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Pneus abandonnés : plus aucune excuse

28 septembre 2026 à 11:00
5 min de lecture
Pneus abandonnés : plus aucune excuse

Résumé IA

Depuis 2009, la province Sud collecte et valorise les pneus usagés via le principe du pollueur-payeur. Les importateurs financent la filière grâce à une éco-participation, et les pneus sont exportés vers l'Inde et le Japon comme combustible. Les usagers peuvent les déposer dans les déchèteries ou certains centres automobiles, l'abandon et le brûlage étant prohibés.

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Un pneu abandonné au fond d'un terrain, c'est une réserve d'eau stagnante et un départ de feu en puissance.
Depuis 2009, la province Sud a choisi une autre voie : collecter, encadrer, valoriser.

Le principe du pollueur-payeur, appliqué sans détour

Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Depuis 2009, 55 292 tonnes de pneus usagés ont été collectées en Nouvelle-Calédonie. Sur ce total, 47 853 tonnes l'ont été en province Sud, soit près de neuf tonnes sur dix.

Voitures, camions, engins industriels, miniers ou agricoles : tous finissent un jour par user leurs pneumatiques. La question n'est donc pas de savoir s'il y aura des déchets, mais ce qu'on en fait. Et la réponse apportée par la province Sud a le mérite de la clarté. Plutôt que de laisser ces carcasses de caoutchouc servir de nids à moustiques, la collectivité rappelle qu'elles sont valorisables.

Elles le sont concrètement. Grâce aux entreprises de collecte et de traitement, les pneus partent vers l'Inde et le Japon, où ils sont utilisés comme combustible pour produire de la chaleur ou de l'électricité.

Un déchet qui devient une ressource. Rien de plus.

Derrière ces tonnages, il y a une règle simple, et juste : celui qui met un produit sur le marché assume ce qu'il devient.

C'est tout le sens de la responsabilité élargie des producteurs (REP), qui découle directement du principe du pollueur-payeur inscrit à l'article 422-1 du code de l'environnement de la province Sud. Pas de transfert systématique vers le contribuable, pas de dilution des responsabilités. Chacun répond de ce qu'il vend.

Pour chaque filière encadrée par la REP, les producteurs doivent établir un plan de gestion des déchets dont ils ont la charge. Ce plan ne suffit pas à lui seul. Ils doivent aussi démontrer qu'ils disposent des capacités techniques et financières nécessaires pour respecter le cahier des charges propre à la filière. À cette condition seulement, ils obtiennent un agrément, valable cinq ans au maximum. L'arrêté d'agrément peut, en outre, leur imposer des prescriptions spéciales.

Les producteurs gardent une liberté de choix. Ils peuvent assumer eux-mêmes leurs obligations, ou s'en acquitter collectivement en passant par un éco-organisme agréé par la province Sud, comme le prévoit l'article 422-2 du code de l'environnement.

Plusieurs structures remplissent aujourd'hui ce rôle en province Sud : TRECODEC, ECOPHARM et COLEO.

Pour les pneumatiques, l'article 422-20 du code de l'environnement fixe le cadre. Les importateurs qui mettent des pneus sur le marché sont responsables de leur collecte et de leur traitement lorsqu'ils deviennent des déchets. Les coûts opérationnels de la filière sont répercutés sur le consommateur au moyen d'une éco-participation appliquée à l'achat des pneus neufs.

Trecodec, agréé par la province Sud pour cette filière, mandate un opérateur agréé chargé de la collecte et du traitement à l'export.

La province Sud, de son côté, poursuit ses travaux pour structurer et développer les filières de gestion des déchets. Un travail de fond, loin des effets d'annonce.

Un déchet « non dangereux », mais pas sans conséquences

Encore faut-il savoir de quoi l'on parle.

Le texte définit le pneumatique comme tout bandage déformable en caoutchouc qui, une fois gonflé d'air, absorbe les irrégularités du sol et permet aux véhicules de se déplacer sans glisser. La définition est large, et volontairement : sont concernés les pneus de véhicules légers, de poids lourds, de motos, d'engins de manutention, de génie civil et d'autres encore.

Sur le papier, ces pneus usagés sont classés parmi les déchets non dangereux.

Dans les faits, le tableau est moins rassurant. Stockés à l'extérieur, ils deviennent de véritables sources d'incendie et des foyers de propagation des moustiques. L'eau de pluie s'y accumule, y stagne, et les larves s'y installent. Quant au feu, un stock de pneus qui s'embrase ne se maîtrise pas en quelques minutes.

C'est précisément pour cela que la filière existe. Et c'est pour cela qu'elle ne fonctionne que si chacun joue le jeu.

Où déposer ses pneus, et ce qu'il ne faut jamais faire

La bonne nouvelle, c'est que personne n'a d'excuse.

Les pneus usagés peuvent être déposés dans toutes les déchèteries de la province Sud. Ils sont également acceptés dans certains centres de réparation automobile désignés par Trecodec, l'éco-organisme agréé pour cette filière. Les centres de montage de pneus disposent eux aussi de contenants destinés à la collecte et au traitement des pneumatiques usagés.

Le dispositif est là. Il est financé. Il fonctionne.

Reste la part qui revient à chacun, et elle tient en deux consignes : ne pas brûler ses pneus, ne pas les jeter dans la nature.

Deux règles de bon sens, que rien ne justifie d'ignorer. Car lorsque le consommateur a déjà payé son éco-participation au moment de l'achat, que l'importateur assume la collecte et que les points de dépôt existent sur tout le territoire provincial, le pneu abandonné au bord d'un creek ou brûlé au fond d'un jardin ne relève plus de la fatalité.

Il relève du choix individuel. Et de la responsabilité de celui qui le fait.

(Crédit photo : province Sud)