Nouvelle-Calédonie : le Sénat adopte l’accord de Bougival, Georges Naturel s’abstient

Nouvelle-Calédonie : le Sénat valide l’accord, mais un sénateur calédonien choisit l’abstention. Un vote décisif… et un signal politique qui ne passe pas inaperçu.
Un vote clair au Sénat… sans l’adhésion pleine du sénateur calédonien
Le Sénat a adopté le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie par 215 voix contre 41. Ce texte, issu de l’accord de Bougival complété par l’accord Élysée-Oudinot, ouvre la voie à la création d’un État de Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française.
Pour le gouvernement, il s’agit d’une étape structurante après des années de tensions institutionnelles. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé que « le statu quo n’est pas une option viable » et que cet accord représente « ce que nous avons fait émerger collectivement de mieux ».
Mais un élément a retenu l’attention : le sénateur calédonien Georges Naturel s’est abstenu lors du scrutin.
Dans un vote qui engage l’avenir institutionnel du territoire, cette abstention n’est pas neutre. Elle intervient alors même que la majorité sénatoriale de droite et du centre a largement soutenu le texte.
Une abstention politiquement significative
Membre du groupe LR et non-indépendantiste, Georges Naturel a exprimé des réserves sur la solidité juridique et les modalités d’application du texte. Il a évoqué les « difficultés à rassembler » et souligné les incertitudes entourant la future loi organique.
Pour autant, son choix de ne pas voter contre mais de s’abstenir traduit une position intermédiaire : ni rejet frontal, ni soutien assumé.
Dans un moment où la clarification institutionnelle est attendue par une grande partie des acteurs économiques et sociaux, cette abstention pose question. Elle marque une distance à l’égard d’un accord que le gouvernement présente comme une sortie responsable de crise.
À l’inverse, la majorité sénatoriale a fait le choix d’accompagner le processus, considérant que l’accord constitue aujourd’hui le seul cadre structuré sur la table.
Un pacte économique massif pour sécuriser l’avenir
Au-delà du volet constitutionnel, le texte s’inscrit dans un pacte de refondation économique de 2 milliards d’euros sur cinq ans. L’État prévoit 330 millions d’euros pour renforcer l’attractivité, ainsi qu’un soutien conditionné de 500 millions d’euros à la filière nickel en 2026.
Dans un territoire fragilisé par les émeutes de mai 2024 et la crise industrielle, ce soutien représente un levier majeur de stabilisation.
Le texte devra désormais être approuvé à la majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès. L’enjeu dépasse les équilibres locaux : il engage la crédibilité nationale du processus.
Le vote du Sénat constitue une avancée institutionnelle claire.
Mais l’abstention de Georges Naturel restera comme l’un des faits politiques marquants de cette séquence. Dans un moment de clarification historique, chaque position compte.
La bataille du Congrès s’annonce désormais décisive.

