Bougival : le moment où Georges Naturel a bifurqué

Après avoir défendu Bougival et soutenu le report des provinciales, le moment de vérité arrive… et le cap change.
Bougival assumé, le report défendu
Pendant des mois, Georges Naturel a défendu l’accord de Bougival. Il expliquait que le dialogue devait se poursuivre, que la stabilisation institutionnelle était indispensable et que le territoire avait besoin d’apaisement après les tensions des dernières années.
Lors du vote sur la loi organique reportant les élections provinciales, il insistait sur la nécessité de donner du temps au processus. Ce délai supplémentaire devait, selon lui, permettre de consolider la paix civile et de préciser sereinement les contours de l’accord. Le report électoral était présenté comme une condition politique pour laisser Bougival produire ses effets.
Le cap semblait clair : accompagner l’accord, sécuriser le calendrier, éviter une nouvelle rupture.
Le moment constitutionnel… et le basculement
Au Sénat, le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie est adopté par 215 voix contre 41. Ce texte n’est pas accessoire. Il constitue la traduction juridique de Bougival dans la Constitution, autrement dit l’étape qui transforme un accord politique en cadre institutionnel durable.
C’est précisément à ce moment-là que Georges Naturel choisit de s’abstenir.
La séquence interpelle. Celui qui expliquait qu’il fallait du temps pour mettre en œuvre l’accord prend ses distances au moment de lui donner sa base constitutionnelle. Celui qui défendait la stabilisation refuse de s’engager pleinement lorsque la stabilisation passe par un vote décisif.
On peut invoquer des réserves techniques. On peut parler de prudence. Mais politiquement, le signal envoyé est celui d’un virage net. Entre le soutien affiché au processus et l’abstention au moment clé, la cohérence devient difficile à défendre.
L’Assemblée nationale face à la clarification
Le texte arrive désormais à l’Assemblée nationale. Si les députés l’adoptent dans les mêmes termes, il pourra ensuite être soumis au Congrès du Parlement, où la majorité des trois cinquièmes sera nécessaire pour réviser la Constitution.
C’est là que la séquence change d’échelle. Le débat n’est plus seulement local, il devient national.
Dans un territoire encore fragile, où l’économie peine à redémarrer et où la confiance reste précaire, la question n’est pas théorique. Elle est politique et institutionnelle. Soutenir un accord implique d’assumer le moment où cet accord devient contraignant juridiquement.
L’abstention de Georges Naturel restera comme un marqueur de cette étape. Elle pose une interrogation simple : s’agissait-il d’un soutien de principe, ou d’un engagement prêt à aller jusqu’au bout ?
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