Je me suis réveillé… et à Ouvéa, tout le monde semblait enfin d’accord

Résumé IA
À Ouvéa, le président du gouvernement Milakulo Tukumuli affirme qu’un consensus existe entre chefferies, mairie, Province des Îles et gouvernement pour maintenir ouvert l’aérodrome d’Ouloup, avec au moins deux vols hebdomadaires d’Air Calédonie. Le Congrès adopte par ailleurs une loi du pays facilitant la reconstruction des entreprises détruites lors des violences de 2024.
Je me suis réveillé avec une phrase qu’on n’avait plus vraiment l’habitude d’entendre dans le dossier d’Ouvéa : « il n’y a plus de conflit d’ordre coutumier ».
Milakulo Tukumuli s’est rendu hier sur l’île avec plusieurs membres du gouvernement pour rencontrer les grandes chefferies. Et cette fois, le président du gouvernement affirme qu’un consensus existe entre grandes et petites chefferies, mairie, Province des Îles et gouvernement pour maintenir ouvert l’aérodrome d’Ouloup.
Un engagement a été pris : Air Calédonie assurera au minimum deux vols par semaine, hors périodes particulières comme les vacances scolaires ou les mariages. Un protocole doit maintenant formaliser l’accord. Après six mois de blocage, des annonces contestées et une reprise encore fragile il y a quelques semaines, le dossier semble donc enfin se débloquer. Reste maintenant Maré, toujours privée de desserte aérienne régulière.
Au Congrès aussi, on essayait de reconstruire. Les élus ont adopté à l’unanimité une loi du pays permettant aux entreprises détruites pendant les violences de 2024 de rebâtir plus facilement à l’identique, même lorsque les règles d’urbanisme ont changé depuis. Une simple déclaration pourra remplacer le permis de construire dans certaines situations, et les entreprises disposeront désormais de cinq ans pour profiter de ce régime exceptionnel. L’aide au maintien dans l’emploi est également prolongée.
Et puisqu’on parle de relance, 3,5 millions d’euros, soit environ 418 millions de francs, doivent être consacrés au tourisme calédonien entre 2027 et 2030. Le plan prévoit d’accompagner 45 projets et de cibler notamment l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Avec un changement de philosophie annoncé : moins de tourisme de masse et davantage d’« écoluxe », notamment pour préserver les lagons.
L’économie, justement, donne encore quelques petits signes de mieux. Les quatre banques calédoniennes avaient perdu globalement 5 milliards de francs en 2024. Elles sont revenues à un résultat positif de 1,4 milliard en 2025 et la production de crédits progresse de 15 % par rapport à l’année dernière. Mais la consommation des ménages reste fragile et les banques parlent toujours d’un simple « frémissement », pas encore d’une véritable reprise.
Et puis un peu de numérique : près de 300 participants se sont affrontés hier à Nouméa lors du Hackagou 2026. Intelligence artificielle, cryptographie, cybersécurité… même une grosse panne de réseau n’aura pas empêché le challenge d’aller jusqu’au bout, avec la victoire de l’équipe de la DINUM.
En refermant cette journée, je me suis dit que la reprise calédonienne ressemblait peut-être à ça : deux avions par semaine, des entreprises qui peuvent enfin reconstruire et quelques indicateurs qui recommencent doucement à bouger. Ce n’est pas encore le décollage… mais au moins, on remet les moteurs en route.
Bref



