Parcours optique : le SOLNC maintient la pression

Face à la pénurie d’ophtalmologistes, le Syndicat des opticiens-lunetiers salue une avancée du gouvernement mais réclame une réforme plus adaptée.
Une première avancée saluée, mais jugée insuffisante
Le Syndicat des Opticiens Lunetiers de Nouvelle-Calédonie (SOLNC) prend acte de l’évolution annoncée par le gouvernement sur le cadre législatif de l’accès aux soins ophtalmologiques.
Le syndicat estime que la mobilisation engagée a permis d’installer la question du parcours optique au cœur du débat public. La pénurie d’ophtalmologistes et les délais d’attente sont décrits comme une réalité préoccupante pour des milliers de Calédoniens. La pétition portée par le SOLNC a presque atteint le seuil requis pour être examinée par le CESE, fixé à 400 signatures.
Orthoptistes : une évolution positive mais limitée
Le gouvernement envisage d’élargir les compétences des orthoptistes pour fluidifier le parcours optique.
Le SOLNC considère cette mesure comme une avancée, mais rappelle que la Nouvelle-Calédonie ne compte que quatre orthoptistes, majoritairement concentrés dans l’agglomération nouméenne. Cette concentration territoriale limite, selon le syndicat, la portée effective de la réforme à l’échelle du pays. Il souligne également que le recrutement de professionnels extérieurs implique des délais, des coûts et une attractivité incertaine dans un contexte politique tendu .
Miser sur les ressources locales
Le SOLNC met en avant l’existence de ressources locales immédiatement disponibles.
La Nouvelle-Calédonie dispose d’un réseau structuré d’opticiens-lunetiers présents dans près de 30 points de vente sur le territoire. Le syndicat rappelle également la présence de médecins généralistes répartis sur l’ensemble du pays, ainsi que des compétences réglementairement reconnues pour la réalisation d’examens de vue et l’adaptation des corrections.
L’organisation défend une approche fondée sur la complémentarité : la prescription et l’autorisation de l’examen de vue relèveraient exclusivement du médecin, l’opticien intervenant uniquement sur orientation médicale et hors situation pathologique. Il ne s’agirait donc pas d’un transfert de compétence, mais d’une articulation encadrée destinée à fluidifier le parcours de soins.
Adapter la réforme aux réalités calédoniennes
Le communiqué insiste sur les spécificités du territoire : dispersion géographique, inégalités d’accès selon les provinces, attractivité médicale fragile et ressources spécialisées limitées.
Dans ce contexte, le syndicat estime que les décisions sanitaires doivent pouvoir s’adapter aux réalités locales, la compétence en matière de santé ayant été transférée au pays. Le SOLNC affirme qu’une mobilisation du réseau des opticiens permettrait d’apporter une réponse immédiate, équitable et sans surcoût pour le système de santé, tout en préservant le temps médical spécialisé pour les pathologies lourdes.
Le dialogue comme prochaine étape
Le syndicat a sollicité une audience auprès du cabinet de Claude Gambey afin d’engager un travail concerté avec l’ensemble des parties prenantes. Son président, Pierre-David Matan, affirme que l’objectif n’est pas d’opposer les métiers, mais d’organiser leur complémentarité au service des patients. La pétition demeure accessible via la plateforme du CESE, avec connexion obligatoire via NC Connect.
Le débat sur le parcours optique dépasse la simple organisation professionnelle. Il pose la question de l’accès aux soins visuels dans un territoire aux contraintes géographiques et médicales particulières. Entre ouverture aux orthoptistes et mobilisation du réseau d’opticiens, la réforme avance, mais le dialogue institutionnel reste ouvert.
