Gros malaise à l’UC après la claque des provinciales

L’UC joue gros à Bourail : derrière l’unité affichée, les tensions internes ressurgissent.
Après les provinciales, le vieux parti indépendantiste doit choisir sa stratégie avant la bataille du 19ᵉ gouvernement.
À Bourail, l’UC ouvre le dossier sensible des provinciales
L’Union calédonienne se réunit ce samedi 25 juillet depuis 8 heures à Bourail pour un comité directeur particulièrement attendu. Après le scrutin provincial du 28 juin dernier, le plus ancien mouvement politique néo-calédonien doit tirer les enseignements d’une séquence électorale qui n’a pas livré tous les résultats espérés.
Ce rendez-vous interne doit permettre aux cadres du parti indépendantiste d’analyser les performances des différentes listes UC-FLNKS engagées dans les trois provinces.
Dans le Nord notamment, le résultat de la liste conduite par Pascal Sawa devrait figurer parmi les principaux sujets de discussion. Si la liste UC-FLNKS a obtenu un résultat important dans cette province historiquement acquise au camp indépendantiste, elle n’a finalement pas remporté la présidence de l’assemblée de la province Nord.
La non-élection de Pascal Sawa à la présidence, mais aussi son absence des vice-présidences, pourraient alimenter les débats internes. Un épisode qui intervient dans un contexte où les équilibres au sein de l’Union calédonienne restent fragiles.
Car derrière l’image d’un parti historique, l’UC traverse depuis plusieurs mois une période de tensions entre différentes sensibilités. Rivalités de personnes, désaccords stratégiques et divergences sur la ligne politique du mouvement continuent de peser sur son fonctionnement.
Le comité directeur de Bourail sera donc aussi un moment de clarification pour une formation qui cherche à conserver son influence dans les institutions calédoniennes.
Les résultats des Îles Loyauté au cœur des discussions
Autre dossier majeur sur la table : le résultat obtenu dans la province des Îles Loyauté.
La liste UC-FLNKS menée par Mickaël Forrest a enregistré un recul en voix lors du scrutin provincial. Elle termine à égalité en nombre de sièges avec la liste conduite par Omayra Haisseline.
Un résultat qui devrait être examiné avec attention par les responsables du parti. La désignation même de Mickaël Forrest comme tête de liste avait suscité des contestations internes avant l’élection.
Sa proximité politique avec Christian Tein, figure du mouvement indépendantiste, avait notamment alimenté les critiques de certains militants et responsables locaux.
Pour l’UC, l’enjeu est désormais de comprendre les raisons de cette perte d’influence électorale dans un territoire où le parti possède historiquement une implantation forte.
La question de la méthode de désignation des candidats, de la représentation des différentes composantes du mouvement et de la stratégie électorale pourrait donc revenir au centre des échanges.
Au-delà des résultats bruts, c’est l’autorité de la direction actuelle qui pourrait être évaluée lors de ce comité directeur.
L’Union calédonienne doit également préparer la prochaine étape institutionnelle : la constitution du 19ᵉ gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Le choix stratégique du camp Kanaky pour tous avant le 31 juillet
Le troisième grand sujet attendu à Bourail concerne la liste Kanaky pour tous en vue de l’élection du futur exécutif calédonien.
Une commission exécutive de l’Union calédonienne s’est déjà réunie jeudi à Nouméa durant une grande partie de la journée afin de travailler sur les candidatures.
Cinq noms auraient été retenus à l’issue de cette réunion. Ils doivent désormais être présentés aux membres du comité directeur avant toute annonce officielle.
La désignation des représentants indépendantistes au gouvernement constitue une étape stratégique. Elle intervient alors que les différents groupes politiques du Congrès doivent déposer leurs candidatures avant samedi 25 juillet à minuit.
L’élection des membres du 19ᵉ gouvernement de Nouvelle-Calédonie est programmée vendredi 31 juillet à 9 heures, lors d’une séance solennelle du Congrès.
Dans ce contexte, plusieurs personnalités issues du camp Kanaky pour tous sont évoquées pour intégrer le futur gouvernement.
Parmi elles, Roch Wamytan et Gilbert Tyuienon figurent parmi les noms régulièrement cités pour rejoindre l’exécutif.
Les règles institutionnelles permettent également aux groupes politiques de présenter des candidats qui ne siègent pas directement au Congrès du boulevard Vauban.
Cette possibilité pourrait élargir le choix des formations politiques et rebattre les cartes dans les derniers jours avant l’élection.
À Bourail, l’Union calédonienne ne joue donc pas seulement son équilibre interne. Elle prépare aussi son positionnement dans les institutions pour la nouvelle mandature.
Après les provinciales du 28 juin, le parti doit désormais transformer ses résultats électoraux en influence politique réelle.
Une étape décisive alors que la Nouvelle-Calédonie entre dans une nouvelle phase institutionnelle et que chaque mouvement cherche à peser davantage dans les décisions à venir.
(Crédit photo : Union calédonienne)

