée en octobre 2025, doit être présentée prochainement en séance publique, tandis que les études techniques avancent.
Dix ans de promesses, 15 000 habitants et une seule route pour relier le Sud du Mont-Dore au reste du pays.
Reçue au Congrès, l'Association Citoyen Mondorien remet le viaduc au centre du jeu.
Au Congrès, l'ACM change de braquet
L'Association Citoyen Mondorien ne lâche rien. Elle vient d'être reçue par Virginie Ruffenach, Présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, pour un échange centré sur un seul dossier : la voie de développement du Sud du Mont-Dore, et la proposition de résolution qui l'accompagne au Congrès.
Deux enseignements sont ressortis de la rencontre.
Le premier est simple. Les études techniques avancent, mais elles ne suffiront pas. Ce qu'il faut désormais, c'est un dossier financier solide et documenté sur l'ensemble de l'opération. Sans lui, le projet ne pourra pas poursuivre son chemin.
Le second tient en une phrase : la résolution sera présentée prochainement en séance publique.
Une résolution qui attend son heure depuis juin
Ce texte n'est pas nouveau. Déposé en octobre 2025, il demande à l'État de prendre en charge le financement et la maîtrise d'ouvrage du projet, chiffré autour de 60 milliards de francs, au motif que le coût dépasse les capacités financières des collectivités locales.
Il était inscrit à l'ordre du jour en juin. Il n'a jamais été examiné. La séance du Congrès prévue pour le voter a été annulée, au grand dam de Mondoriens qui attendent ce viaduc depuis dix ans.
Pour les habitants, ce report a eu un goût amer. Car la question n'a rien d'abstrait. Barrages, verrous de gendarmerie, route à horaires : de la mi-mai 2024 à début février 2025, la RP1 n'a pas pu être empruntée librement au Mont-Dore. Huit mois et demi pendant lesquels des familles entières ont vécu au rythme d'un axe unique, fermé par la violence.
Les Mondoriens ne réclament pas de privilège. Ils demandent le droit de circuler, comme n'importe quel Calédonien. Les quartiers sud du Mont-Dore comptent plus de 15 000 habitants et plusieurs activités économiques essentielles pour la Nouvelle-Calédonie. Une seconde voie éviterait qu'une fermeture de la RP1 n'isole totalement le Sud du Mont-Dore et Yaté.
2026, l'année où le dossier s'est remis en mouvement
Longtemps qualifié de serpent de mer, le projet a pourtant bougé cette année. Et pas qu'un peu.
En mai, la province Sud a franchi une étape concrète. Un appel d'offres référencé DAEM-APC-08-26 a été publié le 26 mai 2026, avec un dépôt des candidatures fixé au 20 juillet. L'État s'est engagé à verser 60 millions de francs dans ces études préalables, financées via le contrat de développement avec la province Sud. L'ouvrage envisagé, long de 4,1 km, relierait la pointe Babin, à Boulari, à La Coulée ; le cabinet retenu devra notamment inventorier les espèces protégées et la composition des fonds marins.
Puis la mairie s'en est mêlée. Créé le 11 juin par délibération municipale, le comité consultatif sur la deuxième route du Mont-Dore s'est réuni pour la première fois le 27 août, autour de la maire Nina Julié, avec l'État, le gouvernement, la province Sud, les mairies du Mont-Dore et de Yaté, les acteurs économiques, les associations et les coutumiers. Une première : jamais toutes les parties n'avaient été réunies autour de la même table.
Le constat, lui, reste sévère. Présent à la réunion, le grand chef du Mont-Dore, Adolphe Moyatea, a résumé la situation : « aujourd'hui, il n'y a rien de concret ».
Deux jours plus tôt, le CESE avait mené, le 25 août, ses premières auditions sur l'accès sûr et permanent au Sud du Mont-Dore et à Yaté, à la suite d'une pétition d'au moins 400 signatures.
Les obstacles sont connus. Le coût, estimé entre 40 et 60 milliards de francs, pèse lourd au regard de l'état des finances locales et nationales, et l'impact environnemental suscite des interrogations. Roch Wamytan, grand chef du district de Pont-des-Français, dont dépend Saint-Louis, s'oppose au viaduc.
Côté soutiens, le combat a gagné un relais politique. Florent Perrin, ancien président de l'ACM et promoteur du projet, a été élu à l'assemblée de la province Sud sous l'étiquette Les Loyalistes.
Reste l'essentiel : le chiffrage et le financement. C'est précisément le point mis en avant lors de l'échange avec la Présidente du Congrès. L'ACM, de son côté, poursuit ses rencontres avec les institutions concernées pour suivre l'avancement du dossier et tenir les habitants informés des prochaines étapes.
Le Sud du Mont-Dore attend. Depuis trop longtemps.
(Crédit photo : Congrès de la Nouvelle-Calédonie)


