Aller au contenu
0%
Au delà du récif

Forum des îles du Pacifique : cinq dirigeants absents sur fond de tensions autour de la Chine

31 août 2026 à 15:00
3 min de lecture
Forum des îles du Pacifique : cinq dirigeants absents sur fond de tensions autour de la Chine

Résumé IA

Le 55e Forum des îles du Pacifique s’ouvre à Palau avec l’absence d’au moins cinq dirigeants, dont ceux de Kiribati, Fidji, Vanuatu, Samoa et des Îles Salomon, sur fond de rivalités entre la Chine et Taïwan. Les raisons invoquées incluent des engagements politiques intérieurs, tandis que la question de l’influence chinoise dans la région alimente les interrogations.

Aa

Le 55e Forum des îles du Pacifique s’ouvre à Palau avec plusieurs absences remarquées. Au moins cinq dirigeants de la région ne participeront pas au sommet, tandis que les interrogations se multiplient autour de l’influence étrangère, notamment chinoise, dans le Pacifique.

Le sommet annuel du Forum des îles du Pacifique (PIF) débute cette semaine à Palau dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Les dirigeants de Kiribati, Fidji, Vanuatu, Samoa et des Îles Salomon ne seront pas représentés au plus haut niveau. Une situation suffisamment inhabituelle pour susciter des interrogations en Nouvelle-Zélande sur les raisons réelles de certaines de ces absences.

Cinq dirigeants absents du sommet de Palau

Selon 1News, le président de Kiribati Taneti Maamau a justifié son absence par une session parlementaire ainsi que par les difficultés liées au nombre limité de vols au départ de l'archipel.

Le média néo-zélandais souligne toutefois que son nom figurait encore sur la liste officielle des participants quelques jours auparavant. Kiribati sera finalement représenté par David Teaabo, ancien ambassadeur du pays en Chine et actuel directeur du service diplomatique.

Le Premier ministre fidjien Sitiveni Rabuka ne fera pas non plus le déplacement, officiellement en raison d'engagements politiques intérieurs liés notamment aux travaux sur la révision de la Constitution.

Chine et Taïwan en toile de fond

Ces absences interviennent alors que les rivalités diplomatiques entre Pékin et Taïwan occupent une nouvelle fois une place importante autour du Forum.

Kiribati entretient des relations étroites avec la Chine, soutient la politique d'« une seule Chine » et s'était notamment opposé à une déclaration régionale commune protestant contre un tir de missile chinois dans le Pacifique. Dans le même temps, Taïwan a été autorisé à participer au Forum de Palau en qualité de partenaire de développement, malgré les protestations de Pékin.

La question de l'influence chinoise dans les États insulaires du Pacifique devrait donc une nouvelle fois peser sur les discussions.

Les Îles Salomon également bouleversées

Le Premier ministre des Îles Salomon, Matthew Wale, était arrivé à Palau samedi avant de repartir dès le lendemain en raison du dépôt d'une motion de défiance contre son gouvernement. Son positionnement à l'égard de Pékin est également observé avec attention : Matthew Wale est considéré comme plus réservé vis-à-vis de la Chine que son prédécesseur Manasseh Sogavare, qui avait considérablement rapproché Honiara de Pékin.

Interrogé sur une éventuelle influence étrangère derrière certaines absences, le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Winston Peters a estimé que nier l'existence du problème reviendrait à ignorer une réalité désormais importante dans la région.

Pour autant, aucune preuve publique n'établit à ce stade que Pékin aurait directement provoqué l'absence des dirigeants concernés.

Un Forum crucial pour l'équilibre du Pacifique

Sur les 18 membres du Forum des îles du Pacifique, au moins cinq ne seront donc pas représentés par leur dirigeant. L'incertitude demeure également concernant la participation du président de Nauru David Adeang.

Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon doit en revanche participer au sommet malgré la proximité des élections générales dans son pays. Sa présence sera toutefois plus courte que prévu.

Ces absences illustrent surtout les divisions et les pressions diplomatiques auxquelles sont désormais confrontés les États du Pacifique, devenus un terrain stratégique majeur dans la rivalité entre la Chine, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et Taïwan.