Hier soir, au Tauasu de Jacarandas, une délégation de neuf députés métropolitains a participé à une cérémonie du kava organisée par la communauté wallisienne et futunienne. Une rencontre structurée, respectueuse du cadre coutumier, marquée par deux volets clairement assumés : l’écoute des réalités communautaires et un temps d’échanges nourri autour de la politique locale, en présence de la candidate loyaliste à la mairie de Dumbéa, Cynthia Jan.
Un temps d’échanges consacré aux enjeux locaux de Dumbéa
Très tôt dans la soirée, avant même que les discussions ne s’élargissent aux sujets institutionnels et nationaux, plusieurs échanges ont porté sur la situation locale, les attentes des habitants et les perspectives communales. La présence de Cynthia Jan, accompagnée de membres de son équipe de campagne, a donné lieu à des discussions directes avec les responsables coutumiers et les membres de la communauté wallisienne et futunienne.
Les échanges ont porté sur les projets envisagés pour Dumbéa, la place des communautés dans la vie communale, les problématiques de terrain et la nécessité de réponses concrètes à l’échelle municipale. Un volet assumé de la soirée, inscrit dans un cadre informel mais suivi, qui a permis de confronter visions politiques et attentes locales, sans discours ni mise en scène.
Le Tauasu, lieu central de la vie communautaire
La cérémonie s’est tenue au Tauasu de Jacarandas, lieu de rassemblement et de dialogue pour la communauté wallisienne et futunienne. La soirée a débuté par une introduction et un geste de coutume, avant l’installation progressive des échanges.
La rencontre était organisée sous l’autorité de Sagato Véa, président du Tauasu, en présence notamment de Falaoné Pegatélé, représentant de Halo à Futuna.
Une cérémonie du kava respectée dans son déroulé
Les députés ont ensuite pris part à la dégustation du kava. Une pratique nouvelle pour la plupart d’entre eux, mais à laquelle tous se sont conformés. Le kava a été partagé à plusieurs reprises au cours de la soirée, conformément au rituel, chaque service laissant place à des temps de discussion.
Ce cadre a permis des échanges posés, sans prises de parole formalisées, chacun intervenant selon les usages coutumiers.
Les représentants des districts prennent la parole
Les représentants coutumiers des districts étaient présents et se sont exprimés. Le Tui Mata’utu, chef coutumier du district de Hahaké, participait à la cérémonie aux côtés de Jonas Taofifenua. Le district de Mua était représenté par le chef Makalo.
Les interventions ont porté sur la situation des Wallisiens et Futuniens en Nouvelle-Calédonie, le fonctionnement communautaire et les difficultés rencontrées au quotidien. Les représentants ont également rappelé leur attachement à la France et leur participation aux trois référendums, tous remportés par le camp favorable au maintien dans la République.
Une inquiétude exprimée sur la reconnaissance des choix démocratiques
Au fil des échanges, une inquiétude a été exprimée de manière récurrente : celle d’un sentiment de mise à distance et d’un manque de reconnaissance des choix exprimés lors des consultations référendaires. Les propos sont restés mesurés, mais constants, insistant sur la nécessité d’une prise en compte réelle de ces positions par l’État.
Des députés venus pour comprendre le terrain
À l’origine de cette rencontre, Nicolas Metzdorf, député de la première circonscription, a expliqué le sens de la venue de ses collègues et l’importance, pour eux, de se confronter directement aux réalités calédoniennes.
Il a notamment déclaré :
J’ai souhaité que vous rencontriez les députés de mon groupe parce que je leur demande souvent de voter avec moi pour obtenir des crédits. Il était important qu’ils voient la réalité du terrain. L’argent que je demande n’est pas un caprice, c’est vital pour la Nouvelle-Calédonie.
Une délégation aux responsabilités nationales affirmées
Autour de Nicolas Metzdorf, la délégation comprenait plusieurs figures nationales : Antoine Armand, ancien ministre de l’Économie et des Finances, Prisca Thévenot, ancienne porte-parole du gouvernement, Marie Lebec, ancienne ministre chargée des Relations avec le Parlement, ainsi que Guillaume Kasbarian, ancien ministre de la Fonction publique et du Logement.
Étaient également présents Julie Delpech, vice-présidente du groupe Ensemble pour la République, Jean Terlier, Annaïg Le Meur, présidente du Conseil national de l’habitat, Anne-Sophie Ronceret et Sandra Marsaud.
Une soirée d’échanges prolongés, sans mise en scène
Les députés ont majoritairement adopté une posture d’écoute. Peu de prises de parole, beaucoup d’échanges informels. La soirée a été ponctuée de moments de convivialité, notamment des danses traditionnelles auxquelles certains députés ont participé, dans le respect du cadre coutumier.
De nombreuses femmes de la communauté étaient présentes et ont pris part aux échanges tout au long de la soirée.
Une rencontre de travail, entre local et national
Au Tauasu de Jacarandas, cette soirée a tenu à la fois du temps communautaire, du moment politique local et de la rencontre institutionnelle. Elle a permis de croiser les enjeux municipaux, portés notamment par la candidate à Dumbéa, avec des problématiques plus larges débattues au niveau national.
Une rencontre sans effet d’annonce, mais avec un objectif clair : confronter les réalités locales et communautaires aux responsabilités politiques, municipales comme nationales, dans un cadre d’écoute directe et sans intermédiaire.

















