La brousse s'unit enfin, et ça change tout

Résumé IA
Lors de la Foire de Koumac 2026, une douzaine d'acteurs de l'élevage signent la « Charte bovine », lançant le Réseau Bovin NC pour renforcer la coordination de la filière. La station zootechnique de Port-Laguerre se distingue avec la Super Championne Brahman Aurore et plusieurs prix, saluant le travail de sélection génétique.
Pendant que d'autres attendent tout des subventions, les éleveurs calédoniens, eux, travaillent et gagnent.
À Koumac, la brousse a rappelé ce que produisent le mérite, la patience et la sélection.
La charte bovine, enfin un front commun pour l'élevage
Il fallait bien que quelqu'un mette tout le monde autour de la table.
C'est chose faite. Lors de la Foire de Koumac 2026, une douzaine d'acteurs de l'élevage ont officiellement signé l'engagement « Charte bovine », qui marque le lancement du Réseau Bovin NC.
Autour du document, on retrouve les trois provinces, Sud, Nord et Îles, mais aussi la DAVAR, l'Agence rurale, l'IVNC, l'OCEF, le syndicat des éleveurs bovins de Nouvelle-Calédonie, la CAP NC, le Groupement territorial des vétérinaires et l'UPRA bovine. Du beau monde. Et, pour une fois, dans la même direction.
Pour la province Sud, la signature est revenue à Nicolas Pebay, directeur de la Direction du développement durable des territoires (DDDT).
L'objectif affiché est clair : renforcer la coordination entre ceux qui accompagnent les éleveurs, faciliter l'accès à cet accompagnement et proposer un appui mieux adapté aux réalités de l'élevage bovin en Nouvelle-Calédonie.
Des réalités que les éleveurs connaissent par cœur. Les distances, le climat, les coûts, la paperasse. Ceux qui tiennent des stations en brousse n'ont pas besoin qu'on leur explique la difficulté du métier. Ils ont besoin d'interlocuteurs qui se parlent entre eux.
C'est précisément ce que promet ce réseau : une filière plus coordonnée, plus proche du terrain, tournée vers l'avenir. Une étape importante, saluée comme telle par les signataires.
Aurore, Super Championne Brahman, fille de Port-Laguerre
Sur le ring, la démonstration a été encore plus parlante.
La Super Championne Brahman du concours s'appelle Aurore. Elle est la fille d'un taureau de la Station Zootechnique de Port-Laguerre, propriété de la province Sud. Le deuxième Brahman présenté est lui aussi le fils d'un taureau issu de la station.
Deux résultats. Une même origine.
Ce n'est pas un hasard, c'est l'aboutissement d'années de sélection génétique menée à Port-Laguerre pour améliorer les performances et la qualité du cheptel calédonien. Un travail discret, loin des projecteurs, qui se mesure en générations d'animaux plutôt qu'en communiqués.
Mais la génétique ne fait pas tout seule le chemin jusqu'au podium. Ces résultats sont aussi le fruit du travail quotidien des éleveurs qui valorisent cette génétique dans leurs exploitations. Le Domaine de la Pouéo et la SAP Karenga ont présenté de très beaux animaux, et les félicitations leur reviennent pleinement.
La leçon mérite d'être répétée à l'heure où tout doit aller vite : la sélection, c'est un travail de long terme. Koumac 2026 en offre une illustration éclatante.
Bovins, ovins : la station récompensée, les éleveurs aussi
La moisson ne s'arrête pas aux Brahman.
La Station Zootechnique de Port-Laguerre a également décroché deux prix de présentation. Côté bovin, pour les trois génisses Alsace, Vakita et Versa. Côté ovin, pour les deux béliers Teahi et Scott.
Une belle récompense pour les agents de la station, dont le savoir-faire est rarement mis en avant.
Un détail en dit long sur leur influence. L'ensemble des moutons Dorper présentés à la foire étaient issus, au moins par l'un de leurs parents, de la station de Port-Laguerre. Autrement dit, l'élevage ovin calédonien porte déjà très largement l'empreinte de ce travail public de sélection.
Les deux éleveurs primés, Jo Castegnaro et Philippe Pochard, ont obtenu de belles récompenses. Et ils ont tenu à remercier chaleureusement les agents de la station pour leur travail et leur engagement.
Voilà une reconnaissance qui vaut plus que bien des discours. Celle de professionnels qui constatent, dans leurs propres troupeaux, que la sélection et l'amélioration génétique conduites à Port-Laguerre bénéficient directement aux éleveurs calédoniens.
À Koumac, la Calédonie rurale n'a pas réclamé. Elle a montré ce qu'elle sait faire. Des animaux primés, une filière qui s'organise, des agents et des éleveurs qui avancent ensemble : c'est le visage d'un territoire qui produit, qui transmet et qui croit en son avenir.
(Crédit photo : AgriPro'Sud)



