Député de la première circonscription de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf tire le bilan d’une semaine politique intense avec une délégation de députés métropolitains. Quatre jours de terrain, de rencontres et de constats bruts, loin des salons parisiens. Mais au-delà du déplacement, c’est surtout le rapport entre l’État et la Nouvelle-Calédonie que le député interroge frontalement, sans détour ni précaution oratoire.
Une délégation choisie pour travailler, pas pour visiter
Dès le départ, Nicolas Metzdorf insiste sur un point : cette délégation n’est pas venue faire du tourisme politique. Chaque député a été sélectionné pour ses compétences précises, en lien direct avec les enjeux calédoniens.
Ce n’était pas un appel à volontaires. Ils ont été choisis pour ce qu’ils savent faire et pour ce que la Nouvelle-Calédonie traverse.
Justice, économie, agriculture, violences intrafamiliales, institutions, mer, urbanisme : tout a été pensé pour offrir une lecture complète du territoire. Une immersion rapide mais dense, entre Médipôle, entreprises, brousse, institutions, communautés et forces de l’ordre.
Montrer la Nouvelle-Calédonie dans toute sa complexité
Pour le député, il était essentiel de sortir des caricatures.
La Nouvelle-Calédonie, ce n’est pas que des Kanak et pas que des Caldoches. C’est une terre de métissage, de cultures, de communautés qui vivent ensemble.
De la cérémonie au Tauasu avec les communautés wallisienne et futunienne aux rencontres économiques, Nicolas Metzdorf revendique une approche presque civilisationnelle : faire comprendre ce qu’est réellement le pays, dans sa diversité humaine, sociale et économique.
Une réussite politique assumée
Le député ne cache pas une certaine fierté. Faire venir dix députés en si peu de temps, sur un agenda aussi chargé, n’a rien d’anodin.
Quand un député de Nouvelle-Calédonie est capable de faire venir dix collègues, c’est qu’il y a un intérêt réel et un soutien politique.
Mais au-delà du symbole, l’essentiel est ailleurs : ces députés repartent avec des leviers d’action concrets à Paris, notamment sur les textes budgétaires et législatifs concernant l’État et la Nouvelle-Calédonie.
Un alignement politique inattendu mais réel
Longtemps perçu comme marginal dans son propre groupe, Nicolas Metzdorf assume désormais un alignement clair avec une partie significative des députés Renaissance.
Sur la Nouvelle-Calédonie, ce groupe soutient largement mon positionnement institutionnel et économique.
Un constat politique fort, qui renforce son poids dans les discussions à venir, notamment à l’approche des séquences parisiennes décisives.
Paris convoque, la lassitude s’installe
Dans ce contexte tendu, Emmanuel Macron a décidé de convoquer à Paris l’ensemble des acteurs calédoniens, ainsi qu’une délégation loyaliste conduite par Sonia Backès, accompagnée de Nicolas Metzdorf, Gilles Brial et Brieuc Frogier.
À l’évocation de cette nouvelle séquence parisienne, le ton du député change. Plus grave. Plus las.
J’y vais avec une forme de fatigue. Fatigue de redire vingt fois les mêmes choses à l’État.
L’État à l’épreuve de ses propres renoncements
Nicolas Metzdorf dénonce ce qu’il considère comme une fuite en avant permanente, faite de concessions successives et de renoncements mal assumés.
L’enfer est pavé de bonnes intentions. Et sur la Nouvelle-Calédonie, l’État est en train de s’humilier.
Un constat sévère, presque désabusé, qui tranche avec les discours feutrés habituellement tenus à Paris.
Plus aucune concession possible
Sur le fond, la ligne est désormais claire et assumée.
Il n’y aura pas de concession au-delà de l’esprit de Bougival.
Clarifier, préciser, expliciter : oui. Reculer davantage : non. Nicolas Metzdorf assume une ligne de crête entre compromis politique et refus de l’incompromission.
À un moment, on passe du compromis à l’incompromission. Et cette ligne, je ne la franchirai pas.
Un avertissement sans détour
À travers cette interview, le député adresse un message limpide, autant à Paris qu’aux Calédoniens attachés à la France. La patience s’épuise. Les ambiguïtés aussi. Et désormais, chaque mot de l’État sera jugé non plus à l’intention, mais à l’acte.
Dans un climat politique fragile, Nicolas Metzdorf ne cherche plus à rassurer. Il alerte. Et pose une limite que beaucoup, à Paris, feraient bien de ne plus ignorer.


















