Nouméa : après les émeutes, l’économie parallèle s’installe

Depuis les émeutes de 2024, la Nouvelle-Calédonie tente de retrouver un équilibre fragile. Mais à mesure que les mois passent, un phénomène prend de l’ampleur, notamment depuis la fin de l’année 2025 et le début 2026 : la multiplication des vols en centre-ville et la revente sauvage de produits en tout genre.
Dans les rues de Nouméa, aux abords des commerces et sur certains trottoirs, une économie parallèle s’est installée. Fruits, légumes, porte-clés, écharpes, bracelets, crèmes, chocolats… les étals improvisés proposent « tout et n’importe quoi », souvent à des prix défiant toute concurrence.
Des vols en hausse dans le centre-ville
Des commerçants du centre-ville évoquent une recrudescence des larcins.
On voit bien que depuis quelques mois, les vols se multiplient
confie un gérant de boutique.
Ce sont des petits vols répétés qui finissent par peser lourd
Si aucune donnée chiffrée n’est avancée ici, le ressenti est partagé par plusieurs professionnels : le centre-ville serait plus exposé qu’auparavant aux vols et aux disparitions de marchandises.
Une revente à prix cassés dans la rue
Parallèlement, des ventes informelles se multiplient. Sur les trottoirs, dans des parkings ou à proximité des marchés, des particuliers proposent divers produits à des prix dérisoires.
On trouve des fruits et des légumes, soi-disant issus de leurs champs dans le Nord ou sur les îles
raconte une habitante.
Mais on voit aussi des crèmes, des chocolats, des accessoires encore emballés
Interrogés sur l’origine des produits, les vendeurs avancent différentes versions.
Certains disent que ça vient de leur ancienne entreprise, d’un dock qu’ils ont récupéré
rapporte un passant.
D’autres reconnaissent clairement que ça a été volé
Plus troublant encore, certains évoquent des marchandises issues des maisons et magasins pillés lors des émeutes.
On nous dit parfois que ce sont des choses récupérées lors de mai 2024
confie un commerçant.
Vendre pour manger
Derrière ces scènes, une réalité sociale apparaît.
Les gens vendent pour s’acheter à manger
résume un riverain. La revente à bas prix permet d’obtenir rapidement du liquide. Un vendeur rencontré sur un trottoir affirme :
On vend ce qu’on peut. Il faut bien vivre.
D’autres expliquent écouler « des restes d’activité » ou « des produits retrouvés ».
Un malaise persistant après 2024
Les émeutes de 2024 ont laissé des traces profondes. Magasins détruits, stocks pillés, entreprises fragilisées. Deux ans plus tard, le tissu économique reste marqué par ces événements.
Ce qu’on voit aujourd’hui dans la rue, c’est aussi la conséquence de ce qui s’est passé
Entre précarité, revente informelle et soupçons de produits issus de vols, la frontière est parfois floue. Mais une chose est certaine : dans le centre-ville comme dans certains quartiers, le phénomène est visible.
On ne peut pas faire comme si on ne voyait pas. La question, c’est combien de temps cela va durer
