Victoire pour les flics calédoniens

Résumé IA
Le 22 septembre, une délégation d'Alliance Police Nationale Nouvelle-Calédonie est reçue au haut-commissariat pour réclamer l'intégration du 24 septembre dans l'APORTT. Les autorités concèdent une autorisation spéciale d'absence pour ce jour férié, mais le syndicat poursuit son combat pour une reconnaissance durable.
Le 24 septembre, les policiers de Nouvelle-Calédonie ne seront pas les oubliés de la République.
Après des mois de revendications, Alliance arrache une première victoire et vise désormais le coup d'après.
Au haut-commissariat, un message porté sans détour
Mardi 22 septembre, dans l'après-midi. Une délégation d'Alliance Police Nationale Nouvelle-Calédonie franchit les portes du haut-commissariat de la République. Pas pour une visite de courtoisie. Le syndicat avait demandé à être reçu, et il l'a été par la directrice de cabinet du haut-commissaire.
L'objet de la rencontre tient en une date : le 24 septembre.
Jour férié en Nouvelle-Calédonie depuis un arrêté de 1991, devenu fête de la citoyenneté, cette journée occupe une place singulière dans l'histoire du territoire. Pourtant, pour les policiers nationaux affectés sur le Caillou, elle ne va pas de soi. Le cadre qui régit leur temps de travail, l'APORTT (Arrêté Portant sur l'Organisation Relative au Temps de travail), ne l'intègre pas. Résultat : une situation que le syndicat juge tout simplement incohérente.
Et sur ce point, Alliance n'a pas prêché dans le désert. Selon le compte rendu diffusé par le bureau territorial, la directrice de cabinet a indiqué que le haut-commissaire et la DTPN partagent ce constat d'incohérence. Mieux encore, l'argumentaire du syndicat en faveur d'une inscription définitive du 24 septembre dans l'APORTT sera relayé à Paris.
Un signal clair. L'État a entendu ceux qui le servent.
Une ASA pour tous : la mobilisation paie
La journée ne s'est pas arrêtée là.
Plus tard, lors d'une rencontre réunissant Alliance et d'autres organisations syndicales, la direction territoriale de la police nationale est venue avec une annonce concrète. Le DTPN et son adjoint ont fait part d'une décision prise conjointement avec le commandement des Outre-mer : l'octroi d'une autorisation spéciale d'absence à l'ensemble du personnel.
Une mesure qui répond, selon le syndicat, directement à ses revendications.
Dans les faits, cette ASA pourra être prise dès ce jeudi 24 septembre. Une précision s'impose toutefois, et elle en dit long sur le sens du devoir des forces de l'ordre : elle concerne les agents dont la présence n'est pas indispensable à la sécurité de la journée. Car le 24 septembre reste aussi un jour où l'ordre public doit être assuré. Les policiers le savent mieux que quiconque. Ceux qui seront sur le terrain y seront.
Voilà une avancée qu'il faut saluer sans fausse pudeur. Dans un territoire où les forces de l'ordre ont été fortement sollicitées ces dernières années, reconnaître leur place dans la vie calédonienne n'est pas un caprice corporatiste. C'est une question de respect.
Alliance l'a résumé dans son tract par une formule sans ambiguïté : « Une ASA pour 2026, une reconnaissance durable attendue ! »
Tout est dans le dernier mot. Attendue.
Pour Alliance, une seule issue : graver le 24 septembre dans l'APORTT
Car une ASA, aussi bienvenue soit-elle, reste une mesure ponctuelle. Valable pour 2026. Et l'année prochaine ? Le syndicat refuse de devoir repartir au combat chaque mois de septembre pour obtenir ce qui relève, à ses yeux, du simple bon sens.
Sa position est limpide : la seule issue logique, c'est l'inscription durable du 24 septembre dans l'APORTT.
Le premier argument est historique. Le 24 septembre est reconnu férié en Nouvelle-Calédonie par l'arrêté de 1991 et il est aujourd'hui célébré comme fête de la citoyenneté. Ignorer cette date dans l'organisation du travail des policiers, c'est ignorer une part de l'histoire du territoire dans lequel ils servent la France.
Le deuxième tient aux spécificités locales. L'APORTT prévoit déjà des aménagements pour d'autres territoires. Alliance ne demande donc aucun passe-droit, aucun régime d'exception inventé pour l'occasion. Simplement que la Nouvelle-Calédonie soit traitée comme le sont déjà d'autres collectivités ultramarines.
Le troisième argument est peut-être le plus fort. Il s'agit de garantir l'équité entre les fonctionnaires de l'État. Difficile, en effet, de justifier qu'un agent public bénéficie d'un jour reconnu quand un policier, lui aussi au service de l'État, doit s'en remettre chaque année à une décision administrative au cas par cas.
Égalité, cohérence, respect de l'histoire. On a connu revendications moins solides.
Reste désormais à Paris de trancher. Le dossier est sur la table, porté localement par un haut-commissariat qui en partage le diagnostic. Les policiers calédoniens, eux, ont fait leur part : ils ont argumenté, ils ont obtenu une première avancée, et ils continuent de tenir leur poste.
Le mot d'ordre du bureau départemental d'Alliance, signé ce mardi 22 septembre, sonne comme un programme : « Agir pour ne pas subir. »
À l'État, maintenant, de transformer l'essai.
(Crédit photo : LUDOVIC MARIN / SIPA)



