Les Sans-Vagues : quand la danse calédonienne défie le statu quo

À la frontière du hip-hop et du contemporain, la Compagnie Urban Evolution présentera le 14 mars au Théâtre de l’île une création puissante et engagée. Les Sans-Vagues n’est pas qu’un spectacle de danse : c’est une traversée artistique entre mémoire, résilience et identité.
Un peuple imaginaire qui aurait perdu son océan et qui, pour ne pas l’oublier, aurait imité la forme et le son des vagues. Voilà le point de départ de cette œuvre chorégraphique singulière. Comme le résume le dossier de presse, il s’agit de « l’histoire d’un peuple imaginaire qui, jadis, perdit son océan et qui, pour se rappeler la mer, imita la forme et le son des vagues » .
Une création entre tension et fluidité
Sur scène, cinq danseurs naviguent entre ondulation et rupture, dans un univers physique et sensible. Le spectacle est présenté comme « un conte chorégraphique hypnotique et viscéral qui révèle une mémoire fracturée et un fragile rétablissement » .
Le titre lui-même joue sur les mots : « Les Sans-Vagues » évoque à la fois le mouvement des corps, mais aussi l’expression politique « ne pas créer de vagues », soulignant la tension entre immobilisme et transformation .
À travers cette ambiguïté, la pièce interroge : comment vivre ensemble le deuil, la résilience et le désir de changement ? .
Charles Brecard, un retour aux sources
À la direction artistique, le chorégraphe calédonien Charles Brecard, installé à Montréal depuis 2013, revient sur le Territoire pour travailler avec les danseurs d’Urban Evolution .
Formé au Krump, Bboying, Popping, Locking et Hip-hop, il développe une approche appelée Fluidify, fondée sur la continuité du mouvement et les trajectoires circulaires . Son ambition : relier les danses urbaines, contemporaines et traditionnelles dans un vocabulaire commun.
À ses côtés, cinq interprètes reconnus sur la scène hip-hop et contemporaine locale : Anh Tuan « Krylin » Nguyen, Yoan Ouchot, Abel Djadam-Naperavoin, Malachie « Awaii » Arnasson et Solenn Wané . Leur cohésion est présentée comme un pilier du propos artistique.
Une identité culturelle assumée
Au-delà de la performance, le projet revendique une dimension culturelle forte. Selon le dossier, l’objectif est de « valoriser l’identité artistique du Territoire » et de renforcer les liens culturels au-delà du folklore et de la politique .
La scénographie, conçue par Lucile Bodin, repose sur un tapis de nattes tressées modulable, symbole de liens et de coutume kanak . Les costumes mêlent tenues locales et matières naturelles comme le pandanus séché ou la noix de coco, évoquant parfois des armures .
Le projet inclut également des actions de médiation culturelle, avec ateliers et rencontres autour de la culture calédonienne et kanak .
Infos pratiques
La représentation aura lieu le samedi 14 mars à 18h au Théâtre de l’île .
Durée : 1 heure.
À partir de 12 ans.
Tarif plein : 3 000 XPF ; tarif réduit (-22 ans) : 1 600 XPF .
Une répétition publique est prévue la semaine précédant la représentation, sur réservation .
Avec Les Sans-Vagues, Urban Evolution propose bien plus qu’un spectacle : une réflexion chorégraphique sur l’identité, la mémoire et la transformation collective. Une vague artistique qui, cette fois, ne cherche pas à rester silencieuse.
