Congrès : une révolution participative en marche

La défiance politique ne se combat pas par des discours, mais par des actes concrets.
En Nouvelle-Calédonie, le Congrès tente une nouvelle voie : redonner la parole aux citoyens.
Une expérimentation institutionnelle encadrée et assumée
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie lance une expérimentation institutionnelle inédite : la création d’une Assemblée citoyenne tirée au sort, précédée d’une consultation publique en ligne ouverte à toute la population.
L’objectif affiché est clair : renforcer la participation citoyenne et restaurer un dialogue direct entre les institutions et les Calédoniens.
La consultation est accessible du 18 février au 9 mars 2026 via la plateforme officielle : https://congres-consultation.nc/
Chaque Calédonienne et chaque Calédonien peut y participer en remplissant un formulaire en ligne.
Le thème retenu sera dévoilé le 13 mars 2026.
L’Assemblée citoyenne, composée de 24 citoyens tirés au sort et représentatifs de la diversité de la population, débutera ensuite ses travaux dans les locaux du Congrès.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté politique affirmée de moderniser les outils démocratiques sans remettre en cause le rôle central des élus.
Il ne s’agit pas de substituer les citoyens aux institutions, mais de les associer à la réflexion.
Le tirage au sort des 24 membres vise à garantir une représentation équilibrée de la société calédonienne.
Âge, situation géographique, profils sociaux : la diversité est un critère central.
L’Assemblée citoyenne travaillera sur une thématique unique, choisie directement par la population via le vote en ligne.
Les travaux se dérouleront au sein même du Congrès, dans un cadre institutionnel précis.
L’expérimentation repose sur un principe simple : associer sans déstabiliser, consulter sans affaiblir l’autorité publique.
Dans un territoire marqué par des tensions politiques récurrentes, la démarche se veut pragmatique.
Elle privilégie la responsabilité collective plutôt que la contestation permanente.
Six grandes priorités soumises au vote
Les Calédoniens doivent choisir parmi six thématiques majeures.
Première proposition : améliorer l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap dans leur parcours de soins.
Deuxième axe : répondre aux fragilités psychiques des jeunes, que ce soit par le système de soins ou par des actions sur les conditions de vie, d’éducation et de socialisation.
Troisième piste : organiser un dispositif de soutien éducatif pendant les grandes vacances afin de réduire les inégalités scolaires.
Quatrième thème : développer des solutions concrètes pour mieux accompagner les personnes en grande précarité, notamment celles qui sont sans domicile fixe.
Cinquième question soumise au vote : améliorer le transport des salariés et des élèves, en particulier dans les zones éloignées ou mal desservies.
Enfin, sixième orientation : renforcer la transparence des décisions publiques et la confiance envers les institutions grâce à de nouveaux outils et règles.
Ces thématiques touchent aux enjeux sociaux, éducatifs et institutionnels les plus sensibles.
Elles traduisent des préoccupations bien identifiées dans le débat public local ; le choix final dépendra exclusivement du vote citoyen en ligne.
Restaurer la confiance sans céder à la démagogie
La question de la confiance envers les institutions est au cœur de cette initiative. Plutôt que d’alimenter la défiance ou la victimisation, le Congrès mise sur la responsabilisation.
La consultation numérique offre un accès simple et direct à la participation. Elle ne nécessite ni déplacement ni appartenance politique. Chaque voix compte de manière égale.
Le tirage au sort des membres de l’Assemblée citoyenne constitue un mécanisme encadré, loin des logiques partisanes. L’expérimentation se veut mesurée. Aucune décision ne sera prise sans validation institutionnelle.
Les recommandations issues des travaux auront vocation à éclairer les élus, non à s’y substituer.
Dans un contexte où la parole publique est souvent contestée, cette démarche entend démontrer que la démocratie peut évoluer sans se renier.
L’autorité des institutions demeure intacte. Mais elle s’enrichit d’un dialogue structuré. Le calendrier est précis. Consultation du 18 février au 9 mars 2026. Annonce du thème retenu le 13 mars 2026.
Installation de l’Assemblée citoyenne dans la foulée. L’ensemble du processus est public et transparent.
La plateforme en ligne centralise les participations. Aucun filtre partisan n’est prévu.
Il appartient désormais aux Calédoniens de se saisir de cette opportunité. La participation citoyenne ne se décrète pas. Elle se pratique.
Le Congrès ouvre une porte. Reste à savoir si les citoyens franchiront le seuil.

