Fracture numérique : la contre-attaque concrète

Ils dormaient dans des placards d’entreprises ou prenaient la poussière dans les bureaux administratifs.
En 2026, ces ordinateurs deviennent une arme concrète contre la fracture numérique en Nouvelle-Calédonie.
Une initiative locale, concrète et efficace
La Grande Collecte Numérique n’est pas une opération de communication. C’est un dispositif structuré. Contribuer. Collecter. Trier. Reconditionner. Redistribuer.
Le principe est simple : les entreprises et collectivités donnent leurs ordinateurs et matériels numériques jugés obsolètes. Ces équipements sont ensuite triés par des bénévoles mobilisés dans le cadre de l’opération, puis confiés à des professionnels du reconditionnement avant leur redistribution aux structures sélectionnées.
L’initiative est portée par le cluster numérique OPEN NC, en partenariat avec le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Elle vise à équiper à moindre coût les associations qui accompagnent des Calédoniens éloignés du numérique.
L’idée naît en 2023, après une rencontre entre Maeva Leroux et Mehdi Hassouni. Une commission « Numérique inclusif et durable » est créée au sein d’OPEN NC pour répondre à un double enjeu : réduire la fracture numérique et limiter la pollution liée aux déchets électroniques.
Résultat dès la première édition : plus de 200 ordinateurs collectés, dont une centaine redistribués à 27 associations engagées dans l’inclusion numérique. Une logique de responsabilité sociale qui valorise aussi les politiques RSE des entreprises participantes.
En 2026, l’opération revient avec une ambition décuplée.
900 matériels collectés : des chiffres qui parlent
Au 11 février 2026, plus de 900 appareils ont déjà été collectés.
Parmi eux, 738 ont été triés, et 546 sont prêts à être traités par trois professionnels du reconditionnement : Repar Media Store, Shop-Moi-Ça et Kass Pas L'PC.
Déjà, 154 matériels sont prêts à être redistribués dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt ouvert du 16 février au 30 mars.
Le dispositif bénéficie du soutien d’acteurs publics comme la Province Sud, l’ADEME ou encore Station N, ainsi que d’entreprises privées telles que SLN, OPT et Exodata.
Selon Mehdi Hassouni, « l’effet de levier est maximal ». Les équipements redistribués permettent à des structures aux moyens limités d’offrir un accès sécurisé au numérique, avec accompagnement.
Chaque matériel est tracé, chaque numéro de série suivi. Le traitement est sécurisé. Les données sont protégées. Le sérieux technique est au cœur du dispositif.
Inclusion numérique : agir plutôt que se plaindre
En Nouvelle-Calédonie, l’illectronisme et l’exclusion numérique touchent encore de nombreux publics. Associations, structures d’intérêt général et acteurs de l’ESS sont en première ligne.
La Grande Collecte Numérique apporte une réponse pragmatique : réemploi plutôt que gaspillage, responsabilité plutôt que subvention sans contrôle, action plutôt que discours.
L’opération soutient également une filière locale du reconditionnement. Elle favorise la création d’activité, valorise les compétences techniques du territoire et participe à la réduction des déchets électroniques.
Après une pause en 2024, l’édition 2026 marque un retour structuré et soutenu. L’objectif n’est pas symbolique : il est opérationnel.
Ce dispositif fédère des bénévoles, des institutions et des entreprises autour d’un objectif commun. Avec un budget limité mais une mobilisation forte, il démontre qu’une politique publique efficace repose sur la coopération et la responsabilité partagée.
La Grande Collecte Numérique 2026 s’inscrit ainsi dans la vision d’une Nouvelle-Calédonie moderne, tournée vers l’innovation, la solidarité active et la valorisation des ressources existantes.
Pas de promesse creuse. Pas de posture victimaire. Simplement des ordinateurs qui changent de mains et des vies qui changent de trajectoire.

