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Fortes pluies : la province Sud au chevet des agriculteurs sinistrés de Bourail

24 juillet 2026 à 16:55
5 min de lecture
Fortes pluies : la province Sud au chevet des agriculteurs sinistrés de Bourail
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Après les pluies diluviennes qui ont frappé le sud de la Grande Terre entre le 17 et le 20 juillet, Levay Roy, président de la commission provinciale du développement rural, s'est rendu ce vendredi 24 juillet dans plusieurs exploitations de Bourail durement touchées par les inondations. Sur les cultures de squash, les pertes atteignent jusqu'à 80 % dans certaines exploitations.

Les images parlent d'elles-mêmes : des parcelles gorgées d'eau, des rangs de pommes de terre noyés, des mois de travail anéantis en quelques heures. Les pluies exceptionnelles de la mi-juillet ont provoqué d'importantes crues, particulièrement à La Foa et Bourail, affectant principalement les cultures de pommes de terre et de squash. Le maïs, lui, a été relativement épargné.

C'est dans ce contexte que Levay Roy, accompagné de Stefan Poiwy, également membre de la commission du développement rural, est allé ce vendredi à la rencontre des producteurs de Bourail pour évaluer les dégâts, identifier les difficultés et réfléchir, avec eux, aux solutions permettant de relancer rapidement leur activité. Autour d'eux, l'ensemble du monde agricole avait répondu présent : la CAP-NC, le Crédit agricole, la BCI, la Caisse d'assurances mutuelles agricoles (CAMA), l'Agence rurale, France Calédonie Tropic Export, l'OCEF, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles de Nouvelle-Calédonie, la DAVAR, le Syndicat des producteurs de pommes de terre, la mairie de Bourail, le Technopole, la Coopérative de Bourail ainsi que l'Interprofession Fruits et Légumes.

Jusqu'à 80 % de pertes sur le squash

La saison fraîche constitue la principale période de production des cultures dites « encadrées », dont les débouchés sont garantis : pommes de terre, squashs et maïs. Or, ces cultures sont implantées sur des terres alluviales particulièrement exposées aux inondations.

Les premières estimations font état de pertes moyennes comprises entre 30 et 40 % pour les squashs et entre 25 et 30 % pour les pommes de terre, avec de fortes disparités selon les exploitations. À Bourail, les exploitations de Gary Roy, Roland Clemen, Rodrigue Hugeau et Yoann Terrier ont été particulièrement touchées. Sur les cultures de squash, les pertes atteignent jusqu'à 80 % dans certaines exploitations. Pour les pommes de terre, les dégâts sont plus contrastés, avec des pertes estimées entre 10 % et 70 % selon les parcelles.

Ces premiers chiffres devront toutefois être confirmés une fois les parcelles ressuyées et après évaluation de la capacité de reprise des cultures.

« Derrière chaque parcelle sinistrée, il y a des mois de travail, des investissements, des familles et parfois une année entière qui s'effondre en quelques heures », souligne Levay Roy à l'issue de la visite.

Des cultures de remplacement difficiles à trouver

Pour les producteurs, l'enjeu est désormais de compenser ces pertes. Mais les possibilités restent limitées. Il est trop tard pour semer de nouveau des squashs, le calendrier d'exportation vers le Japon ne permettant plus de mener une nouvelle campagne à son terme. La culture de pommes de terre n'apparaît pas davantage envisageable, les quotas de semences ayant déjà été attribués par l'OCEF. Quant au maïs, un nouveau semis conduirait à une récolte en pleine saison cyclonique, exposant les producteurs à un risque important de nouvelles pertes.

Parmi les pistes évoquées lors de la visite figure le développement de productions fourragères, avec l'accompagnement de l'Agence rurale. Une option qui offrirait aux exploitants une nouvelle source de revenus tout en répondant aux besoins des éleveurs, dans un contexte marqué par le risque de sécheresse lié au phénomène El Niño.

Prêts bonifiés, assurances : les dispositifs mobilisables

Pour les exploitants assurés, la CAMA pourra intervenir afin de compenser tout ou partie des pertes de chiffre d'affaires liées aux inondations. En complément des dispositifs susceptibles d'être mobilisés par la Nouvelle-Calédonie au titre des catastrophes naturelles, la province Sud pourra accompagner les exploitants grâce à plusieurs mesures de soutien, notamment des prêts de trésorerie à taux bonifié ainsi que des prêts d'honneur via Sud Relance. Selon les besoins identifiés, d'autres aides pourront également être envisagées, notamment pour la remise en état des parcelles ou l'achat de terre végétale.

« Le temps des constats est terminé »

Au-delà de l'urgence, Levay Roy entend faire de cette visite le point de départ d'une nouvelle méthode.

L'objectif n'était pas de faire une visite de plus. L'objectif était de constater la réalité, d'écouter ceux qui vivent de la terre et de préparer les décisions de demain,

explique l'élu, qui appelle à « sortir des oppositions stériles » : « L'agriculture, le consommateur et l'environnement ne sont pas des ennemis. Ils ont un destin commun. »

Concrètement, un groupe de travail sera créé, réunissant producteurs, institutions, banques, assurances, organismes techniques, scientifiques et représentants des consommateurs. Sa mission : construire une feuille de route avec des objectifs précis, des actions concrètes, un calendrier et des bilans d'étape.

Nous ne voulons plus de réunions sans lendemain. Nous voulons des résultats,

insiste le président de la commission du développement rural.

Les chantiers, eux, sont déjà identifiés : accompagner les exploitations sinistrées, adapter l'agriculture calédonienne au changement climatique, mieux gérer l'eau, protéger les sols et renforcer la souveraineté alimentaire du territoire. « Le temps des constats est terminé. Celui de l'action commence », conclut Levay Roy.

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