La route de Saint-Louis n’est pas une simple voie de circulation.
C’est un axe vital, un test permanent de l’autorité de l’État et de la crédibilité des décisions locales.
Une décision présentée comme technique, vécue comme une prise de risque
Jeudi 8 janvier 2026, une réunion officielle se tient entre la maire du Mont-Dore, Élizabeth Rivière, et la Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie. Autour de la table, les plus hauts responsables locaux de l’institution militaire. Le message diffusé ensuite est clair, lissé, rassurant.
Le dispositif de sécurisation de la traversée de Saint-Louis évolue. Les verrous Nord et Sud sont allégés, les tentes et installations temporaires sont retirées, la voie est dégagée. L’argument avancé est simple : faciliter la circulation.
Sur le papier, la communication est maîtrisée. Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les postes fixes disparaissent, remplacés par des postes mobiles, tandis que les effectifs restent, selon les autorités, inchangés. Une formule qui se veut rassurante, mais qui ne répond pas à la question centrale : pourquoi lever des verrous alors que la menace persiste ?
Des faits graves, répétés, incontestables
Dans la nuit même qui suit la levée des verrous, vers 3 heures du matin, des véhicules de gendarmerie sont caillassés. Les projectiles ne sont pas symboliques : des boules de pétanque. Des armes par destination, capables de tuer.
Ces faits ne sont ni anciens, ni isolés. Ils sont récents, avérés, documentés. Et surtout, ils s’inscrivent dans une continuité. Quasiment chaque nuit, des actes de malveillance sont signalés sur cet axe stratégique.
Face à cela, le communiqué de Génération NC/Les Loyalistes tranche par sa clarté. Pour le groupe municipal Générations Mont-Dore, la décision est incompréhensible. Lever des dispositifs physiques de protection alors que les agressions continuent relève d’une faute politique. La sécurisation n’est pas un concept abstrait, c’est une réalité vécue par des automobilistes qui empruntent cette route par nécessité, pas par choix.
L’illusion de la fluidité contre la réalité de l’ordre public
Faciliter la circulation est un objectif louable. Mais la fluidité ne peut pas primer sur la sécurité. À Saint-Louis, la route n’est pas congestionnée par excès de prudence, elle est sécurisée par nécessité. Chaque allègement du dispositif est perçu, à juste titre, comme un signal de faiblesse.
Le retrait des verrous physiques envoie un message dangereux. Il dit aux fauteurs de troubles que la pression baisse. Il dit aux usagers que leur protection devient secondaire. Il dit enfin que l’ordre public est négociable, adaptable, réversible. Or, dans un territoire déjà marqué par des tensions profondes, l’État ne peut pas donner le sentiment de reculer.
Génération NC ne demande pas l’escalade. Le groupe demande une chose simple, rationnelle, responsable : des garanties concrètes avant tout allègement durable. Tant qu’un apaisement réel n’est pas constaté, tant que les caillassages se poursuivent, les verrous doivent rester en place.
Remettre les verrous : une exigence de responsabilité
La demande formulée est claire. Elle s’adresse à l’État, garant ultime de la sécurité des personnes et des biens. Remettre les verrous Nord et Sud, ce n’est pas céder à la peur, c’est assumer l’autorité. C’est reconnaître que l’ordre public ne se décrète pas par communiqué Facebook, mais se construit par des actes visibles, constants et dissuasifs.
À Saint-Louis, la population n’attend pas des éléments de langage. Elle attend de pouvoir circuler sans risquer sa vie. Elle attend que la République tienne sa promesse première : protéger.
En levant les verrous trop tôt, le pouvoir local prend le risque de banaliser l’inacceptable. Génération NC le rappelle avec fermeté : la sécurité n’est pas négociable, elle se garantit.


















