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Province Sud : les chiffres d'une collectivité qui tient

23 septembre 2026 à 11:43
6 min de lecture
Province Sud : les chiffres d'une collectivité qui tient

Résumé IA

L'assemblée de la province Sud, réunie ce mercredi 23 septembre, adopte une série de décisions : l'aide à la sécurisation des commerces devient permanente et un dispositif de volontariat international pour les jeunes est créé.

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Réunie ce mercredi 23 septembre, l'assemblée de la province Sud a pris une série de décisions qui engagent la collectivité bien au-delà de l'exercice : une aide à la sécurisation des commerces rendue permanente, un programme de participations de 20,7 milliards de francs pour maintenir à flot les ZAC de Dumbéa-sur-Mer et de Panda, un dispositif de volontariat international pour les jeunes, et une réponse argumentée au rapport de la Chambre territoriale des comptes sur les jeunes éloignés de l'emploi.

Derrière la diversité des sujets, une ligne : consolider ce qui fonctionne dans un territoire encore fragile, et préparer la reprise.

Deux ans après la crise, une économie encore sous tension

Les conséquences des événements de 2024 continuent de peser sur l'activité. Les entreprises doivent renforcer la protection de leurs locaux alors que leurs capacités d'investissement restent contraintes, et le ralentissement des ventes foncières fragilise l'équilibre financier des grandes opérations d'aménagement. C'est dans ce contexte que la province Sud a choisi, ce mercredi, de ne rien laisser tomber : ni les commerçants, ni les quartiers en construction, ni la jeunesse.

Sécurisation des commerces : une aide qui a fait ses preuves devient permanente

Créé en 2018, le dispositif provincial d'aide à la sécurisation des entreprises répond à une réalité que chaque commerçant connaît : un cambriolage, ce sont des locaux à remettre en état, du matériel à remplacer, une activité interrompue et des pertes sèches. La province prend en charge la moitié des dépenses éligibles, alarmes, vidéoprotection, volets roulants, portes renforcées, dispositifs anti-effraction ou éclairage périmétrique, dans la limite d'un million de francs par entreprise.

Le bilan parle de lui-même. Depuis 2018, 332 entreprises ont bénéficié de 113,5 millions de francs d'aides provinciales, pour 230,3 millions de francs d'investissements réalisés. Chaque franc public a donc entraîné un franc privé. Le commerce représente 63 % des aides versées. En 2026, la demande ne faiblit pas : 88 dossiers ont déjà été reçus, 16 ont été agréés et 53 sont en cours d'instruction.

Les exactions de 2024 ont accru les besoins de sécurisation au moment même où de nombreuses entreprises disposaient de moyens réduits. Le dispositif devait pourtant s'éteindre au 1er janvier 2027. L'assemblée a supprimé cette échéance : l'aide devient permanente, et un commerçant pourra désormais engager des travaux sans se demander si l'aide existera encore l'année suivante. Elle complète Sud Sécurité, lancé en février 2026 pour les logements des particuliers. Habitants et acteurs économiques sont désormais couverts par deux dispositifs qui se répondent.

Jeunesse Engagée du Pacifique : la province se donne son propre outil

Depuis 2022, la province Sud s'appuyait sur le programme national Territoires Volontaires et sur France Volontaires pour proposer à de jeunes Calédoniens des missions à l'étranger. Deux volontaires sont partis au Vanuatu en 2022, deux autres en 2023, puis trois au Cambodge entre fin 2023 et début 2024. Des expériences qui apportent des compétences professionnelles, linguistiques et interculturelles, tout en servant des projets d'intérêt général.

Le programme national reste toutefois limité aux pays bénéficiaires de l'aide au développement. La province a donc créé son propre cadre, baptisé « Jeunesse Engagée du Pacifique ». Ce dispositif permanent lui permet d'ouvrir de nouvelles destinations, l'Australie et la Nouvelle-Zélande en premier lieu, de répondre plus vite aux appels à projets et de mobiliser des financements extérieurs sans dépendre du calendrier de l'État.

Six missions sont programmées en 2026 et 2027, autour des droits des femmes, de l'éducation, de la francophonie, de la culture et du sport inclusif. Deux jeunes partiront au Vanuatu auprès de l'association Sista et du lycée Le Clézio ; d'autres rejoindront le Comité paralympique fidjien, la Vanuatu National Sports Authority et l'Alliance française d'Adélaïde. Pour la première fois, la province accueillera elle-même un volontaire du Vanuatu, auprès de la Ligue de sport adapté et de handisport de Nouvelle-Calédonie.

Le coût total des six missions s'élève à 15,8 millions de francs. Près de 10 millions ont été obtenus par des partenariats et des appels à projets, la province n'en assumant que 5,84 millions, soit 37 %. Autrement dit, chaque franc provincial en attire près de deux de l'extérieur. Le programme sert à la fois l'insertion des jeunes et le rayonnement de la province dans le Pacifique.

Dumbéa-sur-Mer et Panda : 20,7 milliards pour tenir le cap

L'assemblée a approuvé les comptes rendus annuels 2025 des deux zones d'aménagement concerté de Dumbéa-sur-Mer et de Panda, toutes deux frappées par le ralentissement du marché immobilier. Une opération d'aménagement vit de la vente de terrains ; quand les ventes s'arrêtent, les charges continuent de courir.

La province n'a pas laissé les deux opérations dériver. Son soutien, conjugué aux réaménagements négociés avec les établissements bancaires, a permis aux deux ZAC de terminer l'année 2025 avec une trésorerie positive : 167 millions de francs pour Dumbéa-sur-Mer, 535 millions pour Panda. Pour sécuriser la suite, un programme de participations provinciales de 20,7 milliards de francs a été arrêté pour la période 2026-2035.

La province ne cache pas la condition : la reprise des travaux restera liée au redémarrage du marché immobilier. Mais l'alternative, laisser deux quartiers en construction s'enliser faute de trésorerie, aurait coûté bien davantage à la collectivité comme aux habitants. Préserver les investissements déjà engagés, c'est la seule façon de pouvoir les prolonger le jour où le marché repartira.

Jeunes éloignés de l'emploi : la province partage le constat et corrige le rapport

L'assemblée a pris connaissance du rapport de la Chambre territoriale des comptes consacré à la formation professionnelle des jeunes éloignés de l'emploi. La province Sud en partage plusieurs conclusions : la gouvernance doit être simplifiée, les parcours mieux suivis dans la durée, et les formations adaptées aux besoins réels des entreprises.

Elle regrette toutefois que le rapport restitue insuffisamment le rôle des provinces et néglige l'accompagnement vers l'emploi, c'est-à-dire tout ce qui précède la formation : définir un projet professionnel, préparer une candidature, acquérir les savoir-être qu'attendent les employeurs. Sur le terrain, c'est souvent là que se joue l'insertion, et c'est précisément le travail que mènent les services provinciaux au quotidien.

À suivre

Une collectivité qui pérennise une aide plutôt que de la reconduire au coup par coup, qui porte à bout de bras deux quartiers en devenir, qui envoie ses jeunes dans le Pacifique sans attendre que l'État rouvre ses programmes, et qui répond point par point à un rapport dont elle conteste une partie des données. Les textes adoptés ce 23 septembre disent une chose simple : la province Sud tient ses engagements dans un contexte où beaucoup se contentent d'attendre. Reste à savoir si le marché immobilier repartira assez tôt pour que les 20,7 milliards programmés produisent leurs effets. La Dépêche de Nouméa y reviendra.

(Crédit photo : province Sud)