Caries infantiles : l’ASS-NC passe à l’action

Depuis 2008, la prévention bucco-dentaire des enfants calédoniens est une priorité structurée et organisée.
La campagne de scellement des sillons dentaires, coordonnée par l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie, revient dans les écoles primaires du territoire.
Objectif : agir tôt, efficacement, gratuitement.
Car les premières molaires définitives apparaissent vers l’âge de 6 ans, précisément au moment de l’entrée en CP.
À cet âge, les enfants ne mesurent pas encore les enjeux d’hygiène dentaire.
Les parents, eux, savent qu’une carie mal soignée peut entraîner des complications lourdes.
La réponse est claire : prévenir plutôt que guérir.
Une méthode simple, efficace et validée depuis plus de 20 ans
Le scellement des sillons est une technique reconnue. Elle consiste à appliquer une résine protectrice sur les creux naturels des molaires.
La plupart des caries naissent précisément dans ces sillons. Ce sont des zones difficiles d’accès pour la brosse à dents, surtout chez les jeunes enfants.
Concrètement, le chirurgien-dentiste nettoie la dent. Il applique ensuite une fine couche de résine, comparable à un vernis protecteur.
La résine est durcie grâce à une lumière ultraviolette. Le geste est totalement indolore. Il ne nécessite ni anesthésie, ni intervention lourde.
La protection peut durer plusieurs années. Elle agit comme une barrière contre les bactéries responsables des caries.
La méthode est préconisée par la Haute Autorité de santé. Elle a fait ses preuves depuis plus de deux décennies.
Dans un territoire où l’accès aux soins peut parfois être complexe, cette prévention gratuite constitue un levier concret d’égalité sanitaire.
Une campagne gratuite, encadrée et coordonnée
La campagne s’adresse exclusivement aux élèves de CP. Condition indispensable : l’autorisation parentale.
L’ASS-NC déploie un cabinet dentaire mobile. Une caravane bucco-dentaire sillonne les écoles primaires.
Un dentiste et une assistante dentaire composent l’équipe. Ils interviennent directement dans les établissements. Les enfants sont examinés. Un bilan précis est réalisé. Les parents reçoivent un document détaillant l’état bucco-dentaire de leur enfant.
Si des soins sont nécessaires, les familles sont invitées à consulter un chirurgien-dentiste. Lorsque les molaires définitives sont présentes et saines, la résine de scellement est posée immédiatement.
En parallèle, des dentistes partenaires interviennent dans des cabinets provinciaux, mutualistes ou libéraux. Plusieurs structures participent à l’opération : la DASSPS Nord, la DACAS des Îles Loyauté, la DPASS Sud, la mutuelle du Nickel, la mutuelle des fonctionnaires et la CAFAT.
Les directions de l’enseignement – DENC, DEPIL, DEFIJ, DES, ASEE, DDEC, FELP – facilitent l’organisation logistique. Les mairies ouvrent les locaux et transmettent les listes scolaires.
Il ne s’agit pas d’une opération symbolique. C’est une coordination territoriale complète au service de la santé des enfants.
Éduquer, dépister, responsabiliser
La prévention ne se limite pas à l’application d’une résine. Les professionnels expliquent aux enfants comment se déroule la journée. Ils les familiarisent avec l’univers du cabinet dentaire.
À 6 ans, un enfant a encore besoin de l’aide de ses parents pour un brossage efficace. L’hygiène est donc évaluée.
Les équipes sensibilisent aux bonnes pratiques : au brossage régulier, aux gestes adaptés et à la vigilance alimentaire.
La campagne permet également de dépister : les lésions carieuses, les maladies bucco-dentaires, les malpositions dentaires, les défauts d’hygiène persistants.
Informer les parents est un axe central. Car la responsabilité sanitaire commence à la maison.
Dans un contexte où certains discours tendent à banaliser les renoncements aux soins, cette campagne rappelle une évidence : la prévention est un acte concret, mesurable, efficace.
La caravane bucco-dentaire fait d’ailleurs peau neuve. Un nouveau design, plus attractif, accompagne cette nouvelle tournée.
L’objectif est simple : aller au-devant des familles. Ne laisser aucun enfant à l’écart.
Fini les caries évitables. Fini les douleurs inutiles.
La campagne de scellement des sillons en Nouvelle-Calédonie démontre qu’avec de l’organisation, de la rigueur et un partenariat solide, la santé publique peut produire des résultats tangibles.
Prévenir à six ans, c’est éviter des traitements lourds à 12. Agir tôt, c’est protéger durablement. Et sur ce terrain-là, la Nouvelle-Calédonie avance.

