Quand les flammes progressent, ce ne sont pas les discours qui protègent les maisons, mais la prévention concrète.
Face à une réalité climatique brutale, l’État remet la responsabilité individuelle au cœur de la sécurité collective.
Une campagne nationale face à un constat alarmant
Le message est clair, assumé et sans détour. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, ont lancé officiellement la campagne nationale 2026 sur les obligations légales de débroussaillement.
En toile de fond, un chiffre qui glace. En 2025, près de cent quatre-vingt-dix constructions ont été sévèrement endommagées ou détruites par des incendies de forêt ou de végétation. Un record noir, le pire bilan enregistré depuis plusieurs décennies. Loin des fantasmes climatiques abstraits, les analyses post-incendies livrent une vérité dérangeante : 90 % des maisons détruites se situaient sur des terrains non débroussaillés ou mal entretenus.
Autrement dit, dans une immense majorité des cas, la catastrophe n’était pas une fatalité. Le débroussaillement, lorsqu’il est correctement réalisé, constitue l’un des leviers les plus efficaces de protection des habitations et de limitation de la propagation des feux. Ce constat factuel a conduit le gouvernement à assumer une ligne de fermeté : l’information et la responsabilisation priment sur la culture de l’excuse.
Les obligations légales de débroussaillement, une responsabilité trop ignorée
Les obligations légales de débroussaillement, dites OLD, existent depuis des années. Pourtant, elles restent largement méconnues, voire volontairement négligées. Le rappel est sans ambiguïté : débroussailler n’est ni une option ni une recommandation morale, c’est une obligation légale.
Elles concernent les propriétaires de bâtiments situés à l’intérieur ou à moins de deux cents mètres de zones boisées classées à risque d’incendie. Le principe est simple et rationnel : créer autour de l’habitation une ceinture de sécurité capable de réduire l’intensité du feu, d’en ralentir la progression et de faciliter l’intervention des secours.
Débroussailler, c’est aussi protéger les sapeurs-pompiers, trop souvent exposés à des situations rendues incontrôlables par le laxisme ou l’imprudence. Là encore, le discours gouvernemental tranche avec les logiques victimaires : chacun est comptable de l’entretien de son terrain.
Avec le changement climatique, les incendies ne sont plus cantonnés aux mêmes territoires. En réponse à cette évolution objective, la liste des départements soumis aux OLD est passée de 43 à 48 en 2025, représentant désormais près de sept mille quatre cents communes concernées. Une extension fondée sur les données de terrain, pas sur l’idéologie.
2026, l’année de la prévention assumée et des gestes concrets
La campagne nationale de sensibilisation se déroulera du 5 janvier au 15 février 2026, ciblant en priorité les habitants des territoires exposés. Le calendrier n’a rien d’arbitraire. L’hiver est la période la plus favorable pour réaliser les travaux de débroussaillement : végétation moins dense, meilleure visibilité, interventions plus efficaces.
C’est durant cette période que doivent être menées les opérations les plus lourdes : broyage des buissons, coupes d’arbres lorsque la réglementation l’impose, élagage structurant. Le gouvernement insiste sur un point clé : anticiper vaut toujours mieux que reconstruire.
Neuf actions essentielles sont rappelées dans le cadre de cette campagne :
– couper la végétation buissonnante autour des constructions ;
– supprimer les branches en contact avec les bâtiments, voire les arbres trop proches lorsque cela est obligatoire ;
– élaguer les arbres conservés ;
– retirer les arbustes sous les arbres ;
– éloigner les végétaux décoratifs des habitations et éviter les paillages inflammables ;
– limiter et éloigner les haies ;
– nettoyer régulièrement les gouttières ;
– mettre à distance les réserves de bois et de combustibles ;
– évacuer les résidus végétaux en déchetterie.
Pour connaître précisément les règles applicables localement, les autorités rappellent qu’il convient de se rapprocher de sa mairie ou de consulter le site internet de la préfecture. L’information est disponible, accessible et opposable.
Dans un contexte de multiplication des incendies, la prévention n’est plus une option idéologique mais une exigence républicaine. En lançant cette campagne 2026, l’État assume une ligne claire : protéger les vies, les biens et le territoire passe par le respect des règles, la responsabilité individuelle et la fin de l’improvisation.


















