Déchets : la Brousse ne paiera plus seule

Résumé IA
Le SIVM Sud et Trecodec ont signé une convention-cadre 2026-2028, après des négociations exigeantes. L’éco-organisme participera aux investissements et au fonctionnement du syndicat, reconnaissant que les communes de Brousse ne doivent pas assumer seules le coût des déchets importés via le Grand Nouméa.
La Brousse n'attend pas qu'on décide à sa place. Sur la gestion des déchets, elle vient de le prouver, convention signée à l'appui.
Une signature arrachée, pas offerte
Il y a des accords qui tombent tout cuits. Celui-ci n'en fait pas partie.
Le SIVM Sud, représenté par son vice-président Charles Brinon, et Trecodec, représenté par son président-directeur général Bernard Creugnet, ont signé la nouvelle convention-cadre 2026-2028. Une signature qui vient clore plusieurs semaines de négociations qualifiées d'exigeantes par le syndicat intercommunal lui-même.
Trecodec n'est pas un acteur anodin. C'est l'éco-organisme qui représente les metteurs sur le marché des produits relevant des filières de déchets réglementés. Autrement dit, ceux qui font entrer ces produits sur le territoire.
Le partenariat entre les deux structures ne date pas d'hier. Il a été construit depuis plus de dix ans. Cette nouvelle convention le consolide.
Mais surtout, elle acte un principe de bon sens que la Brousse défend depuis longtemps.
Une réalité territoriale enfin reconnue
Le raisonnement du SIVM Sud tient en une phrase, et il est implacable. Les produits importés en Nouvelle-Calédonie arrivent très majoritairement par le Grand Nouméa. Ils sont ensuite achetés, utilisés et consommés partout sur le territoire.
Par les habitants de Brousse, bien sûr. Mais aussi par tous ceux qui viennent y travailler ou y séjourner.
Les déchets, eux, restent sur place.
Il fallait donc que quelqu'un le dise clairement : ce n'est pas aux seules communes rurales d'assumer le coût de produits dont la chaîne commerciale passe d'abord par l'agglomération. La logique est simple, presque élémentaire. Celui qui met un produit sur le marché participe à la gestion de sa fin de vie.
Et les chiffres donnent la mesure du défi.
Boulouparis, La Foa, Moindou, Farino, Sarraméa, Bourail et Thio représentent ensemble plus de 3 600 km². Soit plus de la moitié de la superficie de la province Sud.
Sur un territoire aussi vaste, rien ne va de soi. Collecter, regrouper, transporter, traiter, valoriser : chaque étape exige des équipements et des moyens adaptés. Les distances ne se négocient pas. Les routes non plus.
La participation de Trecodec, à la fois aux investissements et au fonctionnement du SIVM Sud, reconnaît précisément cette réalité. Elle constitue une source de financement utile pour préserver les moyens des communes, tout en permettant d'améliorer la prise en charge et la valorisation des déchets.
Préserver les moyens des communes. Le mot compte. Dans un contexte où chaque franc public est scruté, obtenir une contribution des metteurs sur le marché plutôt que de faire peser la charge sur le contribuable local relève tout simplement de la bonne gestion.
La Brousse s'organise, et elle le fait savoir
Il y a dans le message du SIVM Sud quelque chose qui tranche avec le discours ambiant.
Pas de plainte. Pas de posture de victime. Pas d'appel au secours adressé à un guichet lointain.
À la place, une affirmation simple : en Brousse, terre de vie, de production et de consommation, on sait s'organiser pour collecter, trier, traiter et valoriser ses déchets.
C'est une Calédonie qui travaille, qui négocie et qui obtient. Une Calédonie des communes, pragmatique, qui connaît son terrain mieux que personne et qui entend être traitée à sa juste mesure.
Le syndicat présente cette nouvelle convention comme une étape supplémentaire dans une action collective. L'objectif affiché ne souffre d'aucune ambiguïté : une gestion des déchets plus efficace, plus équitable et mieux adaptée aux réalités des communes.
Plus efficace, parce que les moyens suivent.
Plus équitable, parce que la charge est mieux répartie entre ceux qui vendent et ceux qui vivent loin des quais du port.
Mieux adaptée, enfin, parce qu'on ne gère pas 3 600 km² de Brousse comme on gère un quartier du Grand Nouméa.
Ce partenariat renforcé ne réglera pas tout. Personne ne le prétend. Mais il fixe un cadre clair jusqu'en 2028 et rappelle une vérité que l'on oublie trop souvent dans les grands débats calédoniens : les communes de Brousse ne demandent pas de faveurs. Elles demandent qu'on tienne compte de ce qu'elles sont.
Cette fois, elles ont été entendues.
(Crédit photo : SIVM SUD)



