Je me suis réveillé, le ciel et la politique chargés

Je me suis réveillé.
Et j’ai regardé le ciel.
Il pleuvait déjà dans ma tête.
Vigilance orange sur le nord.
Hienghène, Koumac, Koné, Voh…
Et Bélep aussi.
Plus de 500 millimètres en une semaine à Gouaro et Yaté.
Les sols sont saturés.
On nous parle d’un couloir dépressionnaire qui ne veut pas partir.
Et peut-être une dépression vers le Vanuatu.
Bref. On surveille les nuages comme on surveille un match serré.
Je me suis dit que ça allait être une journée grise.
Et puis j’ai vu l’église de Rivière-Salée pleine à craquer.
Le Quinze du Pacifique qui chante pour le premier dimanche du Carême.
Des militaires. Des familles.
Les 80 ans du retour du bataillon du Pacifique.
Des anciens. Des jeunes.
Un esprit d’équipe.
Un moment de mémoire.
Ça faisait du bien.
Pendant ce temps, à l’hippodrome, c’était fest-noz.
Crêpes. Galettes. Andro.
Une centaine de personnes qui dansent sous les lampions.
La Bretagne à Nouméa.
Et une partie des recettes pour la maison Gabriel Poindimié.
Comme quoi, même sous la pluie, ça peut être chaleureux.
Je me suis rappelé que la semaine ne sera pas si calme.
À Paris, le projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie arrive au Sénat.
Date limite pour déposer les listes des municipales.
Budget 2026 à Nouméa.
Budget aussi en Province Nord.
Et Prony qui met en route son unité d’assèchement à Lucy.
Ça s’agite en coulisses.
En métropole, le Salon de l’agriculture ouvre ses portes.
Les politiques défilent entre deux stands de fromages.
À un mois des municipales, tout le monde veut sa photo avec une vache.
Pendant qu’en Ukraine, ça bombarde encore.
Quatre ans de guerre bientôt.
Et la fatigue qui s’accumule.
Je me suis dit qu’au moins le sport allait nous réveiller.
Le XV de France peut rester invaincu.
Match contre l’Italie à 2 h 10.
Ça va piquer, mais on regardera quand même.
Antoine Kombouaré, lui, serait sur le point de revenir en Ligue 1 avec le Paris FC.
Nouvelle mission maintien.
Toujours le même défi.
Toujours la même combativité.
Et ici, le Néo City Trail a réuni plus de 1 200 coureurs à Tina.
Des frontales. Des sourires.
Des papillons dans les yeux, paraît-il.
Je me suis recouché avec une drôle d’impression.
Le ciel est lourd.
La semaine s’annonce décisive.
La mémoire est vivante.
La politique chauffe.
Le sport tient encore.
Et au-dessus de tout ça, la pluie continue de tomber.
Bref.

