La route polynésienne ne pardonne ni l’imprudence, ni l’alcool, ni le déni de responsabilité.
En 2025, 31 vies ont été fauchées, rappelant que la sécurité routière reste un combat de civilisation.
Une hécatombe dominée par les deux-roues et l’imprudence individuelle
Le chiffre est brutal, sans appel : 31 personnes sont mortes sur les routes de Polynésie française en 2025.
Derrière cette statistique, ce sont 31 familles brisées, 31 trajectoires interrompues, 31 drames évitables.
L’analyse des données révèle une surreprésentation écrasante des deux-roues, et plus précisément des scooters.
Sur les 31 décès recensés, 18 impliquent un scooter, soit plus de la moitié du total.
Cette réalité est connue, documentée, répétée année après année.
Le scooter expose davantage son conducteur : peu de protection, vitesse parfois excessive, comportements à risque.
Pourtant, malgré cette vulnérabilité évidente, les usages dangereux persistent.
Autre constante lourde de sens : les victimes sont très majoritairement des hommes, âgés de 20 à 50 ans.
Une population active, mobile, souvent pressée, parfois imprudente.
Ce constat ne relève ni du hasard ni de la fatalité.
Quelques drames rappellent cependant que personne n’est à l’abri. Une fillette de 12 ans percutée alors qu’elle circulait à pied. Deux cyclistes mortellement blessés.
La route frappe sans distinction lorsque les règles sont bafouées.
Tahiti en première ligne, des mois meurtriers et des archipels concernés
Sur le plan géographique, Tahiti concentre l’essentiel des accidents mortels. Les communes de Papeete, Papara, Paea et Papeari reviennent régulièrement dans les bilans.
Papeete totalise à elle seule cinq décès, un chiffre logiquement corrélé à la densité du trafic. Plus de véhicules, plus de flux, plus de risques.
Moorea n’est pas épargnée, avec cinq morts recensés sur l’île sœur. Preuve que la dangerosité ne se limite pas aux grands axes urbains.
Les archipels éloignés apparaissent moins touchés, mais aucun territoire n’est épargné. Un décès à Rikitea, un à Ua Pou, un à Taha’a.
La mortalité routière frappe aussi là où la circulation est plus rare.
Le calendrier 2025 révèle également des périodes noires. Février (7 décès) et août (6 décès) se distinguent comme les mois les plus meurtriers.
Vacances, déplacements accrus, relâchement des comportements : les facteurs sont connus.
Un constat s’impose avec constance : une majorité des accidents mortels impliquent l’alcool et les stupéfiants.
La route devient alors le théâtre d’un cocktail mortel mêlant vitesse, substances et irresponsabilité.
Prévention, répression et responsabilité : l’État face au défi routier
Face à ce bilan, les autorités n’ont pas baissé les bras.
La gendarmerie nationale reste pleinement mobilisée sur les champs préventif et répressif.
Comme l’explique le colonel Stéphane Brunet, commandant de la gendarmerie en Polynésie française,
la gendarmerie demeure particulièrement mobilisée pour lutter contre l’insécurité routière.
La répression a été nettement renforcée concernant les infractions les plus accidentogènes : conduite sous l’emprise de l’alcool, conduite sous stupéfiants, excès de vitesse, conduite sans permis.
Pour la première fois, des drones ont été utilisés afin de détecter les comportements dangereux dans les flux de circulation.
Une innovation technologique assumée, au service de la protection des vies.
Un effort particulier a été porté sur les deux-roues, identifiés comme les usagers les plus exposés.
Les unités de sécurité routière se sont également projetées dans les archipels afin d’appuyer les brigades locales.
La prévention n’a pas été oubliée. Elle cible en priorité la jeunesse polynésienne, notamment via le dispositif
« Sauvons des vies sur nos routes », en partenariat avec le haut-commissariat et les acteurs locaux.
Les chiffres des contrôles parlent d’eux-mêmes.
À la veille de Noël, 89 infractions ont été relevées : 10 conduites sous stupéfiants, 12 sous l’emprise de l’alcool, 13 conduites sans permis.
La route n’est pas un espace de liberté sans règles. Elle est un lieu de responsabilité collective et individuelle.
Les chiffres de 2025 le rappellent avec une violence implacable.
31 morts, ce n’est ni une fatalité ni une statistique abstraite. C’est l’échec du laxisme, du déni et de l’irresponsabilité.
Et c’est surtout un appel à rétablir l’autorité, la discipline et le respect des règles sur les routes du Fenua.

















