Salon de l’Agriculture : la revanche calédonienne

Après une année d’absence, la Nouvelle-Calédonie signe un retour remarqué au Salon international de l'Agriculture.
Un retour stratégique, assumé et organisé.
Portée par la province Sud, en partenariat avec la Chambre d’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie, la délégation calédonienne a réinvesti la porte de Versailles avec un objectif clair : défendre ses producteurs et affirmer la place du territoire dans la République agricole.
Dans un contexte économique fragile, cette présence à Paris n’a rien d’anecdotique.
Elle relève d’un choix politique : valoriser le travail, la production et l’excellence locale.
Réunies au sein du Village du Pacifique, sous l’égide de la Fédération des Chambres d’agriculture et de la pêche du Pacifique (FED-CAP), la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna ont uni leurs forces.
Une vitrine commune pour des terroirs singuliers.
Une alliance ultramarine tournée vers la performance et la visibilité.
Une vitrine stratégique pour les filières calédoniennes
Le stand calédonien n’a pas fait dans la figuration. Il a exposé le concret.
Viande de bœuf. Poisson fumé. Crevettes bleues. Saucisson de cerf.
Des produits identifiés, transformés, valorisés. Des filières structurées.
Les dégustations ont été sublimées par les élèves du lycée Escoffier, mobilisés aux côtés de leurs professeurs. Un symbole fort : transmission, excellence, formation.
Car derrière les produits, il y a des femmes et des hommes. Des exploitants. Des pêcheurs. Des transformateurs.
Cette présence au Salon international de l’Agriculture n’est pas folklorique. Elle est économique.
Elle vise à promouvoir les filières agricoles et agroalimentaires calédoniennes auprès des professionnels. À créer des débouchés. À nouer des contacts.
Dans une période où la Nouvelle-Calédonie cherche des leviers de croissance, l’agriculture demeure un pilier structurant.
Pas de posture victimaire. Pas de discours défaitiste. Mais une mise en avant du travail et du mérite.
Emmanuel Macron ouvre le bal côté Outre-mer
Le samedi 21 février, première journée du Salon, a été marqué par la venue du président de la République.
Emmanuel Macron a inauguré l’événement en débutant son parcours par les Outre-mer.
Un signal politique clair. Accompagné de la ministre chargée des Outre-mer, Naïma Moutchou, et de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, le chef de l’État s’est arrêté au stand calédonien.
Dégustation. Échanges. Mise en lumière.
Les métiers de l’alimentation, du service, des arts de la table, de la transformation et de l’agriculture sont des métiers d’avenir (…) ce sont des filières que nous voulons valoriser. Vous pouvez être très fiers, a déclaré le président de la République.
Des mots précis. Un soutien explicite aux producteurs et aux jeunes mobilisés.
La tradition du Salon a donc été respectée : le président inaugure, les territoires présentent, les filières démontrent.
La présence du chef de l’État au stand calédonien constitue un marqueur symbolique. Elle inscrit le territoire dans la dynamique nationale.
Rayonnement, unité et ambition pour le territoire
La journée a également été marquée par la visite de Miss Nouvelle-Calédonie, Juliette Collet.
Un soutien médiatique. Une visibilité supplémentaire. Mais au-delà des symboles, l’enjeu est structurel.
Le Village du Pacifique incarne une stratégie collective. Mutualiser les moyens. Valoriser les identités agricoles ultramarines. Peser davantage dans un événement d’ampleur internationale.
Le Salon international de l’Agriculture n’est pas une simple foire. C’est un carrefour économique, politique et médiatique.
Pour la province Sud et les professionnels engagés, il s’agit de rappeler que la Nouvelle-Calédonie produit, transforme et exporte.
Que ses filières agricoles ne sont pas marginales. Qu’elles sont organisées.
Qu’elles sont compétitives.
Dans une période où le territoire traverse des tensions économiques, cette présence parisienne envoie un message clair : la relance passera aussi par la terre et la mer.
L’agriculture calédonienne n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers l’avenir.
Formation des jeunes. Montée en gamme des produits. Structuration des filières.
Le premier jour sous les projecteurs aura donc été stratégique.
Visibilité politique. Reconnaissance nationale. Fierté professionnelle. Le stand calédonien a assumé son identité française et pacifique. Il a montré que les Outre-mer ne demandent pas la compassion, mais la considération.
Et au Salon international de l’Agriculture, la considération se gagne par le travail, la qualité et la constance.
La première journée est prometteuse. Reste désormais à transformer l’essai.
Pendant toute la durée du Salon, la délégation calédonienne entend poursuivre cette dynamique : rencontres professionnelles, valorisation des produits du terroir, promotion des savoir-faire.
À Paris, la Nouvelle-Calédonie a choisi d’exister par l’excellence. Et ce premier jour l’a clairement démontré.

