Je me suis réveillé et le Sénat votait pendant qu’on dormait

Je me suis réveillé.
Et j’ai regardé l’heure. 0 h 30.
Pendant qu’on dort, le Sénat examine le projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie.
L’accord de Bougival. L’accord Élysée-Oudinot.
Direction la Constitution si le texte passe.
Vingt-quatre amendements.
Une motion d’irrecevabilité.
Une motion de rejet.
Bref, ça discute pendant que nous on compte les heures.
Et puis Paul Néaoutyine sort du silence.
Interview au Monde. Communiqué officiel.
Opposition totale.
Il parle de fédéralisme.
De partition.
De rupture avec l’accord de Nouméa.
Et surtout… il rappelle qu’il a lui-même négocié le gel du corps électoral en 2003 avec Jacques Chirac.
Petit détail. Gros aveu.
Donc non, ce n’était pas écrit noir sur blanc en 1998.
C’était politique. Négocié.
Ajouté après.
Forcément, ça fait réagir.
Ça fragilise certains.
Ça conforte d’autres.
Et à trois semaines des municipales, personne ne parle pour rien.
Pendant ce temps-là, dehors, vigilance orange.
Pluie. Orages. Routes coupées.
Radiers sous l’eau.
En mer, la campagne de prélèvement de requins tigres et bouledogues reprend.
La Province Sud et la mairie assument.
Ensemble pour la planète annonce un nouveau recours.
Le débat revient, comme les nuages.
Et au milieu de tout ça, la filière nickel lance sa campagne « C’est nickel ».
Capsules vidéo. Fiches pédagogiques.
Objectif affiché : lutter contre les idées reçues.
Reprendre la main sur le récit.
Et pendant que la politique s’écharpe, que la pluie tombe et que les textes passent au Sénat…
Le miel calédonien décroche des médailles d’or.
Tiga Sport connaît ses adversaires en Ligue des champions d’Océanie.
La vie continue.
Même quand l’Histoire s’écrit en pleine nuit.
Bref.

