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Au delà du récif

Détroit d’Ormuz : la Corée du Sud refuse d’entrer dans la guerre contre l’Iran, mais étudie une mission maritime

23 septembre 2026 à 15:00
4 min de lecture
Détroit d’Ormuz : la Corée du Sud refuse d’entrer dans la guerre contre l’Iran, mais étudie une mission maritime

Résumé IA

La Corée du Sud refuse de s’engager dans une guerre contre l’Iran, mais étudie une participation limitée à la sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, sous pression américaine.

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Séoul ne veut pas être entraîné dans la guerre contre l’Iran. Mais face aux pressions américaines et à l’importance stratégique du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements énergétiques, la Corée du Sud étudie malgré tout une participation limitée à la sécurisation de la navigation.

Le président sud-coréen Lee Jae-myung a fixé une ligne rouge : aucune opération susceptible d’entraîner directement son pays dans le conflit. Une position délicate alors que Washington réclame davantage d’implication de ses alliés.

Séoul exclut toute participation directe à la guerre

Le 18 septembre, Lee Jae-myung a été particulièrement clair lors d’une conférence de presse : la Corée du Sud ne déploiera pas de forces dans des conditions qui pourraient l’entraîner dans la guerre.

Le président a toutefois ajouté que Séoul devait envisager un niveau minimal d’intervention afin de protéger ses ressortissants, ses navires commerciaux et surtout les routes utilisées pour transporter le pétrole vers la péninsule coréenne.

Cette nuance est importante. Le lendemain, la présidence sud-coréenne a précisé que les déclarations de Lee ne constituaient pas un rejet pur et simple des demandes américaines concernant le détroit d’Ormuz. Une coopération reste donc possible, à condition qu’elle demeure défensive et qu’elle ne transforme pas Séoul en belligérant.

Une équipe sud-coréenne déjà envoyée aux Émirats

La réflexion est loin d’être théorique.

Début septembre, le gouvernement sud-coréen a envoyé aux Émirats arabes unis une équipe composée notamment de responsables des ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Sa mission : examiner les conditions de sécurité, les infrastructures militaires, les ports et les capacités logistiques autour du détroit d’Ormuz.

L’équipe est rentrée en Corée du Sud le 10 septembre. Séoul insistait alors sur le fait qu’aucune décision de déploiement n’avait encore été prise.

Parmi les possibilités évoquées figurent notamment des moyens de surveillance maritime ou de soutien logistique, dans le cadre d’une mission présentée comme destinée à garantir la liberté de navigation, et non à participer directement aux opérations contre l’Iran.

Washington pousse Séoul à s’impliquer davantage

Cette prudence intervient alors que Donald Trump réclame depuis plusieurs mois une implication accrue de la Corée du Sud au Moyen-Orient.

Séoul avait déjà participé à la guerre en Irak au début des années 2000. Entre 2003 et 2008, environ 4 000 militaires sud-coréens avaient été déployés, principalement pour des missions de reconstruction, de soutien médical et de sécurité.

Mais la situation actuelle est différente. L’étude publiée le 22 septembre par The Diplomat souligne notamment l’absence d’un cadre international comparable à celui qui entourait l’intervention en Irak et les risques diplomatiques beaucoup plus importants vis-à-vis de Téhéran.

L’Iran a d’ailleurs directement averti Séoul : toute présence militaire étrangère dans le golfe Persique ou le détroit d’Ormuz susceptible de soutenir les opérations américaines pourrait être considérée comme hostile.

L’opinion sud-coréenne majoritairement réticente

À ces difficultés diplomatiques s’ajoute une contrainte intérieure.

Selon un sondage Gallup Korea publié en septembre, 55 % des personnes interrogées s’opposent à l'envoi de forces dans le détroit d’Ormuz, contre 32 % favorables. Une autre enquête, le National Barometer Survey, donnait 45 % d’opposition contre 36 % de soutien.

Pour Lee Jae-myung, accepter une participation militaire trop visible comporterait donc un coût politique important.

L’histoire reste également présente dans les esprits : l'envoi de militaires sud-coréens en Irak avait provoqué une forte opposition dans le pays et alimenté un débat durable sur le rôle que Séoul devait jouer dans les opérations militaires américaines à l’étranger.

Ormuz, un enjeu énergétique majeur pour la Corée du Sud

Derrière le débat militaire se trouve surtout une question économique : la sécurisation des approvisionnements énergétiques sud-coréens.

Le détroit d’Ormuz constitue l’une des principales voies de passage du pétrole venant du Moyen-Orient. Pour une économie industrielle largement dépendante des importations d’hydrocarbures, une perturbation durable du trafic maritime pourrait avoir des conséquences importantes.

Séoul cherche donc un équilibre : répondre suffisamment aux demandes américaines pour préserver son alliance avec Washington, protéger ses navires et ses approvisionnements, tout en évitant de devenir directement partie prenante à la guerre contre l’Iran.

La position de Lee Jae-myung peut ainsi se résumer en une formule : protéger Ormuz, oui ; entrer dans la guerre, non.