Je me réveille… et la Calédonie gronde sous la pluie

Je me suis levé.
Il pleuvait.
Normal.
Et là, j’apprends qu’une nouvelle liste municipale débarque au Mont-Dore.
“Nous pour le Mont-Dore”.
Déjà, le nom me regarde droit dans les yeux.
C’est Petelo Sao, élu sortant, qui mène.
Soutenu par L’Éveil océanien.
Certains murmurent “liste communautaire”.
Lui dit “liste de convictions”.
Ils veulent se réconcilier.
Se rapprocher.
Écouter la jeunesse.
Mettre l’humain au cœur.
Trois priorités.
Quatre mots qui font sérieux.
Réconciliation.
Pardon.
Service public.
Jeunesse.
Moi je me dis que ça fait beaucoup de choses à réparer.
Mais ok.
Deux réunions publiques.
23 février.
12 mars.
On va parler.
On va écouter.
On va reconstruire.
Pendant ce temps, à Nouméa,
200 personnes marchent sous la pluie.
Pour Air Cal.
Parce que Magenta ne veut pas devenir Tontouta.
Les coutumiers bloquent les aérodromes.
Maré. Lifou. Ouvéa.
Menace de bloquer le 2 mars.
Ça parle de trouble à l’ordre public.
Ça parle de décision politique.
Ça parle de ras-le-bol.
Le Sénat coutumier écrit.
Le gouvernement promet une réunion.
La météo promet du vent à 75 km/h.
Ambiance.
Le Betico a un moteur fatigué.
Les rotations changent.
Comme les positions politiques.
Le CESE valide le plan chanvre.
L’État finance 160 millions pour des soignants.
Le Théâtre de l’Île dépense sa trésorerie pour sauver la culture.
La Fête du sport veut nous remettre en mouvement.
Tout le monde s’organise.
Tout le monde promet.
Tout le monde résiste.
Et moi je regarde tout ça.
Des listes.
Des marches.
Des blocages.
Des vigilances jaunes.
On veut se réconcilier.
Mais on menace de bloquer les pistes.
On veut rapprocher le service public.
Mais on éloigne les avions.
On veut mettre l’humain au centre.
Mais personne ne veut bouger d’un mètre.
C’est peut-être ça, la politique locale.
Beaucoup de “nous”.
Beaucoup de “pour”.
Et chacun son Mont-Dore.
Bref.
