Internet sécurisé : la Nouvelle-Calédonie passe à l’offensive

Mercredi 18 février, à Port-Vila, une étape décisive a été franchie pour l’avenir numérique du Pacifique.
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a salué le lancement officiel du projet de déploiement du câble sous-marin à fibre optique « Tamtam », dont la cérémonie de signature s’est tenue en présence de l’Asian Development Bank et la société Prima Ltd.
Long de 411 kilomètres, ce nouveau système reliera la capitale du Vanuatu à Lifou, en province des Îles Loyauté.
L’atterrage du câble est prévu au sein de la station de l’Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie, pilier des infrastructures numériques calédoniennes.
Ce projet, d’abord conçu comme une liaison internationale de secours pour le Vanuatu, prend désormais une dimension stratégique élargie.
Il dépasse le simple cadre d’un câble technique pour devenir un outil structurant au service de la résilience numérique régionale.
Un renforcement concret de la résilience numérique
Pour la Nouvelle-Calédonie, le câble sous-marin Tamtam constitue un levier majeur.
Il permettra de diversifier les routes internationales de télécommunications, réduisant la dépendance à une seule infrastructure.
Dans un Pacifique exposé aux aléas climatiques et sismiques, sécuriser les flux numériques n’est pas un luxe. C’est une nécessité stratégique.
Le gouvernement souligne que Tamtam contribuera à renforcer la continuité des communications internationales en cas de coupure sur les câbles existants.
Une coupure sous-marine peut isoler un territoire en quelques secondes.
Ce nouvel axe numérique viendra consolider le positionnement de la Nouvelle-Calédonie comme nœud stratégique du Pacifique Sud.
Un rôle cohérent avec son ancrage français et européen dans la région.
Il s’inscrit dans une politique claire : garantir une connectivité internationale fiable, compétitive et adaptée aux enjeux économiques contemporains.
Dans un monde où la donnée est devenue une richesse stratégique, la maîtrise des routes numériques relève de la souveraineté.
Ce choix s’inscrit dans la continuité des investissements passés.
En 2008, la Nouvelle-Calédonie mettait en service le câble Gondwana 1, reliant le territoire à l’Australie.
Puis, en 2022, Gondwana 2 a été lancé afin de sécuriser davantage l’accès au réseau Internet mondial.
Ce second dispositif associait une route internationale entre la Nouvelle-Calédonie et les Fidji ainsi que des liaisons domestiques.
Avec Tamtam, la logique est identique : anticiper plutôt que subir.
Une innovation scientifique au service de la prévention des risques
Mais le câble Tamtam ne se limite pas aux télécommunications.
Il intègre une dimension scientifique inédite portée par la société calédonienne Pacific Peering.
Quatre capteurs scientifiques baptisés CC-Nodes (Climate Change Nodes) seront installés le long du tracé, dans la faille des Nouvelles-Hébrides.
Ils seront reliés par des fibres optiques dédiées à l’observation en temps réel du fond océanique.
Ces dispositifs permettront la détection instantanée des séismes sous-marins et des risques de tsunamis.
Dans une zone sismique active, l’anticipation peut sauver des vies.
Les capteurs serviront également à observer la montée du niveau des mers, les vagues anormales et l’évolution de la température globale de l’océan.
Un outil scientifique concret, fondé sur la mesure et non sur l’idéologie.
Les données collectées seront accessibles gratuitement depuis la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.
Un choix de transparence et de coopération.
Le volet scientifique est financé par l’IFREMER et accompagné par l’Institut de recherche pour le développement.
Deux acteurs publics reconnus pour leur expertise dans l’observation des milieux marins.
Pacific Peering assurera le déploiement des équipements.
La société prévoit également de développer en Nouvelle-Calédonie une plateforme dédiée à la collecte, au stockage sécurisé et à la diffusion des données.
Il ne s’agit donc pas seulement d’un câble.
Il s’agit d’un outil stratégique combinant télécommunications, recherche scientifique et prévention des risques.
Une coopération régionale au service de la souveraineté française
Le câble Tamtam illustre une coopération régionale structurante entre le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie.
Une coopération fondée sur des intérêts communs et sur la stabilité.
Dans un contexte géopolitique marqué par la compétition d’influence dans le Pacifique, disposer d’infrastructures maîtrisées est un atout majeur.
La souveraineté numérique n’est pas un slogan, c’est une réalité technique.
En consolidant ses routes de communication, la Nouvelle-Calédonie affirme son rôle stratégique au sein de l’espace indo-pacifique.
Elle renforce également la présence française et européenne dans une zone clé.
Le gouvernement calédonien salue un projet structurant conjuguant résilience des infrastructures, innovation scientifique et valorisation du savoir-faire local.
Une approche pragmatique, tournée vers l’efficacité.
Loin des discours victimaires, Tamtam incarne une politique d’investissement responsable.
Sécuriser les flux numériques, protéger les populations face aux risques naturels et consolider la coopération régionale : tels sont les objectifs affichés.
Avec ses 411 kilomètres de fibre optique sous-marine, Tamtam vient compléter un maillage déjà renforcé par Gondwana 1 et Gondwana 2.
Il confirme une ligne directrice claire : assurer la continuité numérique du territoire quoi qu’il arrive.
Dans le Pacifique, la stabilité passe désormais aussi par la maîtrise des câbles.
Et sur ce terrain stratégique, la Nouvelle-Calédonie avance.

