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Au delà du récif

Retraites : ce que proposent les candidats à la présidentielle

30 septembre 2026 à 13:00
5 min de lecture
Retraites : ce que proposent les candidats à la présidentielle

Résumé IA

Le JDD passe en revue les propositions retraites des candidats à la présidentielle de 2027. Marine Le Pen prévoit un âge légal à 62 ans, Éric Zemmour à 64 ans avec capitalisation, et Bruno Retailleau propose un âge minimum à 63 ans lié à l’espérance de vie.

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À l'approche de 2027, le JDD décortique les programmes des différents candidats sur les thématiques phares de l'élection. Cette semaine, focus sur un débat électrique : les retraites.

Quentin Gérard 29/09/2026

Certains candidats à la présidentielle lors du débat du Medef.

Certains des candidats à la présidentielle lors du débat du Medef. © Telmo Pinto/NurPhoto via AFP

Le système de retraites est-il l’éléphant au milieu de la pièce du débat sur les finances publiques ? Alors que l’heure est à la réduction du déficit pour stabiliser la dette de l’État, il représente une part considérable des dépenses : 420 milliards d’euros, soit 25 % du total. Dans les années qui viennent, son coût ne cessera de croître : il y aura de plus en plus de retraités et de moins en moins d’actifs. Ce qui en fait un sujet aussi primordial qu’inflammable. Tour d’horizon des propositions des candidats à la présidentielle.

Marine Le Pen : âge légal à 62 ans

Pendant plusieurs mois, lorsque personne ne savait qui de Marine Le Pen ou Jordan Bardella serait candidat à la présidentielle, la ligne du Rassemblement national n’était pas tranchée sur les retraites. La décision judiciaire du 7 juillet a permis d’y voir plus clair : Marine Le Pen se lancera à l’assaut de 2027. C’est donc sa réforme qui figurera dans le programme du parti.

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Elle a affirmé cette position lors du débat devant le Medef fin août. La cheffe des députés RN prévoit 42 années de cotisation (contre 43 ans dans la réforme Borne) et 62 ans pour pouvoir prendre sa retraite. Pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans, ils pourront partir avec 40 annuités à 60 ans. Elle évalue son coût à 9 milliards d’euros par an, contre 35 milliards pour l’Institut Montaigne.

Éric Zemmour : âge légal à 64 ans et capitalisation

Officiellement, Éric Zemmour n’a pas encore présenté son projet pour la présidentielle. En 2022, le patron de Reconquête défendait le report progressif de l’âge légal à 64 ans d’ici 2030, accompagné d’une augmentation d’un an de la durée de cotisation. Il gardait le maintien de départs anticipés pour les carrières longues et pénibles. Mais aussi les bonus et malus pour dissuader les entreprises de licencier les seniors. Dans son livre Le Casse du siècle (éditions Fayard), l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo propose de son côté d’ajouter progressivement une part de capitalisation et suggère de financer la transition des cotisations par la baisse des dépenses publiques.

Bruno Retailleau : lier l’âge de départ à l’espérance de vie

Le candidat des Républicains n’a, pour sa part, pas tardé à présenter sa réforme. Bruno Retailleau souhaite fixer l’âge minimum à 63 ans, avec une décote de 7 % par an en cas de départ avant ce seuil. Avec son plan, l’âge du taux plein passerait à 65 ans, contre 67 ans actuellement.

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Il ne serait cependant pas définitif : l’ancien ministre de l'Intérieur veut instaurer un mécanisme liant l’âge de départ à taux plein et l’espérance de vie. À l’instar de Sarah Knafo, il entend développer la retraite par capitalisation. Selon lui, cette réforme doit permettre de sauver la retraite par répartition et de générer 40 milliards d’économies en cumulé sur cinq ans.

Édouard Philippe : âge légal à 65 ans

« L’homme de la retraite à 67 ans » propose finalement de partir à… 65 ans. La gauche prenait plaisir à le surnommer ainsi depuis son entretien à Challenges, en 2021, dans lequel il évoquait un âge de départ à 65, 66 ou 67 ans. Fin septembre, dans une vidéo publiée sur YouTube, Édouard Philippe a mis fin aux spéculations : il propose donc un âge de départ minimum à 65 ans, accompagné d’une durée de cotisation à 45 ans. Le maire du Havre veut atteindre ce seuil en moins de 10 ans. Toutefois, il précise que l’âge de départ des personnes en situation de handicap restera à 55 ans, pour celles ayant une incapacité permanente à 60 ans et pour les personnes en invalidité à 62 ans. Il souhaite aussi un volet de capitalisation.

Gabriel Attal : suppression de l’âge légal

Le candidat Renaissance se pose à rebours des autres prétendants avec une mesure phare : la suppression de l’âge légal de départ. L’ancien Premier ministre entend faire reprendre le calendrier de la réforme Borne de 2023 jusqu’à son terme en 2030. Ensuite, un système universel serait instauré fondé sur la seule durée de cotisation. Le principe est simple : plus une personne partirait tard, plus sa pension serait élevée. Et vice-versa. Gabriel Attal défend aussi l’introduction d’une part de capitalisation.

Raphaël Glucksmann : abrogation de la réforme Borne

Le principal candidat du camp social-démocrate, à ce stade encore engagé dans la primaire du Parti socialiste et de Place publique, entend abroger la réforme Borne de 2023 qui prévoit de décaler l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Raphaël Glucksmann semble vouloir tenir davantage compte de la pénibilité, des carrières hachées et des différences d’espérance de vie en bonne santé. De son côté, l’autre potentiel candidat social-démocrate, François Hollande, propose un âge légal à 63 ans et de faire évoluer la durée de cotisation en fonction de l’espérance de vie.

Jean-Luc Mélenchon : âge légal à 60 ans

Comme Raphaël Glucksmann, le tribun veut abroger la réforme Borne. Mais le candidat de La France insoumise n’entend pas s’arrêter là. Jean-Luc Mélenchon souhaite ensuite ramener rapidement l’âge légal vers 60 ans, avec 40 années de cotisation. L’ancien sénateur socialiste proposait déjà cette réforme en 2022. À l’époque, l’Institut Montaigne avait évalué son coût à plus de 85 milliards d’euros chaque année.