Ancien ministre de la Fonction publique et du Logement, député expérimenté et membre de la délégation parlementaire venue en Nouvelle-Calédonie, Guillaume Kasbarian livre une analyse sans filtre de la situation calédonienne. Libéral assumé, attaché à la clarté républicaine, il trace une ligne nette : un État fort sur ses compétences régaliennes, responsable sur le plan économique, et irréprochable sur les principes démocratiques. Un discours structuré, exigeant, mais profondément politique.
Un État fort là où il doit l’être : les missions régaliennes
Pour Guillaume Kasbarian, la priorité ne souffre d’aucune ambiguïté. L’autorité de l’État se justifie avant tout par sa capacité à remplir ses missions fondamentales.
La force de l’État doit être concentrée sur ses missions régaliennes : la sécurité, la justice, la défense, les affaires étrangères. C’est le cœur du sens de l’État et de la démocratie libérale.
Cette vision d’un État recentré, ferme et lisible, s’inscrit dans une logique de responsabilité : là où l’État agit, il doit le faire pleinement, sans hésitation ni flou politique.
Économie insulaire : réguler sans étouffer
Sur le terrain économique, le député reconnaît la spécificité calédonienne. Une économie insulaire, éloignée, avec peu d’acteurs et des coûts structurels élevés, ne peut fonctionner comme un marché métropolitain classique.
La Nouvelle-Calédonie n’est pas dans une situation de concurrence pure et parfaite. Dans ces cas-là, l’État doit intervenir pour réguler, protéger le consommateur et éviter les monopoles.
Pour autant, cette intervention doit rester intelligente et ciblée. Guillaume Kasbarian assume une préférence claire pour les mécanismes de prêts plutôt que pour la subvention systématique.
Prêter de l’argent responsabilise davantage que subventionner sans modèle économique derrière. Sinon, on dépense à perte, avec l’argent des autres.
Dépense publique : la fin des illusions
Interrogé sur l’attente d’un plan massif de l’État, l’ancien ministre se montre particulièrement ferme. La dépense publique ne peut pas, à elle seule, reconstruire une économie.
Dépenser de l’argent public dans un modèle économique qui ne fonctionne pas, ce n’est pas de la relance, c’est de la dépense à perte. Et ce sont toujours les contribuables qui payent.
Il met en garde contre la facilité politique des promesses budgétaires et plaide pour une logique économique vertueuse : entreprises compétitives, création d’emplois, retour sur investissement et responsabilité collective.
Attractivité, fiscalité et infrastructures : les vrais leviers
Pour Guillaume Kasbarian, le développement passe d’abord par des fondamentaux solides.
Une fiscalité attractive, une main-d’œuvre formée, des infrastructures efficaces, une énergie abondante et fiable : voilà ce qui donne envie aux investisseurs de venir, pas des chèques financés par l’impôt.
Le rôle de l’État est donc de créer un cadre favorable, stable et lisible, afin que l’investissement privé puisse prendre le relais et générer une croissance durable.
Démocratie : une ligne rouge assumée
C’est sans doute sur le terrain démocratique que le ton devient le plus tranchant. Le député n’élude pas la question du droit de vote et parle ouvertement de scandale.
Des personnes nées ici, françaises, qui paient des impôts et participent à la vie du territoire, mais qui ne peuvent pas voter : c’est un scandale démocratique absolu.
Il rappelle que les Calédoniens se sont prononcés à trois reprises et s’étonne de voir ce sujet encore repoussé à Paris.
Quand on est démocrate et républicain, on ne peut pas s’accommoder de citoyens exclus du droit de vote. Ça devrait scandaliser tout le monde.
Un message direct aux Calédoniens
En conclusion, Guillaume Kasbarian quitte le registre institutionnel pour s’adresser directement aux habitants.
Croyez en vous. Votre territoire a un potentiel incroyable, et chacun d’entre vous aussi. Ce potentiel, il ne demande qu’à s’exprimer.
Un message simple, volontairement optimiste, mais assorti d’une exigence claire : pour que ce potentiel se transforme en réussite, l’État comme les responsables politiques devront être à la hauteur des principes républicains qu’ils revendiquent.


















